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CQFD N°024


COMMENT LES INSTITUTS DE SONDAGE EXPLOITENT LEURS VACATAIRES

LES SONDEURS D’OPINION MENÉS À LA CRAVACHE

Mis à jour le :15 juin 2005. Auteur : Grite Lammane.

Rarement les boîtes de sondage se sont fait mousser autant que lors du référendum sur la Constitution européenne. Leurs chiffres abreuvaient la campagne tandis que leurs patrons s’époumonaient dans les médias pour gonfler les voiles mitées du Oui. Mais les Ifop, CSA, Sofres ou Louis-Harris ne se contentent pas de mettre l’opinion en barres : ils formatent leurs propres effectifs aux normes de la flexibilité. Plus de vingt mille précaires travaillent « en rue » ou au téléphone dans des conditions sauvages. Enquête.


-  Bonjour, j’appelle au sujet de l’annonce…
- Eh bien, il s’agit d’un travail d’enquêteur.
- Et c’est quel type de contrat ?
- Vacataire.
- Et le salaire ?
- Vous serez payée au questionnaire, je ne peux pas vous donner d’ordre d’idée pour la rémunération.
- Ah… C’est embêtant. C’est un contrat de combien de temps ?
- Je ne peux pas vous dire : on vous appelle, on vous propose de travailler du tant au tant. Vous devrez trouver telle cible et faire tant de questionnaires.
- Mais pour la rémunération, vous pouvez me donner un ordre d’idée ?
- Non. »

Voilà la conversation éclairante qu’on peut avoir avec l’Ifop quand on cherche à s’engager dans les légions de précaires que brassent les instituts de marketing et d’opinion. Le « je peux pas vous dire » touche quelque vingt mille enquêteurs du secteur. Recrutés à bac +2 minimum, ils doivent se contenter du contrat de « vacataire » défini par la convention collective. Contrat « par nature temporaire », comme le stipule le code du travail. Pourtant, d’après l’association d’enquêteurs précaires Avec [1], « même si les instituts s’abritent derrière le côté “job d’appoint” du métier, il ne doit pas y avoir plus d’un quart d’étudiants ». Quand on est enquêtrice de rue pour l’Ifop depuis quinze ans, comme Christiane, on sait bien que c’est du provisoire qui dure. « De plus en plus de femmes d’une trentaine d’années vivent essentiellement des enquêtes. Autour de moi, une quinzaine de personnes sont vacataires depuis quinze ans », témoigne-t-elle. Elle affirme que dans sa région, aucun employé de l’Ifop n’est en CDI. Même la chef d’équipe, qui gère de cinquante à quatre-vingts salariés selon les périodes, est sous régime vacataire. « Le seul personnel en CDI est à Paris, ce sont les administratifs et les chargés d’études. »

