Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°024
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°024


LE RAPPORT DU DÉMARCHEUR

AVEC LES ABOU NIDAL D’ENDOUME

Mis à jour le :15 juin 2005. Auteur : Christophe Goby.


On revenait de la mer, et puis on a aperçu cinq véhicules de la police et des tas de types en bleu avec les matraques, les boucliers. Alors j’ai dit à Marinette : c’est une prise d’otages ! En vrai, je pensais que c’était une personnalité qui sortait du Pharo, genre Tom Cruise ou Annie Cordy, une star quelconque que ses admirateurs en transe auraient pu abîmer. Bon, en s’approchant, ça ressemblait plutôt à un commando d’Abou Nidal parti pour faire un carnage. Ce qui donnait cette impression, c’est toujours la police : l’ambiance qu’ils créent ces types, c’est fou ! On devrait les embaucher pour les techniveaux (un technival, des…) et les disposer sur le podium. Déjà là ça fout le feu ! Mais en fin de compte ce n’était que les gens d’Endoume, ce quartier de Marseille qui ne veut pas d’horodateurs… Mais qu’est-ce qu’ils croient ! Faut bien que Vinci (la multinationale, pas l’inventeur italien) remplisse ses parkings. Comme dit l’autre, « vingt sous, c’est Vinci ! » C’est comme Eiffage, ça ressemble à pompage. Le chef des policiers y dit, fin connaisseur de peintures : « Joconde jusqu’à trois et on les embarque ! » N’empêche, ça rigolait plus puisque les policiers étaient venus pour attraper chacun son habitant : la cueillette serait payée à l’unité. Ça les a enragé, les z’habitants, à leur huitième semaine de protestation, que les pouvoirs publics leur interdisent leurs manifs, illégales de touteu façong. On sentait qu’ils avaient envie de taper, de se faire taper, que tout ça finisse enfin, parce que huit semaines à tenir sans être hypnotisé par « Questions pour un Champion » ça donne envie de changer le monde. Ils partent donc en manifestant quand même et pis v’là qu’ils jouent avec les cinq camionnettes « Police » et les civils avec le brassard rouge, en dévalant les escaliers puis en les remontant, comme dans le jeu du chat et de la souris (pas Internet, couillon), comme quand ils étaient mômes. Vraiment drôle pour le coup ! Voilà, à Marseille, dès que les gens y parlent (et ils parlent tout le temps), ils ont envie de faire des révolutions, comme l’autre fois un type de la SNCM en grève qui criait dressé sur son canot à moteur face à la mairie : « Ils veulent nous faire reculer de deux cent ans, eh ben on va les charger au sabre ! »

Publié dans CQFD n°24, juin 2005.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |