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CQFD N°028


CROIX-ROUGE

L’HÔPITAL SE FOUT DE LA CHARITÉ

Mis à jour le :15 novembre 2005. Auteur : Marie Nennès.

À la Croix-Rouge française, on appelle ça « recentrer son activité sur l’humanitaire ». Après le centre de santé de Bagnolet, fermé en 2002 (voir CQFD n°6), c’est au tour du petit hôpital du Camas, à Marseille, d’être dans le collimateur de la direction.

CETTE FOIS ENCORE, la vénérable institution s’illustre par son sens aigu de la transparence. À tel point que le 27 octobre, lassé de demander en vain des informations, le personnel de l’hôpital du Camas à Marseille se met en grève et envahit la délégation régionale, aidé par quelques riverains. Las, le directeur est en vacances. « C’est toujours comme ça, peste Alain Monnier, infirmier. En janvier, après la nomination de Mattei, [1] on nous a dit que l’hôpital n’était plus viable - ce qui est totalement faux, puisqu’on est bénéficiaire - et que des pourparlers étaient en cours pour transférer le budget et l’activité à Saint-Joseph [2]. Depuis, chaque fois que l’on pose une question, personne ne sait rien. On nous dit qu’on sera transféré en janvier 2006 mais qu’il n’y a rien d’officiel. Les quelques infos qu’on a eues, c’est des syndicalistes de Saint-Jo qui nous les ont données et elles ne sont pas rassurantes. Résultat, on est en novembre et on ne sait toujours rien. »

Situé dans le centre de Marseille, dans un quartier à la population plutôt âgée, l’hôpital du Camas est réputé. Un hôpital « à taille humaine » disent les riverains, où « on connaît tout le monde et où l’infirmière vient de suite quand on sonne ». Cent soixante personnes y travaillent et gèrent quatre-vingt-seize lits de court et moyen séjour, en plus des consultations. Un service d’urgence a été créé en 2002, des investissements sont réalisés chaque année et le personnel est fidèle : la plupart, infirmiers et médecins, travaillent là depuis plus de vingt ans. Ces derniers aussi l’ont mauvaise : « D’accord, on bosse en libéral, mais on s’est investi dans cet établissement. On ferme sans raisons réelles ! Et nos patients, qu’on soigne depuis des années ? Aujourd’hui, je suis incapable de leur dire dans quelles conditions je vais les suivre ni même où. On devrait au moins être associé aux discussions », s’agace le docteur Dussard.

Seul présent ce jour-là, un administrateur de la Croix-Rouge, rougeaud et patelin, se veut rassurant face aux grévistes énervés :
« Ne vous inquiétez pas, le personnel sera intégralement repris.

- Alors pourquoi vous avez annulé les élections des représentants du personnel ?

- Voyons, je ne connais pas la date mais elles ne sont que reportées !

- Est-ce vrai que vous allez faire mettre des grilles autour de l’hôpital ?

- C’est pour éviter les squatteurs après la fermeture.
 »
Dans un coin, un autre médecin bougonne : « C’est encore une histoire de fric. Allez donc voir du côté de la Sogima ! Ils ont déjà acheté des locaux de la ville, 4 500 mètres carrés, juste à côté. » Et là, surprise, le président de la Sogima, l’une des plus grosses boîtes marseillaises d’immobilier, n’est autre qu’Antoine Dubout, également président… de la Fondation Saint-Joseph. Dans le quartier, la Sogima a racheté récemment plusieurs terrains. Mais ce n’est sans doute qu’une coïncidence.

Article publié dans le n° 28 de CQFD, novembre 2005.


[1] Mattei, viré du ministère de la Santé après la canicule de 2003, n’a pas été oublié par Bernadette qui lui a offert la Croix-Rouge.

[2] L’hôpital Saint-joseph, propriété de la fondation du même nom, est l’un des plus gros établissements privés de Marseille.





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