Même son de cloche du côté des centrales téléphoniques. Habib est enquêteur depuis quatre ans en région parisienne : « On est payé à la mission. Moi, je suis téléenquêteur ou télévendeur selon les missions, mais je fais les deux avec le même statut de vacataire. » Pourtant, les entreprises sont tenues de proposer régulièrement un CDI à leurs précaires. D’après Luc, employé chez Stratégir [2] à Bordeaux, c’est effectivement le cas… « Mais on nous dit : “Comme d’habitude, tu ne le signes pas.” Un jour, pour voir, un employé l’a signé. Le chef lui a dit : “Bon, c’est comme tu veux, mais je vais t’envoyer travailler à Nancy.” » Résultat, les enquêteurs accumulent les CDD, jusqu’à une centaine par an. Mais cela ne suffit pas toujours à faire bouillir la marmite. « Le mois de mai a été un mois très difficile, raconte Christiane. J’ai eu huit enquêtes. Avec des tarifs qui vont de seize à vingt-deux euros par questionnaire et qui comprennent la recherche de cible. Pour une journée complète, ça tourne autour de soixante euros. Mais on ne travaille pas tous les jours. » Pour les enquêteurs par téléphone, les tarifs sont plus rachitiques encore. « Lorsqu’on est payé au rendement, c’est parfois à un euro le questionnaire, dit Habib. Dernièrement, j’ai travaillé pour la société Irdis [3], qui rémunère à la connexion. S’il y a un incident technique, ou si vous voulez respirer une minute, vous n’êtes pas payé. » D’après Christiane, le prix des questionnaires n’a pas évolué depuis 1990, d’autant que l’Ifop s’est mise à sous-traiter. « C’est une façon de faire tomber le salaire, évidemment. Et on a de moins en moins de travail. » Selon la période, les vacataires peuvent bosser l’équivalent d’un temps plein, ou alors ne pas être sollicités une seule fois. « En fin d’année, on a plus de travail parce que les budgets publicité qui ne sont pas épuisés doivent l’être avant janvier. Là, on pourra travailler cent vingt heures. Le reste du temps, à partir du moment où l’on peut ouvrir des droits, l’Assedic nous indemnise quand on ne travaille pas assez. Mais dès que vous gagnez cinq cents euros par mois, vous n’avez plus droit à rien. » Les conditions de travail sont à la hauteur des émoluments. La quasi-totalité des instituts mène ses vacataires à la baguette tout en érigeant le tutoiement en principe de management. L’illusion d’un environnement sympa où chacun fait ce qu’il peut gomme la réalité du travail de kapos des supérieurs hiérarchiques, qui n’ont pas d’autre fonction que faire respecter les cadences et de fliquer le travail en écoutant les conversations (en centres d’appel) ou en rappelant les interviewés (pour les enquêtes de rue). Habib : « En réalité, le tutoiement est là pour qu’on ne se sente pas en position de refuser quand il nous est demandé de rester le soir ou de venir alors que ce n’est pas prévu. Si quelqu’un dit oui une fois, il est piégé pour longtemps. »

La plupart des instituts réussissent à créer l’illusion qu’ils ont une « philosophie d’entreprise ». Stratégir s’est ainsi fabriqué le packaging d’une boîte soucieuse des conditions de travail de ses salariés. Sur son site Internet, elle joue la carte de la transparence en enjoignant à ses clients de « visiter les cuisines ». Elle vante son « organisation interne qui [permet] à chacun de travailler en prenant du plaisir » : « Nous sommes convaincus qu’un espace de vie agréable génère un espace de travail performant. » Certes, la société occupe des locaux « de standing ». Mais les vacataires qui ne travaillent pas dans la rue sont parqués au sous-sol, dans les salles de phoning et de codification-saisie. Pas de lumière naturelle, des barres de néons au plafond, un téléphone pour dix, une répartition du planning à la tête du client, l’impossibilité de savoir si on travaille la semaine suivante… Le bas de l’échelle, au sens propre comme au figuré. De son côté, l’Ifop applique la doctrine médéfienne de sa Pdg, Laurence Parisot (voir plus bas). Moins les salariés en savent, mieux l’entreprise se porte. « Nous ne connaissons jamais les clients pour lesquels nous travaillons, explique Christiane. Les résultats sont secrets. On est payé pour faire les enquêtes. C’est tout ce que nous devons savoir. On n’a aucun contact avec l’entreprise. » Ce manque de lien avec les sociétés pour lesquelles ils travaillent, l’absence totale de contrainte de l’employeur envers ses employés et la méconnaissance de leurs droits réduisent les enquêteurs à un état de dépendance totale. Christiane : « On vous appelle deux ou trois jours avant. On vous propose l’enquête. Si vous refusez… La responsable régionale râle, parce qu’on doit être corvéable à merci. Donc, on se force, on s’arrange, même si on avait prévu autre chose, parce qu’il y a une forte concurrence entre les salariés. » Chacun sait que s’il refuse une mission, il sera mis en quarantaine et instantanément remplacé par quelqu’un d’autre. Pourtant, malgré le dédain que les instituts de sondages affichent envers leurs employés, ils ont besoin d’un vivier de main-d’œuvre disponible à tout instant. Pour Habib, « si vous êtes productif, l’institut va vous appâter en vous donnant du travail tout le temps. Du coup, vous arrêtez travailler pour d’autres sociétés et vous restez à la merci d’un seul. Ensuite, comme ça les intéresse de vous garder dans leurs fichiers - on est plus efficace avec une certaine expérience -, mais qu’ils ne veulent pas vous rémunérer, ils vous tiennent en haleine pour que vous ne démarchiez pas d’autres instituts en vous disant : “Une enquête va commencer la semaine prochaine.” La semaine suivante, vous ne voyez rien venir, vous appelez, on vous répond : “Oui, oui, c’est pour très bientôt…” Ça leur permet de surfer sur un volant de deux à trois cents personnes. En période de pointe, tout le monde est réquisitionné. »

