Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°023
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°023



CHOMEUR ! FAIS TON BILAN DE COMPETENCES

Mis à jour le :15 mai 2005. Auteur : La Rédaction.

Vous manquez de dynamisme ? L’avenir vous inquiète ? CQFD vous aide à retrouver confiance grâce à ce questionnaire établi par les services de contrôle de l’Unedic.

1/ Vous vous faites virer de votre travail. Votre première réaction est :
O de crier « enfin libre ! » et aller fêter ça avec les copains.
O de positiver ce coup dur en vous engageant résolument dans la dynamique d’une recherche d’emploi.
O d’avaler deux Valium et vous affaler devant « la ferme célébrités ».

2/ Vous recevez votre première convocation à l’ANPE. Vous vous dites :
O eh merde, les ennuis commencent.
O génial, je vais enfin pouvoir confronter mes projets professionnels aux réalités d’un marché du travail en perpétuelle mutation.
O Papa ne me le pardonnera jamais.

3/ Vous faites la queue à l’ANPE. Après une heure et demie d’attente, l’écran au-dessus du guichet affiche toujours le 78 alors que votre ticket est le 92. Vous décidez de :
O sortir de votre sac une pile de photocopies du « manifeste des chômeurs heureux » et de le distribuer à vos voisins.
O mettre à profit ce contre-temps fâcheux en compulsant les classeurs d’offres d’emploi.
O ramasser le Télé Star qui traînait par terre et de remplir votre toute première grille de mots fléchés.

4/ Qui a dit : « Ce qui aliène l’homme, c’est le chômage ; ce qui libère l’homme, c’est le travail » ?
O Nicolas Sarkozy.
O la Constitution européenne.
O le fronton d’Auschwitz.

5/ Le conseiller ANPE vous reçoit enfin. En réprimant un bâillement, et sans quitter son ordinateur des yeux, il vous informe qu’il ne dispose d’aucune offre correspondant à votre profil - pour le moment, bien sûr. Vous :
O lui répondez en souriant : « ah ben ça c’est vraiment dommage. »
O secouez la tête en fronçant les sourcils, incrédule.
O sortez le nez de votre Télé Star pour bafouiller : « dites, “météorologique ou nerveuse” en dix lettres et qui commence par un D, vous auriez pas une idée ? »

6/ Imperturbable, le type poursuit : « En attendant, je peux vous proposer un stage de formation aux techniques de recherche d’emploi : rédaction de CV, préparation aux entretiens d’embauche, relooking, smile-facing, etc. » Vous :
O rétorquez : « à choisir, j’opterais plutôt pour l’initiation aux parachutes dorés. »
O demandez plein d’espoir : « et vous êtes sûr que ça me mettra le pied à l’étrier pour rebondir professionnellement ? »
O vous recroquevillez un peu plus dans votre siège.

7/ Qui a dit : « Il nous faut d’abord faire aimer le travail » ?
O Jean-Pierre Raffarin.
O Le proxénète de Cynthia la tigresse.
O L’archipel du goulag.

8/ Trois mois plus tard, vous recevez un message de votre ANPE vous invitant à vous mettre en contact avec l’agence Adecco pour une mission d’intérim de trois jours à la Halle aux chaussures de Coulignard-en-Yvelines, payée 3,2 clopinettes de l’heure. En cas de refus, « vous vous exposez à une mesure de radiation de la liste des demandeurs d’emploi ». Vous vous dites :
O qu’ils crèvent, moi j’ai pris mes dispositions : je serai joueur de rami chez Momo, éleveur de brebis, crocheteur de coffre-forts, prince de la débrouille ou responsable des ventes à CQFD.
O fort bien, mais j’espère que c’est pour un poste de cadre.
O j’ai envie de mourir.

9/ Qui a dit : « Nous ne voulons pas une société d’assistance, mais une société fondée sur le travail et l’activité productrice » ?
O Lionel Jospin.
O le PDG de Carrefour.
O la junte militaire birmane.

10/ Vous êtes convoqué par la commission locale d’insertion pour faire le point sur votre situation. Vous devez exposer un projet professionnel sérieux et motivé, sans quoi on vous supprime votre RMI. Vous expliquez que :
O vous vous apprêtez à écrire un livre sur les crétins qui fliquent les chômeurs, et que ce serait justice qu’on vous fournisse un ordinateur pour mener à bien ce chantier.
O vous n’avez pas renoncé à votre idée de créer un cabinet de consulting en management pour les zones franches polonaises, mais qu’il vous manque encore les subventions promises par Bruxelles.
O vous avez tout essayé, mais que les tickets à gratter étaient tous défectueux.

Bilan : cherchez pas, à tous les coups c’est la première option qui est la bonne. Si vous avez dix sur dix, l’avenir est à vous. Si vous avez moins que ça, vous êtes un peu couillon.

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE CAHIER SUPPLÉMENT “SPÉCIAL DEUX ANS” DU CQFD N°23, MAI 2005.






