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CQFD N°027


LES POLLUTIONS CANCÉRIGÈNES BIEN COTÉES AU CAC 40

INDUSTRIE MON AMOUR

Mis à jour le :15 octobre 2005. Auteur : Gilles Lucas.

Le cancer avance au pas de charge. Selon l’OMS, le nombre de cancéreux dans le monde devrait passer de 25 millions aujourd’hui à 30 millions en 2020. La faute à qui ? Pas seulement aux clopes et aux coups de soleil. Depuis trente ans, les accusations s’entassent contre la société industrielle et les produits chimiques,les commissions d’enquête verrouillées et les cabinets d’experts montés par les entreprises pollueuses. Lesquelles continuent pourtant de proliférer comme des métastases. Ça se soigne, docteur ?

C’EST L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ qui le dit : « Le cancer occupe une place de plus en plus importante dans la charge de morbidité mondiale. » En français : le cancer tue de plus en plus. D’ici 2020, il pourrait faire plus de dix millions de morts par an. Les coupables de ce massacre sont notoirement connus, identifiés depuis trente ans par une ribambelle d’experts et de chercheurs : l’industrie du tabac, certes, mais aussi les usines de produits chimiques et les raffineries de pétrole, les boîtes pharmaceutiques (qui dépensent 20 000 euros par an et par médecin pour qu’il vende leur camelote à ses patients), l’industrie agro-alimentaire qui trafique et instille des poisons dans ce qu’elle appelle « aliments », le nucléaire qui fait peser une menace constante sur les populations en attendant la manifestation des effets pathogènes… C’est pourtant l’individu lambda qui est montré du doigt comme responsable de sa propre pathologie : il fume, il boit, il roule en voiture, il consomme de l’énergie. Et cela alors même que la réduction importante de la consommation de tabac [1] et d’alcool, du moins dans les pays riches, n’a en rien freiné l’augmentation du nombre de cancers. Le sort que subit l’individu dans la société est présenté comme le résultat de son seul choix, jamais comme le produit d’un rapport de forces. C’est que la responsabilité individuelle ne concerne que les « gens de rien », ceux dont il est convenu d’exiger un « comportement citoyen ». Et si la « responsabilité individuelle » de Robert Moor (Synthron/Protex), Nick Green (Rhodia), Jean-Pierre Beauvais (Solvay), Jean Armbuster (Sanofi), Thierry Desmarets (Total-Elf), Pierre Courdouroux (Monsanto), Charles O.Ho lliday Jr (DuPont), Ramon Melgavejo (Dow), Eric Cornut (Novartis), Christian Lajour (Aventis), pour ne nommer qu’eux, n’est pas livrée à l’opprobre publique, c’est très probablement parce qu’ils ne fument pas, ne boivent pas et ne conduisent pas. Ou alors très exceptionnellement.

Pendant des décennies, d’ innombrables rapports produits par des chercheurs et des scientifiques dissidents, des rapports, des pétitions, des publications et actions contre les méfaits de la pollution industrielle ont été regardés comme les caprices malveillants de quelques défenseurs de « l’éclairage à la bougie ». Il faut croire que Seveso, Bhopal, Tchernobyl, etc. n’auront pas été assez dévastateurs pour établir publiquement le lien entre production industrielle ou toxico-chimique et propagation du crabe. Les « vérités scientifiques » n’ont qu’un temps. Et ce sont les intérêts et les rapports de force en jeu qui s’imposent pour en définir ou non la validité [2]. Ainsi les affirmations indiscutables qui garantissaient hier un avenir radieux semblent s’inverser aujourd’hui, au moment où s’ouvrent les fabuleux marchés de la « protection de l’environnement ». Coïncidence remarquable. D’un côté, les plus importants industriels sont devenus les plus zélés défenseurs de l’environnement [3]. De l’autre, quelques acharnés maîtres d’oeuvre en chimiothérapie changent leur fusil d’épaule pour le diriger contre « la pollution toxico-chimique ». À ceci près que, si les premiers font dans le marketing cynique et post-moderne, les seconds, notamment Dominique Belpomme, interrogé ci-dessous par CQFD, s’essaient à une large diffusion de leurs thèses : rencontres avec des apiculteurs, participation à des forums institutionnels, débats dans des petites villes… Ils fédèrent ainsi des défiances et des résistances déjà présentes tout en les moulant dans une sorte de consensus où ne demeure que l’auto-culpabilisation. La critique ne désigne aucun fautif véritable. Il y a là parfois des accents de café du commerce (y’a qu’à, faut qu’on…), mêlés à ceux du club house de l’hôtel Sheraton (c’est aux politiques de…, c’est aux citoyens de…, la gauche et la droite doivent…).