Même chose chez Stratégir, qui prétend être constitué d’une équipe de cinquante personnes. Selon Luc, « ce chiffre ne compte que les personnes en CDI. Un délégué du personnel m’a affirmé à deux reprises qu’en réalité, Stratégir a employé neuf cents personnes différentes en 2004. Surtout des enquêteurs. La plupart n’ont pas été rappelés après leur premier contrat. » Mais trois cents d’entre elles sont employées régulièrement, ce qui représenterait quatre-vingt-cinq temps pleins. Comme si cette disponibilité totale d’une main-d’œuvre payée au compte-goutte ne suffisait pas, les instituts bafouent sans vergogne le code du travail. Partant du principe que les conditions des enquêteurs ont été incroyablement améliorées par leur passage du statut de saisonniers à celui de vacataires, la plupart des instituts (Louis-Harris, Ipsos, Sofres, GFK, etc.) appliquent une prime de précarité inférieure au minimum légal, sous prétexte que ce plancher est inscrit dans la convention collective. D’après l’association Avec, « la loi Aubry prévoit une prime de 10 %, alors que la convention préconise seulement 4 %. Or la loi prévaut. Ce qui veut dire que la convention collective est illégale. » Mais comme elle a été signée par tous les syndicats à l’exception de la CGT, ces derniers font la sourde oreille quand on leur demande d’intervenir. Même quand la loi est explicite, elle n’est pas toujours appliquée. La prise en charge de 50 % des déplacements entre le lieu de travail et le domicile est rarement de mise, par exemple. Quant aux horaires, il arrive qu’ils soient détournés. À Avec, on appelle ça la « rapine horaire » : « L’un d’entre nous est allé aux prud’hommes parce que son employeur, MV2 , “oubliait” chaque mois une dizaine d’heures… Bien entendu, le plaignant a gagné. » Les raisons d’aller aux Prud’hommes ne manquent pas chez les vacataires. Christiane explique qu’il suffit qu’un enquêteur rende un questionnaire où une case n’est pas cochée pour que l’Ifop refuse de payer le travail. « Quand vous avez des questions fermées, tout va très bien, mais quand ce sont des questions ouvertes et que vous n’allez pas suffisamment au fond des choses, on ne vous paie pas. Si vous ne rendez pas vos questionnaires dans les délais, vous n’êtes pas payé non plus. » Du coup, les habitués doivent se « débrouiller » pour remplir les trous et les enquêtes ne sont pas fiables. Christiane : « Quand je faisais des enquêtes pour un institut qui est devenu la Sofres depuis, une collègue a eu le malheur d’adapter les questions qu’elle devait poser au lieu de respecter le mot à mot, pour gagner du temps. Elle a été virée sur-le-champ. » Même constat pour les enquêtes par téléphone : « Je connais des personnes qui ont été virées en cours de contrat parce qu’elle ne respectaient pas les cadences, dans l’institut Le Terrain par exemple », certifie Habib. Mais la manière la plus sûre de s’attirer les foudres des instituts reste encore d’essayer de se faire respecter. Christiane a ainsi été mise à l’écart parce qu’il lui est arrivé de contester la maigreur de ses émoluments. « Là, on ne vous rappelle pas pendant dix jours. »

La nasse sondagière serait sans fond si quelques poignées de vacataires ne commençaient pas à s’organiser. Grève des enquêtrices de l’Insee en juin 2004, grève à Actudes en août 2004, grève à Louis-Harris en novembre 2004, grève des employés de TNS-Secodip à La Défense en mars 2005… La plupart des mobilisations collectives sont couronnées de succès, tout comme les recours individuels aux prud’hommes. La condamnation en 2002 de l’institut CSA pour le licenciement abusif de huit de ses salariés a fait date. Depuis 2003, l’association Avec a déjà accompagné une dizaine de personnes dans des batailles juridiques, emportant le morceau à chaque fois. Mais à l’heure où les centres d’appel se délocalisent en masse au Maroc ou au Sénégal, ce champ de bataille est peut-être déjà d’arrière-garde.

