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CQFD N°024


CITÉ DU PETIT-BARD, UN AN APRÈS

UN NUAGE DE FUMÉE POUR ÉTEINDRE L’INCENDIE

Mis à jour le :15 juin 2005. Auteur : Yannick Seam.


« Rien n’a changé », répètent les habitants du Petit-Bard pour le premier anniversaire de la mort de Hocine. Il y a un an tout juste, le 13 juin 2004, un incendie ravageait une cage d’escalier de ce quartier de Montpellier qui bat des records de décrépitude. Bilan : un locataire brûlé vif et la prise de conscience collective que l’insalubrité avait assez duré (voir CQFD n°14). Mais douze mois après, elle dure toujours. Plus grande copropriété de France, la cité du Petit-Bard accumule toutes les tares d’un habitat poubelle : des marchands de sommeil qui ne se soucient que de la dîme des locataires, des murs spongieux, des salles de bains rouillées, des rats qui cavalent sur le palier… Après l’incendie du 13 juin, un collectif des habitants se crée pour exiger la réhabilitation de leurs barres. La parole se libère. Des centaines de personnes manifestent, occupent, débattent, revendiquent. Sommés de réagir, les pouvoirs publics jurent de faire ce qui n’a pas été fait durant quinze ans. Leur pluie de bonnes paroles culmine le 23 juillet 2004 avec la venue sur place du secrétaire d’État au logement, Marc-Philippe Daubresse. L’homme providentiel s’engage à débloquer 80 millions d’euros pour un plan de rénovation : « Le Petit-Bard aura commencé à changer avant la fin de l’année », promet le ministre. Mais en décembre, aucune trace du moindre rouleau de peinture.

Aujourd’hui, le plan de réhabilitation en est encore à ses balbutiements. L’État et les collectivités locales n’ont toujours pas signé leur convention de partenariat et le concours d’architecture n’a pas même été lancé. Le maire PS de Montpellier, Hélène Mandroux, a bien transmis son dossier au joujou de Borloo, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) : on y parle de plan quinquennal, de mixité sociale, de destruction, reconstruction, réhabilitation. Mais le président de l’ANRU, l’UMP Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan, ne peut pas voir en peinture le socialiste Georges Frêche, dit Septimanien 1er, président du conseil régional de Languedoc-Roussillon. Ce dernier exige de piloter le projet de réhabilitation via l’ACM-OPAC, l’organisme HLM de Montpellier, dont le président est l’un de ses fidèles. À quoi s’ajoute une bagarre larvée entre Frêche et son successeur à la mairie, Hélène Mandroux. Il y a tout de même un point sur lequel les choses avancent : la mise hors jeu du collectif des habitants. « Je les emmerde en long, en large et en travers ! », hurlait Georges Frêche au cours d’un rassemblement le 2 avril dernier, en parlant des militants du Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB). Mais le propos valait aussi bien pour tous les locataires du Petit-Bard.

Publié dans CQFD n°24, juin 2005.






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