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CQFD N°023


LES REVELATIONS DE MOHAMMED BEDOUCHE, DELEGUE SYNDICAL EMPRISONNE, MIS A PIED, LICENCIE…

AU CARREFOUR DES FEODALITES

Mis à jour le :15 mai 2005. Auteur : Nicolas Arraitz.

Le groupe Carrefour ne brille pas seulement par ses parachutes dorés pour PDG usagés. Au Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, un délégué syndical jugé trop remuant a été lesté d’un parachute de plomb : pressions, arrestation, incarcération, procédure de licenciement… Pour qu’il la boucle, la direction lui aurait même proposé un joli pactole. Mohammed Bedouche, alias Momo, emmène CQFD dans les soutes sociales du numéro un de la grande distribution.

Les Flamants, une des cités pur béton qui entourent le centre commercial du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille. Momo nous reçoit chez lui, entouré de sa femme, ses enfants et un cousin. « Goûtez le pain kabyle », fait-il en nous servant une bière et une galette de blé faite maison.

Momo : Une multinationale, ça peut changer de mains, mais ça ne change jamais de but : presser les gens comme des citrons. Regarde à Port-de-Bouc : vingt-deux jours de grève pour obtenir un ticket-restaurant. vingt-deux jours et vingt-deux nuits sur la brèche pour un ticket qui leur coûtera 1 euro 50, et encore, défiscalisé ! Leur obsession, c’est : On ne cède rien. Ils ont peur du mouvement social. Ils sont prêts à en flinguer cent pour en décourager un. Mais là, il y a eu solidarité des clients, de la municipalité. On a gagné.

Peux-tu résumer l’affaire qui t’a mené en prison en octobre dernier ?
Tout commence avec les élections du personnel. Sabadel, le directeur, sent que la CGT va cartonner. On vient me proposer de l’argent. 250 000 euros pour que je fasse ma valise. J’ai cru à une boutade. Mais on insiste : « On sait que le magasin est rouge, que l’environnement s’y prête. Tu es un rassembleur dangereux. On connaît ta situation financière. Tu es en apnée pendant les 15 derniers jours du mois. » Trois délégués ont déjà été achetés depuis l’ouverture de ce magasin. Moi, j’ai dit : « Si c’est comme ça que vous concevez la vie, avec moi vous faites fausse route. » On me répond : « Ah, je vois ! Un idéaliste ! » Moi : « Non, mais je vois pas la vie comme ça. » « Pense à tes enfants », on me fait. « Justement, à mes enfants, je veux transmettre les valeurs que m’ont inculqué mes parents. C’est dans les gènes. » En face, on s’énerve : « Tu te prends pour Robin des Bois ? » C’est là qu’entre en scène un adjoint de sécurité. Celui qui va m’envoyer en prison. Depuis, il est passé chef-sécurité. Ce type avait flashé sur une employée, la fiancée du jeune Florent. Il la harcelait. Un jour, Florent lui demande de la laisser tranquille et il répond « Je suis chef, je fais ce que je veux. » Alors Florent l’envoie dinguer dans le rayon surgelés, devant quarante témoins. Son amour-propre en a pris un coup et il a imaginé une vengeance. Un jour, ils arrêtent Florent aux caisses avec un lot de surgelés déconditionnés, que les employés achètent habituellement à moitié prix, et ils l’accusent de vol. Ils l’emmènent dans le bureau du chef et pendant une heure, plusieurs cadres lui mettent la pression jusqu’à ce qu’il signe des aveux, sur le conseil d’un délégué FO. Sur cette base, il sera licencié [1]

Quel rôle as-tu joué là-dedans ?
Mon rôle de délégué. Je rassemble les éléments pour sa défense. J’accompagne Florent qui veut porter plainte pour séquestration et extorsion de signature. C’est d’ailleurs seulement au troisième commissariat qu’il peut faire enregistrer sa plainte. La direction a de bonnes relations avec les flics des alentours. Ils enregistrent la plainte et préviennent Carrefour. La tension monte. Le « rival » de Florent sent qu’il est allé trop loin. Il trouve vite un témoin, un vigile présent pendant l’interrogatoire de Florent, pour qu’il dise que le jeune n’a subi aucune pression. Un gars chargé de traquer les clients qui consomment dans le magasin, un boulot plutôt « physique ». Celui par qui le scandale arrive. Mon futur accusateur. Florent est viré, on va aux Prud’hommes. Son père, Marc Pantera, m’appelle un jour pour que je l’accompagne voir l’avocat. On se donne rendez-vous dans la galerie marchande. Et là, on croise le « témoin », à qui j’ai déjà demandé de dire toute la vérité le jour du procès. Je lui présente Pantera. Celui-ci lui serre la main : «  J’ai confiance en vous, Monsieur, car vous êtes père de famille comme moi. J’espère qu’on se verra après le procès et qu’on pourra boire un verre. » C’est cette phrase que le « témoin » présentera aux juges comme une menace. On va nous dépeindre comme deux cow-boys marseillais.