Publié dans CQFD n°24, juin 2005.


DE LA MERCATIQUE DANS LES YEUX

Le métier des sondeurs consiste à détourner les outils de la sociologie au profit de leurs clients : à travers toutes sortes de questionnaires, ils testent sur nous la capacité de la « mercatique » (terme novlangue désignant le marketing) à nous embobiner. Peu importe qu’il s’agisse de vendre du camembert, des 4x4, des Gameboy, de l’audimat ou des traités constitutionnels. Ces méthodes transforment les impressions d’un petit groupe de personnes proclamé « représentatif » en indications chiffrées, et en apparence limpides, de ce que nous pensons. Si le commanditaire de l’enquête est un média, le résultat sera transfiguré par les journalistes en une image « vraie » de « l’opinion publique ». Si c’est une multinationale, le résultat restera confidentiel mais déterminera la politique commerciale de l’entreprise. En règle générale, les sondages représentent seulement 5 à 8 % du chiffre d’affaires des instituts, contre 50 % pour les produits distribués en supermarché (Source : http://membres.lycos.fr/collectifsondage/ et Le Monde du 27 mai 2005). Ainsi la prestigieuse Sofres, « leader français » du marché, revendique le top du podium mondial en matière de tests automobiles auprès des consommateurs. Pour Ipsos, marketing et publicité représentent presque 70 % du chiffre d’affaires. Nombre d’interviewés ne sont d’ailleurs plus dupes quant aux intentions des « sondeurs » et refusent de répondre aux enquêteurs (80 % aux États-Unis, 40 à 50 % en France). Aussi les appâte-t-on maintenant à coups de cadeaux. L’Ifop vous promet par exemple un bon-cadeau si vous répondez à ses questionnaires interminables. Et si vous êtes un enquêté de luxe (médecin, Pdg), vous aurez droit à un vrai chèque, deux fois plus élevé que la rémunération de l’enquêteur.


LE « NOUVEAU MONDE » DE LAURENCE PARISOT

« Laurence Parisot est connue comme présidente d’un grand institut de sondage, l’Ifop. Ce qui est moins connu, c’est qu’elle consacre une part importante de son activité à diriger l’entreprise familiale, Optimum, une PME spécialisée dans les portes de placards. » (sur le site du Medef, 18/01/05) « Cette Vosgienne de 45 ans, célibataire et heureuse de l’être, rêvait de mettre ses pas dans ceux de son père, chef d’une entreprise plutôt prospère, les meubles Parisot. » (Les Échos, 27/05/05) « [Elle] est issue de cette jeune génération d’entrepreneurs de PME, qui allient une expérience quotidienne de l’entreprise à taille humaine et une vraie vision de la place qu’elle occupe dans la société. Son engagement au service de la cause des entreprises et sa détermination sont des atouts majeurs pour relever le défi du développement des entreprises en France. » (François Dufaux, président du syndicat des patrons d’instituts de sondages, le 24/05/05) « Au moment du décès de son père, Laurence Parisot confie à un cadre : “Il m’a appris tout ce que je sais du management : moins les salariés en savent, mieux c’est.” » (L’Express, 11/04/05) « “Quand j’ai repris l’Ifop, en cessation de paiements, j’ai dit que j’allais faire des coupes sombres, de la sous-traitance, et qu’il fallait que nous dégagions du profit.” […] “Elle a un côté touchant”, dit Dominique Reynié [directeur de l’Observatoire interrégional du politique]. » (Le Monde, 18/05/05) « La politique la fascine et le Medef est pour elle un autre moyen de la pratiquer. “Je suis inquiète et un peu triste de l’état de la France. Nous sommes sur une pente dangereuse, glissante, et cela me touche tellement que j’ai envie de faire quelque chose. Et le Medef peut faire beaucoup.” » (L’Express, 11/04/05) « Nous, les entrepreneurs, nous pouvons être à ce siècle qui est tout jeune et qui n’a que quatre ans, ce que les instituteurs ont été à la IIIe République. L’école était à cette époque chargée de former le citoyen : n’est-ce pas à nous, à l’entreprise aujourd’hui, de lui apprendre le nouveau monde ? » (Laurence Parisot, citée dans L’Humanité, 21/01/05) « Son programme pour le Medef porte sur la simplification du code du travail et la libéralisation du marché du travail. Un programme de chef d’entreprise qu’en tant que dirigeante d’une société de services, elle saura, aussi bien que quiconque, promouvoir dans un environnement français où le social prédomine sur l’économie, au détriment de l’un et de l’autre. » (http://www.actiondefemme.fr/, 30/05/2005)


