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CQFD N°025



LE RÉCIDIVISTE SARKOZY ENCOURAGE LA RÉCIDIVE

Mis à jour le :15 juillet 2005. Auteur : Marius Frehel.


Comme on s’y attendait, depuis que l’agité du Karcher est de retour place Beauvau, l’hygiénisme répressif fait fureur. Sarkozy promet de « nettoyer » les cités, de « débarrasser la France des voyous » et de récurer la magistrature. Ressuscitant l’éternel « débat » sur la récidive, le récidiviste de l’Intérieur et son complice qui garde les Sceaux, Pascal Clément, ont déjà livré quelques pistes pour un monde pénalement « clean ». Primo : associer les proches des victimes - familles, associations, avocats - aux décisions de libération conditionnelle, histoire que la vengeance l’emporte. Comme le reconnaît une mère d’enfant victime, les proches « sont trop impliqués : le débat ne serait pas équilibré ». Comment pourrait-il l’être, alors que la loi Perben II prévoit déjà de consulter les familles et de serrer la vis aux justiciables ? Autre « idée » de génie : faire passer de dix-huit à vingt-deux ans le plafond à partir duquel les condamnés à perpétuité peuvent prétendre à une liberté conditionnelle. Puisque la prison fabrique des récidivistes, allongeons la durée de fabrication ! Troisième astuce : supprimer le sursis, les mesures d’aménagement et les peines alternatives (travaux d’intérêt général, bracelet électronique, semi-liberté). Pourtant, les études de Pierre Tournier et d’Annie Kensey, respectivement prof de fac et démographe à l’administration pénitentiaire (pas des profils de gauchistes, donc) ont montré que les condamnés aux peines alternatives récidivaient moins que les sortants de prison. Qu’importe ! On a dit qu’on nettoierait, alors on nettoie.

Mais ce n’est pas tout : le gouvernement envisage aussi de parquer les « dangereux » qui ont purgé leur peine dans des centres fermés, joliment appelés de « protection sociale ». Ces purgatoires remettraient au goût du jour la « relègue », peine d’exil infligée jadis en complément d’une série de condamnations. « Réinsérer » le bagnard en l’enfermant encore, c’est évidemment plus commode que de lui donner les moyens de reprendre pied dans la société. Aujourd’hui, on compte un travailleur social pour cent détenus. Les taulards indigents (ils le sont dans leur grande majorité) n’ont droit à presque rien et leur « formation professionnelle » se réduit à des ersatz débilitants. C’est toujours la même chanson : derrière le déballage électoraliste de mesures tape-dur, on amplifie le mal que l’on prétend combattre. Pour empêcher quelqu’un de récidiver à sa sortie de taule, il faudrait d’abord éviter qu’il y entre. Or les gouvernants font tout le contraire. Dans leur logique, la solution passe par la prison à vie, à l’instar des USA, où le multirécidiviste est condamné à perpèt’ quelle que soit la nature de ses délits. Une nouvelle fois, ce sont les gueux, les pas-de-chance ou ceux qui affrontent de face l’iniquité du système qui vont morfler. Aux autres bons citoyens, on prétend sécuriser une petite place au soleil. Mais gaffe à l’éclipse.

Article est publié dans le n°25 de CQFD, juillet 2005.






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