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CQFD N°028



BEGAG, ANGE GADGET

Mis à jour le :15 novembre 2005. Auteur : Nicolas Arraitz.


À la chaleur des émeutes de Clichy-sous-Bois, Azouz Begag, ministre-potiche à la « promotion de l’égalité des chances » (sic), s’est vu bombardé gladiateur de la fracture sociale contre le félon Sarko et sa « sémantique guerrière ». « Azouz Begag est dans son rôle. Il est là pour incarner l’intégration », s’est réjoui un proche de Villepin (Le Monde, 02/11/05). Zoom arrière toute : avant que les deux gamins de Clichy préfèrent s’électrocuter plutôt que tomber entre les mains de la police, Begag s’ennuyait ferme. Entre deux conférences, il concoctait un « programme d’envergure nationale » intitulé « Un par Un, charte des artistes ». Une sorte de Star Ac’ institutionnelle pour que « la France de la diversité entre en mouvement ». C’est que, dans la sémantique de Begag, « il incombe à l’artiste de défier les déterminismes sociaux avec la puissance universelle de l’art ». Aussi chaque artiste défiant est-il invité à « parrainer » un jeune des cités. Pas trop longtemps, bien sûr : l’artiste étant par définition une personne généreuse mais très occupée, « l’implication dans ce parrainage commence à partir d’une heure par an ». Une heure par an, top chrono, ça devrait suffire à « défier les déterminismes sociaux ».

Un clic de souris et voilà le miracle accompli. « Lorsque le jeune se sent prêt à aller à la rencontre d’un parrain artiste, il se rend sur le forum Internet du Un par Un et fait son choix », précise la charte. Ensuite, il n’y a plus qu’à laisser parler son bon coeur. « L’outil du parrainage est une médiation des émotions ». Wow ! L’artiste « donne, mais en même temps il prend de cette inoubliable rencontre. Il reçoit sans toujours bien comprendre ce qu’il donne en échange. » Nous non plus, d’ailleurs, mais quelle importance ? « L’initiation, cette immersion volontaire dans les deux altérités de la jeunesse et de la maturité provoque un décalage du regard et le décloisonnement de l’Égalité des Chances. » C’est bien vrai ça : décalons et décloisonnons ! Et la charte de poursuivre, dans sa novlangue socio-cul imbitable : « À l’épreuve des faits, si ce n’est de la réalité (sic), la Promotion de l’Égalité des Chances par ce parrainage retiendra l’interférence de trois cercles : le réel d’une rencontre provoquée entre des femmes et des hommes de qualité et une quantité d’enfants, l’imaginaire croisé entre une personne d’expérience et des enfants rêveurs et le symbole de bousculer la destinée entre deux trajectoires sociales. » Mais voilà que « les enfants rêveurs » foutent le feu aux banlieues. Et lorsque Fabius critique un peu Sarkozy, Begag s’énerve dans Le Monde : « La gauche n’a rien à dire, quand on voit la manière dont elle nous a éloignés de la représentation politique ! » Ce qui n’est pas faux, mais prouve que non seulement l’ange Begag n’a jamais craché dans la soupe, mais qu’elle continue à le faire méchamment saliver.

Article publié dans le n° 28 de CQFD, novembre 2005.






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