[1] www.asso-vac.org

[2] Vingt-sixième société d’études marketing

[3] Filiale de GFK, cinquième rang mondial.





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LES SONDEURS D’OPINION MENÉS À LA CRAVACHE
LAURENS MARIE | 18 janvier 2007 |

ET VLAN UNE DE PLUS : Plus de 10 ans de ce métier:enquetrice-salle et 2 employeurs : Après 8 ans de plaisir et d’assez bonne rémunération(malgré attitude déplorable et tyrannique àd l’égard des enqueteurs, parfois aussi, à l’égard des interviewé(e)s !!! de la chef de terrain et de son subalterne , tous 2, échoués d’un ailleurs révolu…..)au sein de NFO-INFRATEST BURKE je suis obligé de reconnaitre, qu’en 26 mois environ, une société a réussi a me dégouter de ce travail. Le rachat de NFO-INFRATEST par TNS-SOFRES, malgré l’assurance de cette dernière dans la continuité s’est soldé par une descente aux enfers pour l’enqueteur:irrespect, dévalorisation,négligences des supports de travail,baisse de la charge de travail et donc du salaire.Plusieurs courriers adressés aux instances de la société afin, d’exprimer mes doutes quant au climat qui s’installait a priori dans le travail, se soldaient pour les uns, par un bla-bla administratif qui ne répondait pas à mes questions et pour les autres, par une ignorance complète de mes doléances sous prétexte avoué oralement que je n’étais jamais contente des réponses au préalable rédigées par leur service.La SOFRES tend à prendre ses enqueteurs pour des imbéciles avec ou sans, d’ailleurs, le bac+ 2 exige depuis peu a ma connaissance.En fait, et pour synthétiser, j’ai tendance à penser que le rachat de la SOFRES sous des intérets cachés n’avait que pour but l’éradication avéree à ce jour de tous les enqueteurs ex NFO-INFRATEST.

Avant d’en arriver a un licenciement économique collectif, pour des vacataires ?? (pas sure que les ASSEDICS ne tiquent pas !!)la SOFRES m’a appauvrie(les impots m’ont remboursé une partie de mes versements en trop en 2OO6) mes allocations de complément chomage ont baisse, moralement , l’enthousiasme s’est transformé en colère face aux recherches parfois requises et, pas en adéquation avec une recherche dans la rue ou, pas rémunérées en conséquence, voire, plausibilite de la recherche nulle sans rectification des filtres, ou encore, filtres differents en informatique, questionnaires informatiques ne permettant pas certaines saisies qui donc par défaut devaient se prendre sur papier. Malgré tous ces aléas la Sofrès a toujours maintenu que toutes les passations sont pilotées.J’en doute, d’autant que mes demandes de présence de ceux qui établissent les questionnaires viennent un peu voir la réalité sont toujours restées dans la nébuleuse Sofrès.

En conclusion je pense que le métier de sondeur d’opinion est un beau métier pour peu que nos employeurs veuillent bien comprendre que le sondeur est un etre humain qui mérite d’etre considéré et que sans sondeur ils n’existent pas meme si pour l’instant internet qui leur sert d’alibi à notre disparition s’est bien installé(à ce propos j’ai aux balbutiements d’internet contribué, par force surtout lors d’accompagnement sur la passation, en toute ignorance du but visé, à l’élaboration du panel grace au procécé hypocrite en fin de questionnaire juste avant sa validation de cette petite question pour laquelle en réalité nous ne sommes pas rémunérés et pour laquelle toute explication reste sans réponse). Actuellement je m’oriente vers un autre horizon professionnel mais je pense que ce métier me manquera.C’est un métier que j’ai toujours comparé a du théatre:chaque interwiev est un one-man-show