C’est là que ça dérape ?
Oui, le lendemain, accompagné de deux cadres, il porte plainte. Puis ils laissent passer les élections. Raz-de-marée CGT, malgré la soirée au Palm-Beach offerte par la direction à tout le personnel, pour tenter de gratter quelques voix. J’avais dit au directeur : « Les gens vont venir manger, boire et danser, mais ils voteront quand même CGT. » Deux jours après les élections, en pleine réunion du CE, la secrétaire de direction vient me donner la convocation au commissariat en mains propres. Je dis à Sabadel : « J’ose espérer que vous n’y êtes pour rien. » Le lendemain, avant de m’y rendre, je plaisante avec les copains : « Peut-être ils vont me garder. » J’avais dit à Sabadel : « Pour que vous gagniez les élections, il faudrait me mettre en prison. » Va savoir si je l’ai pas inspiré… Au commissariat, le flic me dit : « Monsieur, vous êtes accusé de subornation de témoin. » Je ne savais pas ce que ça voulait dire. En tant que délégué, j’avais simplement demandé au témoin de dire la vérité sur une procédure de licenciement qui me paraissait abusive. Pantera, convoqué aussi, s’offusque et refuse de répondre. Le flic me demande si je veux un avocat et prévenir ma famille. J’ai dit : « Pas la peine, pourquoi les inquiéter, si je vais sortir dans une demi-heure ? » Casier vierge, salarié depuis trente-trois ans, au boulot depuis l’âge de 17 ans… Juste après, il me notifie la garde-à-vue. En plein ramadan. Avant qu’on parte aux geôles, le « rival » de Florent apparaît. Il me nargue : « Tu as vu où tu es ? Tu as vu où je suis ? » Il appelle Tonton le flic qui m’interroge. C’est que sa mère bossait dans un tribunal de police, il a grandi dans un cocon judiciaire, il connaît tout un tas de douaniers, de procureurs, de flics. Le lendemain, confrontation avec le « témoin ». Sabadel vient se porter partie civile. On nous emmène au tribunal. Sans expérience du labyrinthe de la justice, à jeûn… La juge nous propose la comparution immédiate. Confiants, on dit oui, ce qui fait ricaner le procureur. On a dix minutes pour se briefer avec l’avocate commise d’office, qui plaide comme elle peut. Le « témoin » est là, avec un membre de la direction. On nous condamne à six mois de prison, dont un ferme pour Pantera et quinze jours ferme pour moi. Pendant ce temps, ma femme, inquiète, va aux nouvelles à Carrefour. Cyniques, les chefs lui disent qu’ils ne savent pas où je suis. Mon frère arrive au tribunal pour me voir monter dans le fourgon cellulaire, direction les Baumettes. J’hallucine. Natif de l’Estaque, toute ma vie j’ai côtoyé des gars qui ont suivi d’autres chemins, qui ont mal tourné, et moi, j’ai fait le choix d’être salarié, syndicaliste, et il faut que je croise Sabadel pour connaître la prison. Je deviens fou. Là-bas, ma réputation m’a précédé. Le délégué des matons vient me voir. Les prisonniers me saluent. Le chef de poste me dit : « Dehors, vous êtes plus célèbre que Bové ! » Au greffe, il y a des messages des copains : « Tiens bon, Momo, on est avec toi. » À la télé : Carrefour bloqué, grève, branle-bas de combat. Libérez Momo ! Là, il me pousse des ailes. J’en ai les larmes aux yeux. Je me dis : « On est dans le vrai, on les aura ! » Au bout de quatorze jours, on sort tous les deux, les copains sont devant la prison, on se tombe dans les bras, on pleure. Et ça, c’est inoubliable. La reprise est négociée : je suis mis à pied « le temps que le tribunal se prononce en appel. » Mais cette fois, les juges vont prendre tout leur temps. Il manque toujours une pièce au dossier. Jusqu’au lundi 18 avril. Je suis reconnu coupable d’avoir exercé des pressions sur le « témoin », ce qui justifierait le séjour en prison, mais Carrefour est débouté de sa plainte pour préjudice. Une semaine plus tard, ils m’envoient la lettre de licenciement.

Ce qui m’a frappé sur les piquets, en novembre, c’est la présence des habitants du coin. Ce mouvement de sympathie t’a surpris ?
Hé non !, ça fait 32 ans que j’habite ici. Je me suis occupé de l’équipe de foot des Flamants, et à l’époque on a fait un beau parcours en Coupe de Provence. On a des champions endormis, dans le quartier. Ils sont champions, mais ils ne le savent pas. La conjoncture, le travail, ils sont désœuvrés, ils fument, ils boivent. Tout ça pour dire que j’ai toujours été dans un milieu collectif. Dans l’équipe, je faisais entraîneur, papa, maman, Papa-Noël… Les gens me connaissent pour ma droiture. Et on ne peut pas être droit à l’Estaque et tordu à Saint-Antoine.

Quelle ambiance, à la reprise du travail ?
Ils ont fait dix-neuf jours de grève pour moi. Des gens dans le besoin, souvent dans le rouge. Des caissières seules avec des enfants. C’est pour ça que je veux être réintégré, aux caisses s’il le faut, parce que sans l’agrément préfectoral, je peux plus faire gardien, mais je veux pouvoir rendre au centuple ce que m’ont donné les gens. Pour rendre la pareille à ceux-là qui se sont battus, qui ont des valeurs, qui y croient.

Tu serais accueilli en héros, et la direction ne le veut à aucun prix…
C’est vrai. Mais ne crois pas, je suis aussi entré en négociation, pour mes enfants. On m’avait déjà fait plusieurs appels du pied pour arriver à un arrangement. J’ai fait savoir à Sabadel que je voulais le voir. On s’est rencontré en terrain neutre, au restau chinois de la galerie marchande. J’ai demandé douze ans de paye, plus un dédommagement pour la prison : 300 000 euros. Il a eu peur quand j’ai décrit la taule, j’ai vu dans ses yeux qu’il s’y voyait. Il est allé consulter ses supérieurs, puis il a proposé trois ans de salaire : 50 000. J’ai dit non. Et au fond, j’étais soulagé. Il m’a fait savoir qu’entre douze et trois, il y a une marge, qu’on pouvait discuter. J’ai dit que j’étais pas marchand de tapis, que j’allais me battre pour ma réintégration. J’avais fait la démarche pour ma famille, pour qu’on me reproche pas, plus tard, d’avoir été psychorigide, comme on dit. Lundi 9 mai, il y aura un entretien préalable en vue du licenciement. Mardi, réunion extraordinaire du CE pour avis consultatif. Après, on espère que l’inspection du travail refuse le licenciement. Mais ensuite, il reste le recours auprès du ministre, qui donnerait raison à Carrefour, c’est sûr.

Si on te parle d’indépendance de la justice, tu dis quoi ?
M : Ah ! Ah ! Jusqu’à aujourd’hui, je me pose encore des questions. Comment ont-ils pu me mettre en prison ? Je ne comprends pas.
Le cousin : Ton cas illustre assez bien les dysfonctionnements de la société française actuelle.
M : Ils ont dit qu’ils avaient peur que je m’échappe. Mais pour aller où ?

Pour prendre le maquis en Kabylie, peut-être…
Mais je suis né ici, moi ! Père de trois enfants. Sédentaire aux Flamants depuis trente-deux ans. Quelles autres garanties voulaient-ils ?

Et le parachute doré de l’ex-PDG, ça te fait quoi ?
Ben, voilà. Ils n’ont pas voulu raquer douze ans de salaire pour se débarrasser de moi, mais ils ont craché deux mille ans de SMIC pour acheter le silence d’un PDG pas rentable. Carrefour, c’est une méga-machine imperméable à tout.

Mais avec ça, ils ont un sacré baratin sur l’éthique, le commerce équitable, les produits bio, les droits de l’homme…
Ouais, il y a des gens très bien payés pour faire ça. Mais ils ne tromperont pas les salariés longtemps. Ventre affamé n’a pas d’oreille. Les entrepôts viennent d’avoir gain de cause : 50 euros brut d’augmentation mensuelle pour tous. Là, les gars ont le rapport de force. Alors, la direction fait régner la peur. Ils veulent tuer le droit de grève. Mais les gens vont se révolter. La direction s’attaque aux rassembleurs, à ceux qui ont compris le pouvoir de la communication. Sabadel est venu en 2003 pour nous casser. Il s’en est vanté. C’est un mercenaire. À Perpignan, il a dû quitter le magasin pour délit de merchandising. Le Merlan, c’est un magasin-pilote. Ils envoient les jeunes cadres s’endurcir ici. Mais ils sont en train de la caguer et ils vont s’asseoir dessus, comme on dit ici. On va se battre. Sabadel a embauché une trentaine de gardiens en plus depuis une semaine. Il est malin, il fait monter la pression. Il prétend que je vais débarquer avec les dockers. Mais tout ce qu’il réussit, c’est effrayer la clientèle. Ironie du sort, je connais tous les gardiens, et quand ils me voient ils viennent m’embrasser, parce qu’à Marseille, on s’embrasse entre hommes. Sabadel, ça le rend fou. Il croit qu’on complote ! Lundi, il y aura un débrayage d’une heure, et avec les copains du département, il peut y avoir jusqu’à trois cents personnes dans la galerie.

