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CQFD N°025


HÉTÉROS FACHOS ?

FIÈRE TYRANNIE

Mis à jour le :15 juillet 2005. Auteur : Hervé Gouyer.


Les homos sont en passe d’accéder dans les sociétés occidentales au sésame du mariage et de l’adoption. Magnifique victoire du principe d’égalité, mais victoire en trompe-l’œil au regard de la misère affective qui constitue encore l’alpha et l’oméga de la vie amoureuse des pédés et des goudous. Le taux de ceux qui vivent en solo - 70 % - montre qu’il leur reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de trouver, ne serait-ce qu’un temps, chaussure à leur pied. Quant à ceux qui sont en couple stable, la volonté de devenir parent ou de se marier est loin d’être évidente. La gay-pride ou « marche des fiertés », rassemblement moutonnier de centaines de milliers de personnes sur un mot d’ordre qui n’en concerne qu’une infime proportion, ne laisse pas de surprendre. Le nom même de cette pseudo-manifestation aux allures de carnaval est une galéjade pour les vieux, les moches, les gros qui subissent en permanence l’avanie de la part de leurs homologues ; tous ceux qui n’auront jamais leur place sur les chars, à moins de se déguiser, et qui se font refouler des boîtes de nuit spécialisées aussi sûrement que les Arabes dans certaines autres, sans qu’aucune voix ne s’élève jamais pour dénoncer les pratiques d’exclusion reproduites et entretenues par le milieu.

Fiers de quoi au juste ? De cette belle unité de façade qui, sitôt le défilé terminé, rétablit dans les bordels gays et autres lieux de rencontre la vraie échelle des valeurs d’une culture soumise à l’ordre marchand, limitée à la seule règle de la séduction, et qui a placé à son sommet le culte de l’apparence ? Être beau, jeune, bien foutu et branché confère un avantage absolu à ceux qui sont pourvus de ces qualités et relègue les autres à servir sans limite leurs désirs et fantasmes dans les back-rooms. Car si les gays sont célibataires pour la plupart, ils ne sont pas chastes pour autant. La carence d’un partenaire régulier est largement compensée par la multiplication des rencontres, mais pas dans les mêmes proportions pour tout le monde. Ou alors si, mais à la condition d’offrir son cul ou sa bouche sans restriction aux maîtres des lieux et d’accepter cette damnation contre de maigres et tristes moments de plaisir. Le rituel de juin n’est pas la marche des gays vers leur accomplissement et le bonheur conjugal, mais une baudruche. La réalité qui se cache derrière et dont ils sont à la fois les précurseurs et les premières victimes contamine l’ensemble des comportements. Ce phénomène, remarquablement décrit dans les romans de Houellebecq - dans le champ hétéro -, avait déjà été analysé par Pasolini il y a plus de trente ans. À ses yeux, l’apparition du porno ne signifiait en rien une nouvelle liberté octroyée aux adultes, mais seulement la prise de contrôle de l’argent sur le sexe. Le culte de l’hédonisme se révélait l’instrument par lequel la société de consommation organiserait l’asservissement de l’individu à ses desseins. L’un et l’autre n’étaient que des facettes d’une nouvelle forme de fascisme que Mussolini, dépourvu des moyens de la société moderne, n’aurait jamais réussi à graver dans les mentalités.

Vivement le droit au mariage et à l’adoption pour les homos, pour qu’un jour on ait la chance d’entendre ceux qui ont une tout autre idée des causes et des conséquences de l’oppression élever leur voix au-dessus du poulailler.

Article publié dans le n°25 de CQFD, juillet 2005.






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FIÈRE TYRANNIE
David | 11 septembre 2007 |

Bonjour,

Je suis mal à l’aise face à votre article et je ne peux m’empécher de vous demander : quel est votre vécu d’homo pour parler des homos ? Votre texte m’apparaît comme un regard extérieur sur une communauté qui a tant souffert des « experts » qui parlaient à leur place : « l’homosexualité ce douloureux problème ! » sans inviter un seul homosexuel sur leurs plateaux de radio.

Je partage partiellement votre analyse sur la marchandisation du coprs, le culte de l’apparence, le culte du bonheur qui pousse à faire semblant mais est-ce une spécificité des homos ? Les hétéros ne sont-ils pas face aux mêmes dérives ?

Personnellement je ne me sens pas représenté par la gay pride, je ne milite pas pour le droit au mariage, je suis un pédé activiste mais pas un gay ; la différence est politique et c’est une différence majeure. Vous avez l’air de dire que tous les homos sont des gays du marais parisien, dépolitisés, votant centriste et à haut pouvoir d’achat. Où sont les pédés, ou sont les trans, ou sont les gouines et les lesbiennes féministes ?

La gay pride à subi une dérive marchande que je déplore. L’intégration des homos de droite à la marche est pour moi un scandale que je ne veux pas cautionner.

Toutefois, sur le côté « carnaval » de la marche des fiertés lgbt, qui en est responsable ? Les homos, lesbiennes et trans qui marchent ou les hétéros qui prennent des photos ?

http://www.pantheresroses.org/article.php3 ?id_article=234

David Bouvier

 

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