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CQFD N°024


L’ESTOMAC DANS LES TALONS

BRAQUAGE DE BANQUE ALIMENTAIRE

Mis à jour le :15 juin 2005. Auteur : Grite Lammane.

Distribuer les colis de la banque alimentaire de l’Hérault aux pauvres, et surtout aux pauvres arabes, c’est donner de la confiture aux cochons, devait penser le chef du service d’aide alimentaire du CCAS de Béziers. Il détournait donc les meilleurs morceaux vers sa propre gamelle. L’humanitaire n’est bien servi que par lui-même.

Ca chauffe au Centre Communal d’Action Sociale de Béziers. Le 3 mai 2005, Raymond Couderc, maire de la ville, accuse réception d’une enquête interne particulièrement gratinée sur le responsable de son service d’aide alimentaire, Philippe Puech. Ce dernier, embauché en 1983 et passé chef en 1996, a instauré à son profit (et à celui de sa compagne) un système de détournement des denrées récoltées auprès des commerçants « ou issues des excédents européens gérés par la Banque alimentaire de l’Hérault », qui devaient être distribuées aux personnes en grande difficulté. « Pour [Philippe Puech], c’était inconcevable qu’on donne du foie gras ou des magrets à ces familles, notamment et surtout maghrébines (sa phrase préférée était : “Il va falloir rallumer les fours”) », témoignent des employés dans le rapport. Aussi, « certains produits n’étaient jamais distribués ». Pour ne pas gâcher la marchandise, « ce qui était trié était mis sur l’étagère spéciale dans la réserve ». « Trois à quatre cartons d’épicerie et trois à quatre sacs plastique par semaine » disparaissaient dans le coffre de la voiture du chef de service. La quantité variant selon la taille du coffre et le coup de main que sa famille venait lui donner.

Et s’il y avait encore du rab, M. Puech avait établi un planning pour que les femmes du service prennent sur leur temps de travail pour mitonner les repas du midi de son staff de quinze employés. Fin gourmet, le chef « fixait les menus selon ses envies. » « Gigot d’agneau, magret, légumes farcis… » devaient être cuisinés en abondance afin que monsieur puisse emporter de copieux doggy-bags pour le dîner. Histoire que ses subordonnés n’aillent pas cafter auprès de ses supérieurs, Philippe Puech leur faisait porter le poids d’une partie de sa combine en leur fourguant des cartons de bouffe de second choix. Et il n’hésitait pas à invectiver (« bons à rien », « branlots », « tous des bourrins »…), harceler et placardiser les récalcitrants. Pour les intimider, il affirmait qu’il avait le bras long et que « Raymond [Couderc, le maire] était son ami ». Au vu de la teneur du rapport contre le kapo Puech, son « ami Raymond » a bien été obligé de constater les « dysfonctionnements particulièrement graves » de son service et de le suspendre de ses fonctions. Mais serait-ce à cause de la longueur de son bras que la mairie ne s’est pas portée partie civile contre lui ? Le mystère restera entier. Quand CQFD a essayé de joindre le directeur du CCAS et l’adjoint aux affaires sociales de Béziers, ils étaient en réunion. Pas de bol.

Publié dans CQFD n°24, juin 2005.






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BRAQUAGE DE BANQUE ALIMENTAIRE
zappa | 12 février 2007 |
je tombe avec un (bcp) de retard sur votre article et je confirme (en tant qu’ancien salarié de la commune) que que le système clientélaire mis en place par la municipalité UMP sent la cuisine pas fraîche. Outre que Raymond Couderc est une homme peu enclin au dialogue et très ambigü sur son positionnement par rapport au FN (il fût vice président aux finances du président UMP de la Région Languedoc Roussillon au temps où le FN était un allié de la majorité), il s’est entouré au sein de son administration d’une brochette de « cadres » dont l’ascension sociale laisse rêveur les nombreux fonctionnaires mis au placard pour déli de sale gueule ou « entrave au mauvais fonctionnement du service public en voie de privatisation ». Il y a eu plusieurs affaires du même tonneau qui ont mis en cause des chefs de service, tous encartés à FO (syndicat créé de toutes pièces par l’ancien maire RPR, Georges FONTES, tombé au champ de déshonneur d’une alliance avec le FN en 1989) .Elles ont été étouffées dans l’oeuf, mais il serait instructif de se pencher sur les agissement d’un élu au parcours somme toute assez banal de « toca manetto » du terroir, passant des jeunesses socialistes à l’UDF puis à DL et au RPR pour être réélu en 2001 dès le 1er tour grâce à un score inhabituellement bas du FN, pourtant habitué à flirter avec les 30%, dans une ville dont le taux de chômage et de RMIStes atteint les mêmes proportions. ce qui se passe en ce moment entre Sarko et Le pen a forcément un rapport avec une tradition de la droite « provinciale », tellement attachée aux valeurs traditionnelles et aux traditions notabiliaires et en même temps tellement extrémiste dans ses idées et son obsession de ne pas partager… merci pour votre article, ça nous change de Midi Libre….
 

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