Propos recueillis par Nicolas Arraitz


L’éthique de la bête

Contacté par CQFD, Dominique Sabadel, directeur du Carrefour du Merlan, nous a fait dire qu’il n’avait rien à déclarer à la presse, mais qu’il n’avait jamais rencontré Mohammed Bedouche seul à seul depuis octobre. Dans la grande distribution, « la concurrence libre et non faussée » cache des trivialités que le citoyen et néanmoins client fait bien d’ignorer s’il ne veut pas perdre la foi dans le modèle social européen. Le n°1 de la branche, fleuron de l’économie franco-globale, fait peser sur ses salariés des « rapports de production » d’un autre âge. Usage banalisé de l’insulte, harcèlement, abus de pouvoir. L’an passé, le directeur du Carrefour du Merlan a été rappelé à l’ordre par l’inspection du travail pour ce genre de faits. Si on ajoute à cela le refus systématique de négocier et « la gestion des ressources humaines » par la crainte, on obtient une ambiance délétère et des dépressions en chaîne.

Quant aux sommes qu’on fait miroiter pour acheter un syndicaliste, si elles sont ridicules comparées au parachute doré d’un PDG volant, elles n’en sont pas moins délirantes. « C’est monnaie courante dans le commerce », confirme Rolland Chalumeau, de l’UL-CGT. « Cela s’appelle une indemnité transactionnelle », reconnaît volontiers Sylvie Cottin, « conseillère en communication de crise » pour Carrefour, contactée par CQFD [2]. Ce cynisme revendiqué vise à corrompre et à fasciner. On refuse de céder à une grève, mais on puise à grandes brassées dans les caisses pour faire taire une conscience ou récompenser un commis. Faveur plutôt que droit : « le retour aux valeurs » nous renvoie aux charmes de l’Ancien Régime. « Le temps des grands maîtres de forge n’est pas si loin », a lancé maître Vouland, avocat de Momo, lors du procès en appel.

Récemment, un commissaire de police affirmait dans une réunion de concertation que « cet hypermarché n’est rentable que grâce à l’argent du haschich. » Qui sait ? En tout cas, un prédateur commercial comme Carrefour contribue à désertifier les quartiers, et il se nourrit de ce désert. On peut faire de gros profits sur le dos des pauvres, surtout si on est en situation de monopole. Des centaines de familles sont accro à la carte de fidélité et au crédit. Et ces modernes féodalités semblent jouer ensuite sur tous les rouages de la société. Ce que raconte Momo n’est pas qu’une histoire marseillaise. Sous le vernis médiatico-démocratique qui prétend couvrir l’actualité, la guerre sociale fait rage plus que jamais.

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°23 DE CQFD, MAI 2005.


[1] Lire « Grève de ouf au Carrefour du Merlan » (CQFD n°17) et « Le vigile de Carrefour, héros incompris » (CQFD n°18).

[2] Ayant fait voeu de mutisme, la direction du Carrefour du Merlan nous a aiguillé sur la société de Mme Cottin, CO2, conseil en entreprise travaillant pour Carrefour.





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AU CARREFOUR DES FEODALITES
| 5 février 2007 |

Pour information ,

Après une lutte plus qu’inégale contre le groupe Carrefour , Monsieur Sérange qui avait ouvert un blog consacré au groupe avait été condamné en première instance au tribunal de Créteil a versé au titre de dommages et intérêts 2OOO euro par jour depuis Mars 2006 soit plus de six cent milles euro a ce jour et tant que resterais ouvert ce blog , vient de gagner en appel . Carrefour est ainsi débouté de toutes ces demandes et condamné . La liberté d’expression et la vérité sorte glorieuse de cette première affaire . Et c’est avec un grand plaisir que je vous l’annonce . L’instruction concernant les affaires que Monsieur Sérange a dénoncé est toujours en cours , le combat continue … Merci a ceux qui chez vous l’ont soutenue , merci a ceux qui continuerons a contribué a ce que la vérité éclate au grand jour.

Cordialement

 

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