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CQFD N°024


À LA RAME

TOMBÉ DU CAMION

Mis à jour le :15 juin 2005. Auteur : François Maliet.


Quand vous faites du stop à quelques jours du référendum et qu’un routier accepte de vous trimballer, la discussion glisse naturellement vers ses conditions de taf et celles de ses collègues de l’Est. La boîte de mon chauffeur s’appelle Vos Logistics. Basé aux Pays-Bas, ce géant des gros culs sévit dans une grande partie de l’Europe, avec des succursales en Pologne. « Les chauffeurs polonais sont rémunérés environ 500 à 700 euros par mois », me renseigne mon hôte tout en m’offrant une clope. Ils touchent en réalité 1 100 euros mais… tous frais inclus ! Y compris les barbecues dans le tunnel du Fréjus. « Ils passent un mois sur les routes européennes, sans rentrer chez eux. Leurs jours de congés, ils se retrouvent entre Polonais à picoler. Après un mois au volant, ils rentrent une ou deux semaines à la maison et puis repartent. » Le patron les aime bien ces petits gars. D’après Claude Joffroy, syndicaliste chez Vos, le routier hollandais a licencié quarante-six personnes en France ces six derniers mois, tandis qu’il embauchait mille chauffeurs polonais et hongrois en un an et demi. Mais les conditions de travail sont si épanouissantes que même les recrues de l’Est finissent parfois par décamper. Mon nouveau copain se marre : « L’année dernière, cinq chauffeurs polonais sont partis livrer leur cargaison en Grande-Bretagne. En fin de semaine, on n’avait plus de nouvelles, et les camions n’étaient pas rentrés. Les chauffeurs avaient trouvé une société qui leur proposait des conditions de travail moins désastreuses, ils ont donc abandonné les véhicules sur place ! » La direction de Vos France, jointe par CQFD, jure ne rien savoir de cette histoire de concurrence non faussée. Mais comme nous le confie le responsable commercial, Sylvain Dagnaud, « sur le nombre de chauffeurs, il n’est pas impossible qu’un ou deux soient partis de la sorte ». Et le cadre de préciser, trop aimable : « Si un employeur peut se séparer facilement de ses employés, il est normal que les employés puissent faire de même. » Y a bon précarité.

Publié dans CQFD n°24, juin 2005.






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