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CQFD N°027


SWEET HOME ALABAMA

RATONNADE À BAILLARGUES-CITY

Mis à jour le :15 octobre 2005. Auteur : Yannick Seam.

Dans une bourgade proche de Montpellier, deux jeunes considérés comme trop arabes ont été passés à tabac par un groupe de nervis motivés, parmi lesquels le maire de la ville. Mais gendarmes et justice se sont empressés de le laver de tout soupçon. On dirait le sud…

A BAILLARGUES, PETITE COMMUNE proche de Montpellier (six mille habitants), le patron du bistrot est aussi le maire de la ville. C’est pratique pour fidéliser les électeurs, bien commode aussi pour défendre le petit commerce. Au plus chaud de l’été, quand d’autres bourgades organisent des bals sur la place du marché, le maire Jean-Luc Meissonnier préfère déléguer cette tâche au taulier Meissonnier Jean-Luc. Le 30 juillet dernier, c’était donc la fête au bar Le Viking,ouvert toute la nuit par arrêté municipal. La picole coule à flots, les esprits se lâchent et tombent la chemise. Tout commence quand Alamine, 13 ans, se fait brutalement éconduire par le vigile. Sur le conseil de Lucas, 16 ans, témoin de la scène, le gamin alerte sa famille. Son frère débarque, bientôt suivi par son père qui sait qu’il ne sert à rien de discuter : le vigile est un agent de la Brigade anti-criminalité (BAC) de Montpellier, et ce soir, en plus, il est bourré comme un coing. Aussi le père s’empresse-t-il de ramener son minot à la maison, en l’engueulant pour avoir eu la mauvaise idée de se montrer dans la bodega. Habitués à l’atmosphère nauséeuse qui plane parfois dans la ville et sur la région, les immigrés n’aiment pas trop laisser leurs gosses traîner. Surtout quand le centre-ville se cristallise dans l’annexe empastissée de la mairie. Au moment de quitter à son tour Le Viking, Lucas croise deux amis. C’est alors que surgit un groupe d’hommes armés de battes de base-ball et de barres en fer. Lucas se cache et les deux autres détalent. S’ensuit un long calvaire pour l’asthmatique Driss, 16 ans, qui va se prendre en trois lieux distincts trois dérouillées administrées par trois sous-groupes différents. Deux passants interviendront pour le sauver, l’extirpant du coffre de voiture où ses lyncheurs l’avaient enfermé pour soi-disant l’emmener à la gendarmerie. « Ce soir on fait la fête aux bougnoules », dit avoir entendu Driss.

Le calme revenu, Lucas sort de sa cachette, tétanisé. Il est en chemin vers chez lui quand il tombe sur quatre types, dont le cafetier-maire. « Ici, c’est moi qui fais la loi, c’est pas les bougnoules  », vocifère Meissonnier avant de le frapper d’un coup de poing. Un autre lui jette un galet à la tête et lui porte plusieurs coups de pieds aux côtes, puis le laisse dans son sang. Un témoin de l’agression le reconduit chez les parents d’Alamine, qui préviennent pompiers et gendarmes. Mais les gendarmes ont déjà été briefés par le maire. En réponse au récit de Lucas, ils l’accusent, tout comme le frère d’Alamine, d’avoir jeté des pierres sur le bistrot et dégradé des voitures. Lucas est emmené aux urgences. Ses ecchymoses et ses traumatismes crânien et facial seront légalement constatés, tout comme ceux de Driss. Ils portent plainte, avec le soutien de la Cimade. Mais Meissonnier ne sera pas jugé : le procureur n’a pas cru bon de poursuivre le maire de Baillargues, au prétexte de ne pas lui donner une « tribune ». Il ne cherchera pas de noises non plus à deux autres lyncheurs, pourtant identifiés par Driss dans les murs de la gendarmerie lors du dépôt de sa plainte. Au total, sur une dizaine d’agresseurs, trois seulement seront mis en examen. Initialement prévue en septembre, l’audience a été repoussée au 24 janvier prochain, pour « calmer les choses ». Entre-temps, Lucas a fini par péter les plombs à force d’insomnies et de cauchemars. Et la justice l’enfonce. Ce jeune « inconnu des services de police » se retrouve mis en examen pour « tentative d’homicide volontaire » après avoir, dans un accès de délire imputable en partie à son tabassage, projeté de l’essence sur sa mère et agité un briquet qui a mis le feu à son bras. Un accident, selon la mère, qui n’a pas porté plainte. Passible des Assises, il est aujourd’hui au trou. Meissonnier, lui, peut plus que jamais jouer les héros auprès de ses clients et administrés, tout en niant publiquement le caractère raciste de ses « deux claques ». Ils sont nombreux à Baillargues à penser ou à dire tout haut ce que l’un d’entre eux a écrit dans un courrier anonyme adressé à une famille d’origine maghrébine : « Vous êtes une race après les crapauds. Vive M.le maire de Baillargues, lui au moins a su comment vous traiter. » Quant aux gendarmes, ils n’ont toujours pas, à ce jour, daigné enregistrer la plainte de la mère de Lucas, harcelée de coups de fil anonymes.

Article publié dans le n° 27 de CQFD, octobre 2005.






