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CQFD 26.N°026


CHRONIQUE DE GUERRE

RAFLES PARISIENNES

Mis à jour le :15 septembre 2005. Auteur : Grite Lammane, Hanlor.


Un périmètre bloqué sur réquisition du procureur. La police qui ratisse les rues, investit les boutiques et les cafés, arrête tous ceux qui ne font pas « France bon teint » et les tasse dans des cars en direction des cachots du dépôt de la Cité. Ceux qui pourront fournir un titre de séjour seront libérés. Les autres seront transférés en centre de rétention dans l’attente d’une expulsion ou d’un passage devant les tribunaux. « Le procédé n’est pas nouveau, déclare un membre de la Cimade à CQFD, mais le rythme s’accélère depuis fin juillet. » Effectivement, les habitants des quartiers encore populaires de Paris commencent à connaître ce scénario par coeur. En recoupant les dates relevées par la Cimade avec celles avancées par l’avocate Dominique Noguère (de la Ligue des droits de l’homme), on aboutit à un minimum d’une douzaine de rafles en un peu plus d’un mois. Le 25 juillet à Stalingrad et à Vitry, le 28 juillet et le 2 août à Strasbourg-Saint-Denis, le 4 à Belleville, le 9, le 15 et le 24 à Ménilmontant, quelques jours plus tard à La Chapelle, le 31 porte de Clignancourt, le 1er et le 6 septembre à Château d’Eau… Combien de personnes raflées à chaque fois ? Difficile à dire, vu que le parquet se garde bien de dévoiler ses statistiques. Les seuls chiffres disponibles sont ceux du « service de défense des étrangers reconduits » de la Cimade, qui ne peut comptabiliser que les personnes placées en rétention. Chaque « opération » entraîne le placement en rétention de dix à vingt personnes, avec un record de vingt-sept pour la rafle du 6 septembre. Mais ces chiffres ne permettent pas d’évaluer le nombre d’interpellations ni de gardes à vue.

Cochon qui s’en dédit

Parmi les personnes arrêtées le 1er septembre à Château d’Eau se trouvait un membre du 9e collectif de sans-papiers [1]. Même s’il se démène depuis longtemps, c’est surtout depuis le mois de janvier que ce groupe fait parler de lui. D’abord avec son expulsion des locaux du PS au Pré-Saint-Gervais (93), au cours de laquelle les socialistes avaient fait arrêter six membres du collectif et un militant. Puis avec son évacuation forcée du siège parisien de l’Unicef où, venus interpeller l’organisme des Nations unies sur la situation des enfants de sans-papiers, certains avaient entamé une grève de la faim. Ils s’étaient ensuite réfugiés à la Bourse du travail de Paris, où l’accueil n’avait pas été beaucoup plus chaleureux. Après cinquante et un jours, la grève s’était soldée par un accord avec la préfecture. Tous les dossiers des membres du 9e collectif devaient être étudiés avec bienveillance et aucun de ses membres inquiété en cas de contrôle de police tant que les dossiers n’auraient pas été étudiés. Parole de préfet ! Mais voilà, le membre du 9e collectif interpellé à Château d’Eau n’a pas été relâché pour autant. Le 5 septembre, il entamait une grève de la faim au centre de rétention. Le 6, alors que la cour d’appel du « 35 bis [2] » reconnaissait l’impérieuse nécessité de le bouter hors de France, une dizaine de ses camarades se sont invités à la préfecture de Paris pour dénoncer les méthodes et le parjure du préfet, avant d’aller occuper vingt-quatre heures plus tard la mairie de Neuilly, baronnie de Sarkozy. Sans succès, on s’en doute. Le même jour, un élève camerounais de 17 ans collé en rétention au centre du Mesnil-Amelot voyait confirmé son ordre d’expulsion. Beau pays.

Article publié dans le n°26 de CQFD, septembre 2005.


[1] http://pajol.eu.org

[2] Du nom de l’ordonnance de 1945 qui prévoit de prolonger ou d’annuler (presque toujours de prolonger) la rétention du sans-papiers jusqu’à sa reconduite à la frontière.





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> RAFLES PARISIENNES
LEMOINE Catherine | 26 décembre 2005 |
Encore une fois, je constate que cet article sur les sans-papiers n’a suscité aucune réaction de la part des visiteurs de votre site, pourtant le sort qui leur est réservé est aussi révoltant que celui fait aux précaires et émigrés de tout poil. A quand une vraie et profonde solidarité entre tous, n’ayons pas l’indignité sélective ! Ceci dit, merci d’exister, pouvez-vous me dire comment vous rejoindre et quelle action pourrai-je mener pour vous être utile ? Au chômage, j’ai tout mon temps. Bien à vous, Catherine (Marseille)
 

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