Quoi qu’il en soit, la production de toxiques se poursuit tambour battant. Et les responsables majeurs des empoisonnements restent dissimulés dans la société de l’Anonymat, ce système apparemment sans tête et sans leader tel que le définissait Hanna Arendt. Le cancer, deuxième cause de décès aujourd’hui en France, est indirectement l’un des premiers employeurs du pays : les recherches et tentatives-expérimentations thérapeutiques [4] brassent chaque année quinze milliards d’euros. « Cette société n’est même plus cancérigène, elle est cancérophile. La tumeur maligne est intégrée à son programme  », écrivent Geneviève Barbier et Armand Farrachi dans La société cancérigène (La Martinière, 2004). Reste à souhaiter que le professeur Belpomme, à l’audace toute nouvelle, et les signataires de l’Appel de Paris, qui osent mettre en cause l’industrie chimique, ne rencontreront pas les mêmes mésaventures que Pierre Meneton. En 2000, ce spécialiste mondial de l’implication des facteurs génétiques dans le développement des maladies cardio-vasculaires avait été écouté et surveillé par les services de renseignement. Motif : atteinte à la sûreté de l’État. Il avait démontré que le sel ajouté en excès dans les aliments par les industriels provoquait chaque année en France 75 000 accidents cardio-vasculaires, dont 25 000 décès, et que réduire de 30 % la consommation de sel entraînerait en France un manque à gagner de six milliards d’euros par an pour l’industrie agroalimentaire.

LES INDUSTRIELS NOUS TUENT ? FAISONS-LEUR LA MORALE !

Un nombre croissant de scientifiques n’hésite plus à incriminer la pollution toxico-chimique comme responsable majeur des cancers. Allez savoir pourquoi. Changement d’époque, aggravation des risques, accès de lucidité, menaces sur la production, questionnements existentiels, impatience des industriels de la dépollution, opportunité de nouveaux marchés, extension aux questions sanitaires des concepts « sympas et modernes » de développement durable, d’économie solidaire et autres commerces équitables ? Dans le doute, CQFD est allé rencontrer l’éminent cancérologue Dominique Belpomme, initiateur de l’Appel de Paris (voir ci-dessous). On vous livre tels quels ses propos, qui montrent bien les ambiguïtés dans lesquelles se trouvent les scientifiques « moraux » face à une industrie qu’il s’agirait à la fois de fustiger et de ménager.

CQFD : Dans l’Appel de Paris, vous désignez la pollution toxico-chimique comme responsable majeur des cancers. Cette prise de position est-elle une orientation nouvelle dans votre activité ?
Dominique Belpomme : Ça fait trente ans que je fais de la cancérologie. Une bonne partie de ma vie a consisté à combattre les pouvoirs publics et une partie du corps médical pour faire accepter cette discipline qu’on appelle aujourd’hui l’oncologie médicale. L’oncologue médical est en quelque sorte un chef d’orchestre qui coordonne les différents traitements du cancer : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Simultanément j’ai effectué des recherches en laboratoire à Villejuif. En 1984 j’ai créé l’association française pour la recherche anti-cancéreuse, un groupe de recherche qui a participé à la mise au point de nouveaux médicaments anti-cancéreux en partenariat avec l’industrie pharmaceutique. Et il y a cinq ans, on a fait l’analyse-bilan de ce que nous avions fait pendant une quinzaine d’années. D’un côté, on guérit la plupart des petits cancers, qui représentent à peu près 45 % des cas, mais on ne guérit toujours pas les autres. Or, aujourd’hui, bien qu’on intègre de nouveaux médicaments anti-cancéreux, qu’on améliore la qualité de vie des malades, qu’on améliore même l’espérance et la durée de vie des malades, malheureusement, en termes de guérison, il n’y a pas d’augmentation. On est alors obligé d’étudier les facteurs qui causent les cancers. En fait, il est clair que le mode de vie (tabagisme, consommation d’alcool, mode alimentaire) est insuffisant pour expliquer les trois quarts des cancers, car pour faire un cancer, il faut des mutations, c’est-à- dire une intervention du gène. Or aucun des facteurs liés au mode de vie, à part le tabagisme, n’est mutagène. Il faut pourtant bien que ces facteurs existent quelque part. Ce quelque part, c’est l’environnement. Un certain nombre de cancers, probablement les deux tiers, sinon les trois quarts, sont dûs à des facteurs environnementaux. Et j’ai été d’autant plus conduit à admettre cette nouvelle thèse pour expliquer la maladie qu’en vingt ans, en France, le nombre de cancers du sein a doublé et celui des cancers de la prostate triplé. Même les enfants sont de plus en plus touchés depuis vingt à trente ans.