>Réagir<

CHOMEUR ! FAIS TON BILAN DE COMPETENCES
Gilberton | 4 novembre 2007 |

J’ai 40 ans, et je suis au chômage depuis un an. Mais j’ai connu tout au long de ma vie, depuis que je suis sortie de l’école (les Beaux Arts de Caen)des emplois précaires mal payés voir pire (coloriste de bande dessinée) entrecoupées de périodes de chômage plus ou moins longues.

Je peux témoigner sur certaines « actions artistes » mennée à Caen tout à fait inutiles voir nuisibles. Il paraît qu’une personne en « haut lieux » veut nous désinguer nous les artistes au chômage… Et pour ce faire, on nous envoi consulter une psychologue pendant 6 mois. Est-ce qu’on enverrait un boulanger, un dentiste, une fleuriste, tous demandeur d’emploi, consulter un psychologue ? Rien que ça, c’est louche.

Et puis les propos de la dernière conseillère de l’ANPE censée m’accompagner dans l’emploi, pô triste ! Je crois qu’elle est dessinophobe. Mes 6 ans d’expériences professionnelles dans ce métier ne comptent pas, « parce que ce n’est pas un vrai métier ! »

Au début, elle m’a dit qu’elle allait me trouver un « vrai » travail comme aide-cuisinière, par exemple. J’ai dû m’armer de patience avec cette dame pour l’aider à revenir à notre réalité, et surtout à la mienne ! J’en aurais des choses à raconter !

Je n’ai ni mon permis, ni de voiture, et à force, je n’en veux plus. Au moins, je ne contribue pas au réchauffement de la planête. J’adore mon vélo et mes jambes, et même le bus !

Je vis avec quelqu’un depuis 1 an (un autre artiste au chômage) mais nous ne pouvons pas habiter ensembles à cause de nos situations respectives.

Je n’ai pas d’enfant, et pourtant je les adore. Mais il n’y a déja pas de place pour moi dans cette société, alors pour ma descendance ! On verra !

Fin juin prochain, je dois libérer le studio-atelier pour artiste que j’occupe depuis septembre 2003. Je ne sais pas encore où je vais habiter.

Le 16 novembre prochain, je rencontre le monsieur qui ne veut plus valider mes contrats d’insertion (Mr Ledran conseiller départemental et maire de Ouistréham) parce qu’il juge que ma situation professionnelle n’évolue pas assez.

C’est vrai que j’ai beaucoup travaillé bénévolement ces dernières années, pour la commune où j’habites et pour une association d’artistes dont je suis la présidente.

J’ai commencé à donner des cours de dessin depuis cet été (37 ans de pratique de cet art derrière moi, ça coule de source). J’ai une seule élève pour le momment.

La maman de mon unique élève ne veut pas me payer en chèque-emploi, parce qu’elle n’a pas envie de payer des charges patronales.

Donc, voila, voila ! Je comprends la dame de 43 ans qui s’est exprimée avant moi. Mais je viens de découvrir CQFD et vos articles me font du bien, comme celui ci-dessus ! Merci ! Christel

VIVRE SEUL(E) ET ETRE AU CHOMAGE une partie de plaisir
| 26 octobre 2005 |

Chômeuse depuis juillet 2004, 43 ans, vivant seule, à ce jour je n’ai plus la tête à rechercher un emploi mais surtout à me demander comment je vais finir mes fins de mois et quand je vais me retrouver à la rue.

Pour les personnes seules qui ont des crédits une unique chose les guettent LA RUE.

J’ai perdue 43% de mon salaire, il a fallut que j’investisse dans internet, un telephone portable et que j’achète un véhicule, histoire de mettre toutes les chances de mon côté pour mes recherches d’emplois mais je ne pensais pas que cela durerai si longtemps.

A notre époque, être une femme, avoir 43 ans, avoir 20 ans d’expérience mais pas de diplôme cela n’aide pas pour trouver une emploi.

Aujourd’hui mon allocation couvre uniquement les dépenses comme mon loyer, mes crédits, edf gdf, la téléphonie, les assurances appartement, voiture, santé, pour le reste je n’ai que mes yeux pour pleurer et le moindre petit écart gréve mon budget grace au agios que ma banque n’oublie pas de me prélever et je pense être une privilégiée, il y a surement pire que moi.

Nous ne demandons pas la charité mais un travail rémunéré correctement, regarder les grilles de salaires, elles sont lamentables en restant au chômage je gagne plus qui si je travaille, cherchez l’erreur…

Au lieu d’enfoncer les chômeurs en inventant des lois complétement débiles voici une idée :

Nous vivons à l’heure internet, au lieu d’avoir des centaines de sites en faire un seul qui réunis toutes les offres d’emplois de France et de Navarre ainsi que toutes les formations disponibles, ainsi demandeurs d’emplois et patrons n’auraient plus à perdre du temps bien souvent inutile à faire et refaire, pour l’un son CV, pour l’autre son annonce et surtout embaucher DU PERSONNEL COMPETANT A L’ANPE. Les diplômes ne suffissent pas toujours !!!!

Il faut de tout pour faire un monde, des vieux pour la formation, des jeunes avec et sans diplômes… mais surtout retrouver le mot « travailleurs » qui aujourd’hui a été remplacé par « actionnaires ».

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |