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CQFD N°023


LES PRECAIRES PASSENT A L’ATTAQUE

AVIS D’ALERTE SOCIALE

Mis à jour le :15 mai 2005. Auteur : Grite Lammane.

Selon des sources proches du ministère de l’Intérieur, une inquiétante succession d’évènements autonomes temporaires viendrait de se dérouler en France, dans des supermarchés, des fast-foods, des Assedic, des Anpe…

Aux alentours du 1er mai, des groupuscules incontrôlables auto-proclamés « eurogénération insurgée radicale, xénophile, libertaire » auraient exhorté à « la subversion de l’ordre capitaliste ». Selon nos sources, le 29 avril, un commando de RTO (Résistance au travail obligatoire [1] aurait pris en otage les usagers de l’ANPE de Clichy la Garenne (92), obligeant le directeur à réintégrer un chômeur radié par erreur. Le 30, des dizaines de tivibigoneurs sans-cravates armés de zapettes universelles auraient lancé des attaques massives d’extinction de téléviseurs dans bon nombre de supermarchés Carrefour en soutien aux grévistes, ainsi que dans des Fnac, des Quick, des Darty, en soutien aux téléspectateurs passifs. Le même jour, un groupuscule antipub aurait recouvert l’écran géant de Montparnasse d’une bannière « Espaces publics sans pub ». Pendant ce temps, à Grenoble, une « Manifesta » de quatre cents personnes déguisées aurait paradé dans la rue pour protester contre la probable expulsion d’un squat.

Le 1er mai, à Paris, quatre-vingts personnes auraient occupé des hôtels Sofitel pour atteindre « le groupe Accor qui, en dépit de ses déclarations, continue d’utiliser la sous-traitance » [2]. Plus tard dans la journée, près de deux mille hérétiques aux ordres d’un pseudo-prêtre du capitalisme auraient défilé dans les quartiers populaires de la capitale, armés de pancartes « maçon sans-papiers », « violoniste érémiste », « retraitée femme de ménage », « chercheur en télémarketing », en récitant des prières au « Saint-traité » européen. Au même moment, à Marseille, deux cents précaires et chômeurs fainéants se seraient mis en grève, organisant une sardinade au soleil. Le 2 mai, dans la même ville, des intermittents du spectacle auraient occupé une antenne Assedic, exigeant l’abrogation du protocole qui régit leur statut. Le même jour, quatre-vingt manifestants de la « marche contre la précarisation de nos vies » auraient eu l’insolence d’aller dire ce qu’ils pensaient de la Bourse à la société Euronext. Ces démonstrations de force seraient accompagnées de revendications extrémistes : « Nous voulons librement circuler, penser, travailler, du temps, des soins, des médicaments, apprendre, fabriquer, bricoler, inventer, de l’attention, du repos, un toit et de l’eau, chercher, continuer. Nous voulons vivre. » Des sources proches du dossier laissent entendre que les autorités auraient mis en place une cellule de crise « pour négocier avec les terroristes ».

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°23 DE CQFD, MAI 2005.


[1] Né en opposition aux dispositifs de contrôle et de sanction mis en place par la loi Borloo à l’encontre des chômeurs, RTO tient réunion ouverte tous les mercredis à 18 heures, 23 bis, rue Mathis, Paris XIXe.

[2] Tous les vendredis, pique-nique dans un hôtel du groupe Accor pour demander la réintégration de Faty, licenciée de la boîte de nettoyage Arcade. Contact : fatysolidarite[at]hotmail.com





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