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CQFD N°023



EXTENSION DU DOMAINE DE LA MARGE

Mis à jour le :15 mai 2005. Auteur : Pierre Etbunk.

Sans distribution autonome, pas de création indépendante. La coopérative Co-errances s’emploie à faire circuler des œuvres qui ne veulent pas trouver leur place chez les marchands de savonnettes. Pis-aller ou vraie alternative ?

Comment faire vivre un journal, un livre, un disque, un film hors des circuits balisés par Hachette ou la FNAC ? Comment assurer une viabilité économique à des œuvres qui se refusent au Canigou de la culture industrielle ? C’est pour ébaucher une réponse à ces questions que la coopérative Co-errances s’est formée il y a deux ans. Installée rue d’Aubervilliers, à Paris, dans un bâtiment désaffecté de la SNCF où elle voisine avec les pirates de Zaléa TV, les flibustiers de Fréquence Paris Pluriel (FPP) et les militants du Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB), Co-errances cherche à bâtir une alternative au monopole des groupes financiers. Ce n’est pas une mince affaire. Si de plus en plus d’artistes et de collectifs se donnent les moyens de créer en marge du système dominant, diffuser leurs œuvres selon ces mêmes principes d’autonomie est une vaste galère dans un circuit où tout n’est que « produit » à durée de vie ultra-limitée. Pour fluidifier les marges déjà existantes, Co-errances s’efforce en premier lieu de resserrer les liens entre créateurs non inféodés et lieux de diffusion indépendants (libraires, disquaires, cinémas d’art et d’essai), ainsi qu’entre les créateurs eux-mêmes, pas toujours rompus aux délicates harmonies de la vie en collectivité.

Juridiquement, Co-errances est une « Société coopérative d’intérêt collectif » (SCIC), un statut qui, à la différence des SCOP, permet d’étendre le cercle des associés au-delà des seuls salariés. Aujourd’hui, Co-errances compte une quarantaine de membres de tous horizons, depuis un collectif de slam aux éditeurs anars de L’insomniaque, de la revue de cinéma Tausend Augen à la bande à Pierre Carles (CP Production) en passant par CQFD. Dénominateur commun : leur volonté de s’affranchir de la schlague commerciale tout en restant vivants. L’envie de changer le monde, pour dire les choses comme elles sont. Galère faisant, la ténacité fait parfois des miracles. Début 2005, Co-errances organise la ressortie en salle d’Edvard Munch de Peter Watkins. Réalisé en 1973, ce film raconte les jeunes années du peintre expressionniste norvégien aux prises avec le puritanisme de son temps. Ce sera un succès. Qui d’autre que les hurluberlus de Co-errances aurait pris le risque de faire découvrir un film de 2 heures 54 sur un sujet aussi peu star-académique que les affres de la création artistique, avec seulement six copies 35 mm ? La coopérative aime aussi à organiser des débats après les projections, ce qui la différencie là encore des caisses enregistreuses classiques. Autre initiative cinoche, la diffusion en vidéo et dans les salles obscures du film de Vincent Glenn sur l’OMC, Pas assez de volume !

Côté bouquins et revues, la coopérative travaille avec environ deux cents librairies indépendantes ou associatives, qui ont parfois du mal à faire remonter les chiffres de vente et les sous qui vont avec. Pour les lieux les plus militants, qui sont aussi les plus fragiles économiquement, la coopérative a mis en place un système de dépôt qui permet à ces structures de ne pas payer leurs stocks d’avance. Après deux années de hauts et de bas, de bonheurs et de coups de vrille, Co-errances a réussi à prouver qu’il était possible de créer un réseau indépendant de distribution. Il s’agit maintenant de pérenniser l’aventure. Pas facile de faire voguer une petite barque avec à bord quarante précaires pas forcément d’accord sur le cap à suivre. C’est aussi en arrivant à construire des modes de décision et de fonctionnement à rebrousse-poil des hiérarchies que cette jeune initiative prouvera sa raison d’être.

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE CAHIER SUPPLÉMENT “SPÉCIAL DEUX ANS” DU CQFD N°23, MAI 2005.


Décembre 2006 : Après 4 ans d’existence, Co-errances connait une phase de difficultés financières. La coopérative lance un appel à soutien urgent






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EXTENSION DU DOMAINE DE LA MARGE
stephane kerfanto | 11 janvier 2007 | les meilleures cordialités de Nosotros.incontrolados

Vous avez tout le soutien amical et solidaire de notre petit groupe d’irréductibles et de fauchés rasssemblés dans le bien nommé : les amis du négatif à l’oeuvre  : http://nostros.incontrolados.over-blog.com

Nous ne pouvons pas encore -faudrait faire une petite collecte après beuverie et bévues entre amis - vous envoyer du fric, mais on y songe…On vient tout juste de vous découvrir… ravis également de dénombrer parmi vos amis les très appréciés « insomniaques »… Faites nous savoir où vous en êtes et comment ous soutenir… cordialement S.K pour nosotros.incontrolados.

 

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