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CQFD N°027


AXE DU BIEN

ALGÉRIE : ON EFFACE TOUT ET ON RECOMMENCE

Mis à jour le :15 octobre 2005. Auteur : Anatole Istria.


L’ÉTAT ALGÉRIEN VIENT DE RÉUSSIR un joli tour de passe-passe démocratico-totalitaire. Grâce à un résultat digne des grandes heures du système stalinien (97,36 % en faveur de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, 79,76 % de participation nationale…), le régime de Bouteflika et des généraux s’est octroyé à la fois l’impunité pour les responsables de la guerre civile et un plébiscite pour ses propres galons. Les passionnés de justice et de vérité historique peuvent passer leur chemin. Derrière le blabla sur la cohésion nationale, le pouvoir algérien entretient la schizophrénie de se penser comme l’émanation d’un peuple qu’il s’évertue à écraser, et dont il veut maintenant effacer la mémoire.

Cette schizophrénie se manifeste dans la Charte à propos des 6 146 cas officiels de disparition imputables aux forces de sécurité. Il est signifié que l’État « considère que les actes répréhensibles d’agents de l’État […] ne sauraient servir de prétexte pour jeter le discrédit sur l’ensemble des forces de l’ordre qui ont accompli leur devoir, avec l’appui des citoyens et au service de la patrie. » Circulez, y a rien à voir. La décennie sanglante n’est plus qu’un mauvais souvenir, les islamistes peuvent revenir tenir boutique et les autorités se refaire une virginité. Il faut pardonner, martèle l’esprit du texte. Mais c’est un pardon lourd de menaces. Il est ainsi stipulé à ceux qui demanderaient des comptes, comme le Comité Justice pour l’Algérie (www.algerie-tpp.org) , que le « peuple algérien », soit l’État, « rejette toute interférence extérieure qui tenterait de contester son choix souverain, librement et démocratiquement exprimé à travers la présente charte. » Les gouvernements américain et français, qui savent trop bien que le terrorisme est la continuation de la diplomatie par d’autres moyens, ne s’y trompent pas. À la veille de la tenue du scrutin, l’administration Bush affirmait respecter par avance « la décision du peuple algérien », en faisant mine quand même de déplorer l’absence de débat contradictoire. L’implacable lutte de Washington contre le terrorisme trouve ici une curieuse entorse. En France, le quai d’Orsay saluait cette « consultation démocratique » tandis que Chirac applaudissait « un pas décisif en direction de la paix ».

Au même moment, les médias tricolores révélaient opportunément les velléités belliqueuses du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) envers la France et le démantèlement de « noyaux islamistes » en région parisienne. D’énormes doutes circulent pourtant sur les origines de ce GSPC, si pratique à sortir du chapeau pour maintenir la pression. D’aucuns y voient là encore une émanation de la Sécurité militaire algérienne. Si c’est le cas, les coups tordus vont pouvoir continuer de plus belle. De là à ce que cela serve quelque politique ultra-sécuritaire… cela dépasserait notre imagination déjà passablement paranoïaque.

Article publié dans le n° 27 de CQFD, octobre 2005.






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