Que l’industrie produise quantité de poisons ayant de graves effets sur la population n’est pas vraiment une découverte. On peut imaginer que vos activités vous ont amené à prêter une attention particulière à cette pollution…
Non. Moi,il me faut des arguments scientifiques. Je savais qu’il y avait 10 % des cancers liés aux rayonnements, 10 à 15 % liés aux virus, je savais qu’il y avait la pollution, mais je n’avais peut-être pas réalisé son ampleur. À l’époque, on n’avait pas véritablement de données à ce propos. On les a obtenues il n’y a que trois ou quatre ans. Jusqu’alors il fallait expliquer pourquoi les cancers augmentaient alors que le tabagisme était en régression chez les hommes de vingt à trente ans et que l’alcoolisme s’était beaucoup réduit depuis 1975. C’est à ce moment-là que je me suis occupé d’environnement et que je me suis aperçu que nous avions pollué énormément depuis la fin de la guerre.

Comment réagissent les milieux médicaux et scientifiques à vos prises de position ?
Il y a toujours des réactions. Nous sommes en train de changer de paradigme, de cadre et de mode de pensée. La situation actuelle est un peu comparable à celle qui prévalait à la fin du XIXe siècle lorsque Pasteur a combattu la génération spontanée en démontrant que la plupart des maladies étaient liées à l’environnement microbien. À l’époque de Pasteur, les chimistes, les scientifiques et 99 % du corps médical étaient contre. C’est exactement la même chose aujourd’hui. Nous, nous disons que ce n’est pas l ’environnement microbien qui change : il change, mais ça n’explique pas tout. C’est surtout l’environnement toxico-chimique qui a changé. On a atteint une pollution qui remet en cause les activités humaines. Le problème n’est plus cantonné à des questions médicales ou sanitaires comme du temps de Pasteur. Il s’agit d’un problème politique. C’est dans la nature des choses qu’un certain nombre de mes collègues se refusent à faire le saut. Mais un nombre croissant de médecins l’acceptent. L’Appel de Paris, qui met en cause la pollution chimique dans la genèse d’un certain nombre de maladies, a été signé par tous les conseils de l’ordre des médecins, des syndicats médicaux des vingt-cinq États membres de l’Union européenne, ce qui représente deux millions de médecins. Maintenant, on trouvera toujours quelques scientifiques réticents. De toute façon, mon raisonnement est incontournable au niveau scientifique.

Est-ce que votre point de vue signifie une remise en question de la société industrielle ?
C’est la société en général, notre mode de pensée, notre mode de vie et notre système économique qui sont critiqués. Mais nous ne critiquons pas tel ou tel industriel car nous sommes tous concernés en tant que citoyen ou en tant que chef d’entreprise… Nous avons tous besoin de l’industrie et de l’économie. Mais il faut qu’elles soient au service de l’homme et non que l’homme soit à leur service, comme c’est le cas actuellement.

Mais alors qui sont les responsables ? Quels sont vos adversaires ?
Mes principaux adversaires sont l’inertie et l’incompréhension, qui peuvent aller jusqu’à la négation de la réalité. Il n’y a pas tel ou tel responsable. Au niveau politique, il y a une inertie et une incompréhension. Au niveau de l’industrie, on nie la réalité au nom d’intérêts financiers et socio-économiques. Et quelquefois on va au-delà, on ment. Probablement pour des raisons qui peuvent d’abord apparaître louables : ne pas alarmer et affoler les populations. Mais le mensonge scientifique est absolument insupportable. On casse la vérité. On infantilise les citoyens que nous sommes.