LES SONDEURS D’OPINION MENÉS À LA CRAVACHE
romysake | 5 septembre 2006 | Les sondeurs d’opinion menés à la cravache

Bonjour,

En lisant votre article j’ai le coeur qui bat ( colère refoulée) J’ai commencé comme « télé-enquetrice » pour la société Le Terrain et ce pendant plus d’un an J’ai effectivement vu un tas de gens se faire virer pour « le non respect du mot à mot » ou par manque de soumission. j’ai vite fait partis des quelques personnes qui travaillaient a temps plein, j’étais « un bon éléments ». Tout s’est arreté quand j’ai repris un temps partiel et quand une chef d’équipe s’est mise a me harceller , j’ai été virée pour m’etre defendue.

Quelques années plus tard je me retrouve chez Ipsos ile de france a faire des journées de 10 heures. Quand au bout d’un mois il n’y avait plus d’études (j’ étais mise sur le carreaux) Dans ces moments là « le réglement c’est qu’il faut appeller tout les jours entre 14 et 16 heures, tout les jours….pour savoir si il y a du travail pour le lendemain  » Au bout de trois semaines de mise a l’écart je n’est pas appellé deux jours de suite quand j’ais recomposé le numero d’Ipsos, c’était pour apprendre que j’étais virée.

Recemment j’ai travaillé pour un boite d’études de marché en informatique.( client IBM etc) Je n’étais pas vacataire, j’étais en CDD. Hors en quatre mois j’ai signé 4 CDD , a la fin du mois je ramenais mon précédent contrat, on me le déchirait et me le prolongeais juqu’a la fin du mois prochain.On était payés a la connection , il fallait mettre pause (arret de la connection) quand on allait au toilettes.Pour un qurt d’heure de retard une heure en moins de payé

J’ai sous les yeux mon cv que je suis en train de retaper, et des exemple comme ca, j’en ais encore pleins d’autres,puisque j’ai bossé pour un tas de boite de ce genre. mais je ne vais pas m’enfoncer dans un role de victime meme si j’en suis une parmis beaucoup d’autres puisque j’ai bossé pour un tas de boite de ce genre. Depuis des années je ne peus me prendre un logement, encore aujourd’hui je ne suis pas sur le bail faute d’emploi considéré comme stable.

ESCLAVAGISME, je crois que le mot n’est pas trop fort…

Demi-portions
Le Monolecte | 19 janvier 2006 |

J’ai bossé 8 mois à la SOFRES, et c’était il y a 10 ans.

Comme j’étais un bac+5, j’ai été « soignée », j’ai eu le droit à l’enquête permanente FT. C’était l’équivalent 35 heures mais payé 35 heures de l’époque, avec pauses pipi décomptées. L’enquête « permanente », c’était signer un contrat de vacataire toutes les semaines. On arrivait le mercredi matin et on voyait si à notre poste il y avait un contrat ou non. On signait, forcément. Comme nous gagnions moins que le SMIC, pour les gentils qui bossaient bien sans l’ouvrir, le superviseur pouvait proposer des enquêtes en plus, le soir, ou en WE. J’ai déjà eu plusieurs contrats à signer en une seule journée. La plupart des enquêtes étaient payées à la passation, c’est à dire, une fois la dernière question validée. Sur le papier, ça avait l’air correct : 50 frf pour 20 minutes, par exemple. Sauf que selon la qualité des fichiers, tu pouvais attendre longtemps parfois entre 2 passations (non réponse, raccrochage…) et qu’en moyenne, les temps de passation sont toujours sous-estimé d’au moins 50%. Même en passant un questionnaire avec un pote qui comprend tout et répond vite du premier coup, ce n’est pas tenable. Donc, en moyenne, un vactaire est toujours payés sous le SMIC.

Ceux qui bossaient une journée complète se voyaient offrir 50% du ticket resto qui permettait d’aller à une des deux cantines qui servaient les salariés de la boîte. A force d’y manger tous les jours, j’étais devenue pote avec le cuistot. Un jour, j’ai appris qu’il avait reçu l’ordre de moins remplir les assiettes des salariés SOFRES, afin que nous restions plus combatifs l’après-midi…

Toute une philosophie.