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RATONNADE À BAILLARGUES-CITY
| 3 décembre 2009 |
l histoire et tres bien expliquer de la par des journaliste . RATONNADE À BAILLARGUES-CITY
FD | 15 mai 2007 |
On lit tout et n’importe quoi dans les réactions des internautes. Je connais très bien ces jeunes, ils ont l’âge de mes enfants. Mon fils est ami avec Alamine et ma fille avec Driss : comme quoi les mélanges sont possibles. Mes enfants (blancs de faciès) vont se distraire pendant les fêtes du village. D’ailleurs, mon fils, du même âge que Alamine est rentré sans encombre dans la bodéga privé de Mr le Maire. On parle de Lucas mais on ne parle pas de Driss. Forcément, Driss est un jeune sans histoires. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts, un procès a eu lieu. Le principal agresseur a été condamné à de la prison avec sursis pour agression et actes racistes. La justice a fait son boulot et a bien vu le caractère raciste de l’affaire. jean Luc Messionnier est le principal responsable de cette ambiance malsaine. Il divise les habitants. Il s’est servi des français d’origine Nord-Africaine pour se faire élire et maintenant,, il les méprise. C’est pas joli, joli… RATONNADE À BAILLARGUES-CITY
un jeune baillarguois | 12 juin 2006 |
ce texte est tout simplement scandaleux beuacuop de choses sont imaginaires. Quand on jeunes ils ont mérités ce qu’ils ont eu(pour information Lucas n’est pas arabe ! peut-on parlé d’acte rascisme ??). Alors ne parlez pas de choses que vous ne connaissez pas j’y suis tous les jours dans mon village et je peux vous dire que rien n’est déméritant, on peut pas se laisser faire et si les parents ne font rien nous devons réagir. j’aimerais bien comprendre coment on peut écrire un tel texte ???Et j’aimerais bien qu’on me répondent !!!!!!!!! > RATONNADE À BAILLARGUES-CITY
force et respect sont des valeurs | 4 février 2006 |

Bonjour,

Je souhaite juste dire, que font deux gosses à cette heure la nuit en ville. Les parents en ont si peur. Par contre si les journalistes ont des informations auprès des Policiers Municipaux sur le casier d’un individu, ce serait grave pour le code de déontologie des PM. J’ai confiance en la justice même si des fois …. Heureusement que les forces de l’ordre sont là ou ce serait « violence city » tous les soirs comme dernierement.

Du tribunal à la cour européenne, nous avons le choix de la défense ou de l’attaque, alors saisissez les.

> RATONNADE À BAILLARGUES-CITY
| 30 janvier 2006 |

Bonjour, Rassurez vous, même quand on n’est pas trop bronzé on peut aussi être victime de la Brigade d’Agression des Citoyens de Montpellier. Ce fut mon cas il y a un an sur une simple dénonciation calomnieuse. Les conditions dans lesquelles j’ai été arrêté et mon appartement perquisitionné en toute irrégularité et sans aucun controle judiciaire en son l’illustration. Ces individus frappeurs ont une tendance congénitale à l’abus de droit et manifestent ouvertement leurs tendances fascisantes avec la couverture de leur hiérarchie. Ils se doublent de petits voleurs qui usent scandaleusement de leur impunité pour arrondir grassement leurs fins de mois en service par divers actions de prédations sur leurs victimes en l’absence de tout temoins.

Pour de plus amples détails consulter les blogs :

http://bac-flics-ripoux-montpellier.over-blog.com http://outreau-justice-commission.over-blog.com

> RATONNADE À BAILLARGUES-CITY
simon bodin | 16 décembre 2005 |
Bonjour, je suis étudiant et je fais des recherches sur l’affaire de Baillargues. Je cherche ainsi à entrer en contact avec des journalistes qui s’intéresse à ce même fait. je vous serais donc reconnaissant de me fournir, si possible, des adresses ou informations concernant ma requête. Mon adresse mail étant : simon.bodin@wanadoo.fr sincères salutations. > RATONNADE À BAILLARGUES-CITY
Aguire | 8 décembre 2005 |

Réponse au béni oui oui ballarguois

Il ne suffit pas de dire que 90% d’un article est faux encore faut il en apporter la preuve autrement qu’en répétant les délires communicationnels du maire de Baillargues.

Le jeune en question a été examiné au urgence de Montpellier deux heures après avoir été tabassé. Mais bien sur les certificats établis sont des faux. C’est bien connu, les médecins du CHR détestent Baillargues et son maire.

De même les journalistes qui ont fait leur boulot en appelant les services de la police municipale de Baillargues n’ont obtenu aucune information sur le fait que ce jeune serait « connu ». A force de répéter les mêmes conneries, on finit par y croire. le jour où les couillon danseront, il y a des ballarguois qui ne seront pas à l’orchestre !

> RATONNADE À BAILLARGUES-CITY
dave | 23 novembre 2005 |

90% du texte est faut. pour ce qui concerne les coups sur le visage du jeune, il ne faut pas oublier de dire que la veille il avait tout simplement pris la voiture de sa mère (sans quelle le sache) et eu un accident avec. facile donc de se faire photographier avec le visage pleins de croutes et faire passer cela sur le maire. tout l’article comporte des malversations de ce genre. ce jeune etait tres connu aussi de la police municipale de baillargues pour divers problemes (ce qui n’est pas dit dans l’article)

et apres on connait la suite de sont histoire, il met tout simplement le feu a sa propre mère ! a qui la faute ? certainement pas au baillarguois

 

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