Vous dites que les industriels ont peur d’alarmer les populations. Mais en attendant, ils n’ont pas peur de les empoisonner…
Aujourd’hui la pollution n’est pas voulue par les industriels, elle est subie. C’est l’intérêt financier qui prime sur tout. Nous sommes dans un système économique basé sur le courant utilitariste anglais qui remonte à Adam Smith et dont le principe de base est que les affaires sont les affaires : la moralité réside à l’intérieur de la famille, pas à l’extérieur. C’est la libre concurrence à l’extrême. Les industriels ont des critères de jugement qui sont très économiques et nous les critiquons lorsqu’ils sont mensongers dans leurs affirmations. Mais en même temps je ne leur jette pas systématiquement la pierre. Si nous voulons transformer l’environnement, nous ne pourrons pas faire autrement que d’avoir les industriels avec nous. Il faut réconcilier l’économie et l’écologie. Il faut rétablir des valeurs morales. Je pense que le mode de pensée et le système économique sont condamnés. Il faut que nous arrivions, en étant chacun responsable de nos actes, à changer de comportements et de modèle économique, à réguler la pollution et donc à sortir de l’ornière dans laquelle nous sommes.

Derrière la pollution, il y a pourtant des noms, des décisions, des entreprises et des gouvernements, comme celui des États-Unis qui a refusé de signer l’accord de Kyoto.
Il faut quand même savoir que si les États-Unis n’ont pas signé l’accord de Kyoto, ce sont eux qui investissent actuellement les sommes les plus considérables pour l’environnement dans le monde. En particulier pour les énergies renouvelables. Nous, nous avons signé, mais nous n’avons toujours rien en termes de mesures concrètes, en investissements, en politique au sens fort du terme. Ça veut donc dire que les États-Unis vont revenir dans cinq à dix ans avec des produits propres et vont reconquérir les marchés que nous, nous aurons perdu. L’Europe a tout intérêt à produire propre au niveau des parts de marché dans le monde.

Qu’est-ce que vous pensez des fauchages de champs d’OGM ?
Je suis absolument contre les OGM, parce qu’ils synthétisent ou absorbent des pesticides, et donc on retombe sur les mêmes problèmes. Mais je ne veux pas apparaître comme voulant mettre du désordre dans la société actuelle, qui est déjà très malade. Il y a trois états de contestation : la vigilance, la dissidence et la désobéissance civile, puis il y a ce que j’appelle la rupture, c’est-à-dire une révolution que j’espère idéologique et non pas physique. Le problème, aujourd’hui, c’est qu’il y a un décalage entre les gouvernants actuels, les états-majors de partis politiques, et ce que pense le peuple de France. On l’a bien vu aux dernières élections. Il est évident que lorsque l’espèce humaine est en danger et que nous avons un siècle pour nous sauver de ce danger, le système de représentation actuel n’est plus à la hauteur de l’enjeu. Les politiques ne comprennent pas ce qui se passe dans la profondeur du pays. Il est évident que vous avez de la dissidence ou de la désobéissance civile, voire des mouvements beaucoup plus durs qui peuvent apparaître.

Propos recueillis par Gilles Lucas

APPEL DE PARIS

«  Nous, scientifiques, médecins, juristes, humanistes, citoyens, convaincus de l’urgence et de la gravité de la situation, déclarons que,

Article1 : Le développement de nombreuses maladies actuelles est consécutif à la dégradation de l’environnement.

Article 2 : La pollution chimique constitue une menace grave pour l’enfant et pour la survie de l’Homme.

Article 3 : Notre santé, celle de nos enfants et celle des générations futures étant en péril, c’est l’espèce humaine qui est elle-même en danger.

Nous appelons les décideurs politiques nationaux, les instances européennes, les organismes internationaux, en particulier l’Organisation des Nations Unies (ONU), à prendre toutes les mesures nécessaires en conséquence, et en particulier :

Mesure 1 : interdire l’utilisation des produits dont le caractère cancérogène, mutagène ou reprotoxique (CMR) est certain ou probable chez l’Homme tel qu’il est défini par les instances ou organismes scientifiques internationaux compétents, et leur appliquer le principe de substitution ; exceptionnellement, lorsque la mise en oeuvre de ce principe est impossible et que l’utilisation d’un produit concerné est jugé indispensable, restreindre son utilisation au strict minimum par des mesures de contingentement ciblé extrêmement rigoureuses.

