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CQFD N°024


VIOLENCES SÉCURITAIRES

LA POLICE FRAPPÉE PAR LA CALOMNIE

Mis à jour le :15 juin 2005. Auteur : Gilles Lucas.

L’insécurité qui menaçait le pays ayant été balayée sous son premier mandat place Beauvau, Sarkozy promet aujourd’hui de donner « la priorité aux victimes : leurs droits, leurs souffrances et ce qu’on doit faire pour elles ». Vu la vague de calomnies dont la police est victime ces temps-ci, parions que sa sollicitude ira d’abord à ses agents.

Des rumeurs infâmes circulent sur les comportements de la police. Samuel Morville, 18 ans, lycéen engagé dans la sédition anti-loi Fillon, aurait été contraint de se mettre nu au commissariat et de crier : « Vive la France ! Vive la police ! » Preuve que c’est faux, c’est lui qu’ils ont condamné. À Lyon, le 30 avril, pendant une manifestation pour « une planète sans frontières », Virginie a eu l’impudence de refuser de se faire embarquer par quatre policiers de la Brigade anti-criminalité. Comble d’insolence, elle prétend que les policiers l’auraient alors plaquée au sol, lui auraient assené coups de pied et de matraque, avant de la traîner près d’une voiture où elle aurait reçu une décharge de « taser », arme lançant un choc électrique de 50 000 volts. Poussant l’arrogance au-delà des limites permises, pendant les vingt-six jours d’incarcération de l’affabulatrice, des vidéastes et photographes amateurs ont réussi à truquer leurs images, alors que d’autres influençaient des témoins, de manière à confirmer les propos de la jeune fille contre ceux de la police.

Le 25 mai, des salariés de la poste de Bègles, par pur caprice, décident de retenir cinq membres de la direction qui, débordés de travail, ne trouvaient pas un instant à consacrer à leurs employés. Faute de n’avoir pu amener sur place un porte-avion, le Groupe d’intervention de la police nationale passe à l’assaut. Le 26 mai, la justice et l’IGS (la police des polices) déclarent que l’autopsie pratiquée sur le corps d’Abou Bakari Tandia, tombé dans le coma le 6 décembre 2004 au cours d’une garde à vue et décédé un mois et demi plus tard, n’a mis en évidence « aucune infraction » et « l’absence de toute lésion de violence » de la part des services de police. La malveillance de la famille n’aura pas réussi à confondre les policiers, malgré les photos prises par l’oncle de la victime, évidemment falsifiées, qui montrent des marques de brûlures au thorax et le bras droit tordu. Le 12 mai, Jean-Pierre F. prétend qu’un policier lui a dit : « Sortez de votre voiture et fermez votre gueule. » Le 24 mai, Anaïs R. affirme qu’assistant à l’interpellation d’un homme ivre, elle a protesté contre la violence exercée sur cette personne, et qu’en retour elle a reçu une gifle de la part d’un « gardien de la paix ». Le 18 mai, un père ramenant son fils de l’école raconte, sans aucune preuve, avoir observé quatre policiers en train de contrôler trois jeunes en les provoquant, etc., etc. Autant d’allégations invérifiables dont l’anonymat démontre la malveillance. Mais la Commission nationale de déontologie de la sûreté (CNDS) veille. Elle a enregistré, en ne tenant compte que des faits qui lui ont été rapportés, une augmentation de 38 % du nombre des violences policières en 2004. Et elle dispose d’un pouvoir fondamental : celui de dire que ce n’est pas bien. De fait, ça flippe terriblement place Beauvau.

Publié dans CQFD n°24, juin 2005.






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