Dernier point. J’ai fini par apprendre qu’un vacataire ne pouvait espérer aucune promotion interne. Avec mon DEA de socio, je lorgnait un job de chargée d’études. Ce jour-là, je n’ai pas signé mon contrat de la semaine, j’ai arrrêté les conneries.

> LES SONDEURS D’OPINION MENÉS À LA CRAVACHE
MAPI | 18 octobre 2005 | SONDEURS D’OPINION MENES A LA CRAVACHE
Cette contibution écrite, pour corroborer les propos que je viens de lire ci-dessus. Après avoir effectué la campagne de recensement pour ma commune, au début de cette année 2005 (très mal payé du reste….) étant demandeur d’emploi, j’ai contacté -parce que le principe du métier d’enquêteur et le côté relationnel de la chose me plaisaient- sous forme de candidature spontanée les différentes sociétés de sondage (celles citées dans les articles)…. Fin août, simultanément deux d’entre-elles me rappelent : il y avait Urgence….j’étais La Perle Rare sur mon secteur…Ils avaint besoin de moi… J’ai renoncé à la première proposition : la mission « très sensible » était à effectuer dans mon village : je leur ai fait savoir que pour fausser les résultats ils ne pouvaient pas mieux faire… On me connait, je connais les habitants (3000 âmes recensées). De plus l’entretien se déroulait le vendredi, et il fallait se rendre disponible dès le lundi avec deux allers/retours dans la semaine à plus de 300 kms sans possibilité de logement. Salaire non précisé, la seule chose connue étant les frais de déplacement. J’ai accepté la seconde proposition : on m’avait parlé d’enquêtes, précisé un temps de travail et un salaire horaire équivalent au SMIC. La aussi, il y avait Urgence, tous les détails administratifs ont été règlés par téléphone : pedigree, sécu, compte bancaire…. Et lorsque le briefing téléphonique a eu lieu (qui devait être remboursé : 2 heures) j’ai découvert ni plus ni moins que j’allais « faire le trottoir » (à 52 ans….je ne connaissais pas)…On m’avait parlé d’enquêtes touristiques dont le commanditaire est une structure régionale « honorable ». Cela tombait bien je venais d’effectuer un boulot saisonnier dans le tourisme et…j’avais mené dans le cadre de mon travail une enquête du même nom. J’avais signé, je l’ai fait, mais quelle galère… Par chance il faisait beau, je me voyais par contre très mal faire la même chose en octobre, novembre, ou décembre où alors avec des modifications : lieux, quotas…j’en ai fait part au Chargé de Terrain : pas de réponse. Puis j’ai suivi une formation à Paris : Grand Jeu …..Une grande Maison (groupe franco/anglais), beaucoup d’enquêteurs, cordialité, viennoiseries, travail intense : Bon courage et merci de rejoindre notre belle équipe… Sur le terrain, à la première enquête : on est bien loin du discours enthousiaste de la formatrice. Temps d’enquête annoncé entre 26 et 31 minutes : salaire 8.26 euros. On y croit, mais en réalité entre la recherche du « ménage » et la fin d’une enquête :c’est deux heures… plus le temps passé en voiture…le 1/2 temps prévu devient un gros temps plein (plus le temps de s’occuper d’un vraie recherche d’emploi, famille,….) A cela se rajoute le travail administratif, la connexion téléphonique, la pression quasi quotidienne : c’est une forme d’expoitation inadmissible de nos jours, car le public concerné, est un public en difficulté, en recherche d’emploi, prêt à tout pour avoir un bonus…Un vrai miroir aux alouettes qu’il serait bon de briser quand on sait que les clients de ces instituts de sondage sont des multinationales qui dépensent des milliards d’euros en publicité mais qui utilisent les faibles pour faire du profit. Il serait temps que par un biais ou un autre les enquêteurs puissent se connaître,(on fait tout pour que nous restions anonymes) communiquer et REVENDIQUER. Car c’est un métier, pas forcément désagréable, mais il faudrait arriver à payer une mission quelqu’elle soit au smic horaire, frais en plus. Tout le monde serait gagnant, il y aurait moins de turn over pour l’entreprise et le salarié saurait très exactement où il va.
 

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