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CQFD N°028


MA CABANE PAS AU CANADA

L’EDEN D’EYNESSE (SUITE DU FEUILLETON)

Mis à jour le :15 novembre 2005. Auteur : Grite Lammane.

Au début, ils se sont installés dans des tentes avec quelques amis. Il a fallu nettoyer l’entrée du terrain qui servait de décharge sauvage au village et faire des essais de construction. « On ne voulait pas faire n’importe quoi. On voulait recycler des matériaux, utiliser des matières naturelles, et surtout ne pas polluer. » LIRE LE PREMIER ÉPISODE

Au fil des années, sont apparues les habitations et les outils de la vie de la communauté : toilettes sèches (un jour, je vous expliquerai comment ça marche), conserverie creusée dans la terre, poulailler, jardin, verger, moutons, jeux pour les enfants, bassins de décantation pour les eaux usées… Au milieu du terrain, trône la plus grande construction, une pièce de forme irrégulière aux grandes baies vitrées qui sert de salon commun, de serre pour les cactus, de bureau et de salle de bains - avec baignoire et eau chaude s’il vous plaît. Les habitants l’appellent « la cuisine d’hiver ». Le travail accompli est colossal, mais Euriell et Saleda, deux des plus anciennes occupantes, en parlent avec légèreté. Il y a les choses faites et celles encore à faire, et voilà. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Il va falloir un chantier pour curer l’étang, un chantier pour faire la toiture végétale de la cuisine d’hiver, un chantier pour finir la cabane de Mathias, un chantier pour ranger l’espace de stockage des matériaux, un chantier pour vider la maison de Pepe, un chantier pour installer les panneaux solaires…

Aujourd’hui, entre quinze et trente adultes et enfants vivent ici selon les périodes, avec des pics de population l’été : « Ça fait un peu camp de vacances, c’est rigolo », dit Saleda. Tous mettent un peu d’argent dans le pot commun. Les repas sont pris ensemble, et chacun a droit à son tour de corvée de chiottes et de vaisselle. « L’argent est une source d’embrouilles  », explique Euriell. Alors le Campement s’appuie autant que possible sur le troc et le don. « Ça amène des surprises, parfois. Des générosités étranges. » L’été dernier, par exemple, un gars a débarqué avec un camion chargé de centaines de bonbonnes d’eau potable.

« Notre but, aujourd’hui, c’est d’avoir plusieurs endroits comme ça dans le monde, pour voyager. On essaime déjà dans le Gard, dans les Alpes, en Martinique, dans la Cordillère des Andes… » « On veut rester ouverts, faire comprendre notre démarche. » C’est à ça que sert le festival qui se déroule au Campement chaque mois d’août. Il accueille entre cinq cents et mille spectateurs, qui viennent de toute la France et plus loin, mais aussi du village. Au moment où je m’apprête à partir, certains attèlent les chiens pour aller chercher la marmaille à l’école en traîneau à roulettes. « Vos enfants, ils ne sont pas trop déconnectés ?

- Pas du tout, ils vont à l’école, leurs copains viennent ici, avec les yeux comme des billes. Ce lieu est avant tout pour eux. On ne veut pas les faire grandir en ville, mais on ne veut pas non plus en faire des inadaptés. Ils sont très tolérants, ils s’adaptent.
 »


Nettoyez-moi ce Gourbi !

Des dizaines de travailleurs saisonniers immigrés exploités par l’industrie agricole vivent au « Gourbi », un bidonville près de l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône). Ils s’étaient aménagé des abris de fortune, améliorés au fil du temps avec l’aide d’associations, les pouvoirs publics étant restés sourds aux sollicitations. Aujourd’hui, l’État se réveille : prétextant l’insalubrité du lieu (qui existe pourtant depuis vingt ans), la sous-préfecture d’Istres oeuvre avec zèle à l’expulsion des habitants. Sans pour autant leur proposer un relogement décent. Raser le Gourbi, et puis après ?

Article publié dans le n° 28 de CQFD, novembre 2005.






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L’EDEN D’EYNESSE (SUITE DU FEUILLETON)
elsa | 19 septembre 2007 |
Est il possible d’avoir le contact de cette communauté de ste foy la grande ???? merci !!!!
 

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