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CQFD N°025


ILS SENTENT BON LE SABLE CHAUD

GENDARMERIE RECRUTE PLAGISTES

Mis à jour le :15 juillet 2005. Auteur : François Maliet.


Cassis, début juillet. L’échoppe d’accessoires de plage a sorti ballons et parasols sur le trottoir, des familles en short patientent devant le marchand de glace et l’épicerie climatisée vend sans vergogne deux euros la petite bouteille de flotte. Les cigales cigalent, les touristes allemands touristent en allemand, les jeunes autochtones s’emmerdent sur les bancs et la milice locale surveille la scène derrière ses lunettes noires, courtoise mais ferme. Pas de doute, c’est les vacances. Pour atteindre la plage, il faut traverser une esplanade bétonnée où se trouve à l’accoutumée le stand du Club Mickey qui amusera le minot. Mais à la place du sempiternel précaire coiffé de grandes oreilles est garé un camion de la gendarmerie nationale. Sur la carrosserie à la peinture quelque peu défraîchie, on peut encore lire : « Gendarmerie : une force humaine » [sic] et « Info-Recrutement ». Le gendarme et la gendarmette présents sont venus se rappeler au bon souvenir des vacanciers. Mais surtout faire de la retape auprès du chômeur glandouillant en maillot au lieu de vendre des beignets goût abricot. Et embrigader le petit dernier qui a raté son bac et dont le bahut ne veut plus. Une dame, serviette sur l’épaule, s’adresse au gradé : « Vous êtes encore là cette après-midi ? C’est pour mon fils… », lequel doit encore se prélasser au paddock.

Si vous semblez dans de bonnes dispositions, les deux cognes vous alpaguent. Ils ont pléthore de postes à pourvoir : « Six mille pour les gendarmes adjoints, et quatre mille pour faire sous-off’… » Pour un chômeur de longue durée à CQFD, voilà peut-être l’occasion de reprendre le cours d’une vie normale, avec une fiche de paie. Je me dis « très intéressé » et, mensonge éhonté, avoir « un peu travaillé dans la sécurité et le gardiennage ». La gendarmette a de bons arguments : « La rémunération lors de l’année de formation est de 1 263 euros net, avec une augmentation une fois en service. » Et elle ne lâche pas sa proie : « C’est un métier intéressant, car très diversifié, ce n’est jamais la même chose. » Outre l’attrait du chèque mensuel, je feins un vif intérêt pour les calibres : « Est-ce que j’aurai une arme ? J’apprendrai à tirer ? » Laconique, le gendarme répond qu’il y a une formation militaire, mais élude prudemment la question du pan-pan : « Vous apprendrez aussi l’informatique. » Ayant eu le malheur de lui spécifier qu’il devait me rester quelques bribes d’une lointaine formation scientifique, il tient mordicus à me bombarder infirmier : « L’avantage est que l’on vous forme, et que vous avez un métier pour après, quand vous retournez à la vie civile. » Le pandore qui en mars 2003 a tué le jeune Mourad en l’alignant de dix-sept bastos devait lui aussi avoir une vocation d’aide-soignant. Pour confirmer mon inclination naissante, je demande à la jeune gendarmette ce qu’elle pense de son job. Elle a juste le temps de balbutier un « oui, oui, c’est très enrichissant… » avant que le gradé ne reprenne la parole : « Elle est chez nous pour cinq ans, et elle voudrait travailler dans le secrétariat. » Peut-être est-elle passée trop près du camion l’été dernier…

Article publié dans le n°25 de CQFD, juillet 2005.






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GENDARMERIE RECRUTE PLAGISTES
| 27 août 2006 |
Quant je faisait mon service militaire on nous avait « invité » à suivre la formation pour être caporal et gare a ceux qui échouaient du moins ceux qui semblaient avoir un niveau suffisant. Un seul type à échoué il est devenu gendarme après le service national. Lors des épreuves après avoir regardé sa copie le sous-off qui surveillait l’examen vint nous voir mon voisi n de table et moi :
 ça va ? pas trop difficile ?
 non chef ça va
 je vous le demande parce que je vois la copie de certains (le futur gendarme) je me demande si les quesions sont en français.
 

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