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CQFD N°023


HETEROS FACHOS ?

HARMONIE

Mis à jour le :15 mai 2005. Auteur : Nick et Gigi.


Pédé du cul ! Facho ! Mal baisée ! Gouinasse ! Niqué de la tête ! Gonzesse ! Cette rubrique vient d’être prise en otage par un commando bien décidé à parler de cul sans faire de genre. Communiqué : À l’heure où l’Europe est sur toutes les lèvres, une question pourtant pénétrante est à peine effleurée par le processus d’harmonisation des critères dans l’Union. Si une impudeur débridée est de mise en ce qui concerne la convergence économique, nous constatons qu’il n’en est pas de même pour les jurons à connotation sexuelle. Au Nord, l’archipel anglo-saxon affiche son goût pour l’action avec Fuck ! On dit de ce vocable qu’il est l’acronyme d’un décret du roi Charles II autorisant le mari d’une de ses maîtresses à se livrer au libertinage (Fornication Under Control of the King). Depuis, l’expression, après avoir traversé l’Atlantique, s’échine à dominer le monde par l’acception unilatéralement sodomite du terme, bien que celle-ci ne soit qu’un glissement sémantique mêlant élan passionnel et répression puritaine. Cheval de Troie de la tentative hégémonique (Ah ! Monique…) américaine, sa force de pénétration se heurte à des résistances opiniâtres. À califourchon entre Nord et Sud, l’Allemagne manifeste une relative indigence dans le propos outrancier. Hormis la prééminence de l’insulte charcutière (Schwein), la langue teutonne s’attarde (trop ?) sur l’anus, Arschloch, dans son état asexué. Faut-il y voir le fruit de l’utilitarisme luthérien ?

À l’Ouest, la culture française est résolument tournée vers le sexe féminin. Le con est au centre de la langue, et donc du corps social. Au Sud, la péninsule transalpine est toute entière tendue dans l’invective phallique : cazzo et ses déclinaisons s’y frottent volontiers avec la Vierge, Dieu et les porcidés. L’Espagne, elle, propose un assortiment baroque de tapas linguistiques aux saveurs fortement masculines, avec les testicules (cojones emplit la bouche mieux qu’aucune autre épithète) et le pénis (polla n’est pas mal non plus), mais aussi féminines, avec diverses digressions sur la vulve. Ainsi, il n’est pas rare d’entendre le mâle ibérique, sur le point de rendre les armes à l’issue d’une joute domestique, s’écrier : « Con chéri, on peut rien te dire ! » En Andalousie, on hèle les filles avec un tendre « Foufoune, tu prends tout ? », ou le copain avec un « Petit vié » coquin. Sans oublier Tonto del culo (idiot du cul) et Gilipollas (con comme une bite, également prisé chez nous). Car en terre latine, la tradition veut qu’avant le passage à l’acte s’expriment le regard et l’observation ; et cela comme reliquat séculaire de l’otium, état de contemplation et de jouissance si cher à la Rome païenne. Reste que derrière cette guérilla verbale sujette à polémique, et dont l’usage courant est, il est vrai, souvent destiné à humilier, c’est bien d’imprécation et de prière mêlées qu’il s’agit. Un imbroglio des sens en conflit avec les polices de l’esprit. Voilà qui mène loin, direz-vous, des ébats constitutionnels (« si elle a dit non, ça veut dire oui »). Mais si, sous les coups de reins de l’américanisation du langage, l’Europe ne bande pas ses membres et ne se mouille pas pour aligner ses gros mots, on peut craindre qu’au bout du compte, l’édifice ne s’avère foutrement branlant.

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°23 DE CQFD, MAI 2005.






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HARMONIE
la desch | 11 mai 2008 | bof

je trouve ça dommage de ne pas s’attarder plus sur le fait que généralement ces jurons, insultes et autres grossieretés sont le plus souvent utilisés de manière ultra sexiste et homophobe. c’est utiliser la sexualité comme vecteur d’humiliation, en général par la pénétration… en soi c’est plus que « discutable » ou « problématique », c’est tout-à-fait réactionnaire, judéochrétien, blablabla…

et puis franchement c’est lourdingue au niveau de l’écriture.

enfin c’est mon avis.

HARMONIE
Dib | 2 septembre 2006 |
completement d’accord ! fu !
 

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