Mesure 2 : appliquer le principe de précaution vis-à-vis de tout produit chimique pour lequel, en raison de son caractère toxique autre que celui défini dans la mesure 1, ou de son caractère persistant, bioaccumulable et toxique (PBT), ou très persistant et très bioaccumulable (vPvB), tels que définis internationalement, il existe un danger présumé grave et/ou irréversible pour la santé animale et/ou humaine, et de façon générale pour l’environnement, sans attendre la preuve formelle d’un lien épidémiologique, afin de prévenir et d’éviter des dommages sanitaires ou écologiques graves et/ou irréversibles.

Mesure 3 : promouvoir l’adoption de normes toxicologiques ou de valeurs seuils internationales pour la protection des personnes, basées sur une évaluation des risques encourus par les individus les plus vulnérables, c’est-à-dire les enfants, voire l’embryon.

Mesure 4 : en application du principe de précaution, adopter des plans à échéance programmée et objectifs de résultat chiffrés, afin d’obtenir la suppression ou la réduction strictement réglementée de l’émission de substances polluantes toxiques et de l’utilisation de produits chimiques mis sur le marché, tels que les pesticides sur le modèle de réduction d’utilisation de la Suède, du Danemark, ou de la Norvège .

Mesure 5 : en raison des menaces graves qui pèsent sur l’humanité, inciter les États à obliger toute personne publique ou privée à assumer la responsabilité des effets de ses actes ou de ses carences à agir, et lorsque cette responsabilité n’est pas du ressort d’un État, faire relever celle-ci d’une juridiction internationale.

Mesure 6 : S’agissant du réchauffement planétaire et de la déstabilisation climatique, cette responsabilité implique l’obligation pour les États de mettre en oeuvre des mesures fortes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sans attendre la mise en application effective du protocole de Kyoto.

Mesure 7 : concernant l’Europe, renforcer le programme REACH (Registration, Evaluation and Authorisation of CHemicals) de régulation de la mise sur le marché des produits chimiques de façon, notamment, à assurer la substitution des plus dangereux pour l’homme par des alternatives moins dangereuses, et concernant le monde, adopter une réglementation internationale de régulation de la mise sur le marché des produits chimiques sur le modèle du programme REACH dans une version renforcée.

(Pour consulter le préambule et la liste des signataire : http://appel.artac.info)

Article publié dans le n° 27 de CQFD, octobre 2005.


[1] Entre 1953 et 2001 le nombre de fumeurs réguliers est passé chez les hommes français de 72 % à 32 %.

[2] Pour exemple, dans les années 70, le biologiste Miklos Beljanski a fait les frais de ce diktat à géométrie variable enrobé de « vérité scientifique » : il avait mis au point un test dénommé « oncotest », qui, sans aucune intention thérapeutique, permettait de déterminer rapidement le caractère cancérigène, anti-cancérigène ou neutre d’une substance chimique. Le test fut rejeté par le milieu scientifique et ce biologiste, qui par ailleurs avait mis au point des produits anti-cancéreux, poursuivi par la justice.

[3] C’est un « cancéropôle » qui sera créé sur le site d’AZF Toulouse…

[4] Malgré les piteux résultats et les découvertes quasi-inexistantes, le coût de fabrication des médicaments anti-cancéreux a augmenté de 500 % ces dix dernières années.





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INDUSTRIE MON AMOUR
Caral | 15 avril 2007 | Site interessant permettant de se faire un avis (si on considère que les chiffres ne sont pas biaisés)

Bonjour,

Le problème n’est pas simple, et l’épidémiologie est un vaste domaine. Mais il faut faire attention à 3 choses pour étudier l’évolution des cancers avec le temps :

- Prendre une catégorie d’age (oui, car si on regarde, sur la france par exemple l’évolution de l’incidence des cancers indifférentiés pour tout age, elle augmente clairement_ Augmentation déjà limitée si on prend juste une classe d’age comme les 40-45 ans. Oui, car notre population vieillit)

- Analyser un nombre de cas, mais ramené à la population : Qui est le plus atteint : 20 000 cas pour 200 000 habitants ou bien 40 000 cas pour 2 000 000 habitants ?

- Prendre en compte les habitudes toxiques : La polution atmosphérique est présente, et on la respire sans cesse _ on en meurt certainement … quid de la fumée de cigarette :

Comparer la concentration des produits inalés par rapport à ceux principalement toxiques dans notre atmosphère. L’alcool aussi n’est pas sans risque, on peut-être plus mitigés concernant les autres drogues non inalées (pour leur action cancerigene hein … )

 

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