Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°029
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°029


FAUX AMIS

CHRISTOPHE BOURSEILLER

Mis à jour le :16 décembre 2005. Auteur : Le bouledogue rouge.


Dommage ! Les lecteurs des prochaines générations n’auront sans doute pas l’occasion de lire l’énième bouquin de Christophe Bourseiller faisant l’éloge, rempli d’anecdotes croustillantes, de l’audace esthétique montrée par la révolte que viennent de connaître des dizaines de quartiers de banlieues. Et pourtant, ce multicarte n’aura pas économisé son énergie pour contribuer à la remise en question de son époque, activité pour laquelle il affirme avoir une « instinctive sympathie ». Acteur, écrivain, homme de radio et de télévision, journaliste (notamment à Libération, Le Figaro, l’Express…), Bourseiller s’est laissé aller ces dernières années à quelques frivolités. Il a choisi de distraire le public avec trois sujets totalement dérisoires : le mouvement Dada, les courants communistes anti-staliniens et l’Internationale situationniste, trois mouvements critiques dont le point commun, selon les époques, les lieux et les conflits en cours, fut de développer un projet d’émancipation de l’activité humaine. Voilà donc notre expert bien loin des préoccupations désaliénantes et radicales d’Un éléphant, ça trompe énormément, chef-d’œuvre du septième art dont il fut l’un des plus mémorables acteurs (sous le pseudo de Christophe Bruce).

Pour notre historien, heureusement, toutes ces tentatives qui se proposaient rien moins que de renverser le monde, c’est de la « culture ». Il se montre prêt à offrir son corps en guise de marchepied pour mener leurs cendres au Panthéon des Arts et des Lettres. Dans ses oraisons funèbres, Guy Debord ou les activistes Dada apparaissent comme des « artistes » soucieux uniquement de renouveler les canons de l’esthétique. De l’insurection Dada, écrit-il, il ne reste que « le souvenir perdu de scandales éphémères, l’envie de réveiller l’art, de le ressourcer » (Le Magazine littéraire, octobre 2005). Et les courants communistes-révolutionnaires, une bande de zozos errants et polémistes qui ne trouvaient comme seule raison d’être que de guerroyer contre l’URSS. Les expériences d’organisation sociale non bureaucratique sont aujourd’hui lettre morte, comme le savent bien les zapatistes, les sans-terre du Brésil ou les paysans du Karnakata, tout comme s’est éteinte toute envie de subversion, n’en déplaise à la multitude d’individus qui chaque jour s’affrontent aux autorités, aux États et aux appareils patronaux, politiques et religieux. Dans « cette fin de l’histoire » où création, recherche, contestation et manucure se mènent en feuilletant Paris-Match et en écoutant France-Inter, deux médias où notre héraut a officié, c’est en fossoyeur qu’il remue une terre devenue enfin stérile à ses yeux. Et le temps est bien (mal) passé depuis cette époque où « Guy Debord fut pour moi le guide secret d’une jeunesse qui n’attendait rien de l’âge adulte ». Jusqu’à devenir aujourd’hui, parmi d’autres représentants en catafalques, le présentateur superficiellement érudit d’une maturité qui n’attend surtout rien de la jeunesse et du devenir. De tous ces combats, agitations, projets, il ne resterait aujourd’hui qu’un agglomérat de produits de loisirs et de décorations que l’on peut accrocher sur les murs, se repasser en boucle sur son lecteur CD ou ranger par ordre alphabétique dans sa bibliothèque. Au moins, ça ne risque pas de faire circuler les mauvaises idées et l’esprit qui les porte.

Publié dans CQFD n°29, décembre 2005.






>Réagir<

CHRISTOPHE BOURSEILLER
patronyme | 14 novembre 2008 | bouseiller

Cher bouledogue,

Je me devais de revenir sur le cas Bouseiller, j’avais, dans un précédent mot, excusé ses lacunes d’apprenti-historien du « situationnisme » : je suis maintenant convaincu qu’il est un con dangereux.

Mea culpa

CHRISTOPHE BOURSEILLER
| 4 octobre 2008 |
Pas la peine de taper sur Bourseiller comme des hystériques. Pour ceux qui savent décoder la prose de l’I.S. le ver était déjà dans la pomme : tout l’art situationniste a bien consisté à faire croire à la mort de l’art et à sa nécessaire réalisation « révolutionnaire » ( reprenant ainsi la vieille antienne des avants-gardes de l’entre-deux guerres ). Le coup était grandiose, toute l’avant-garde des années 60 étant hantée par la problématique de la dissolution du langage, c’était une manière de se démarquer d’un milieu pourtant si proche. Faire le portrait d’un Bourseiller sans chercher les racines de l’esthétisation situationniste de la question sociale ( ce que l’on nomme hâtivement de nos jours « poétisation » ) c’est commettre une erreur de Chronologie historique. Monsieur Bouledoguerouge commencez donc par une critique politique des situs et de leur esthétique ( tout de même assez conservatrice, « vieux Paris », « écoulement du temps », germanopratine, etc. ). Attaquez donc les autorités bourgeoises de la révolution et non leurs bouffons. Allez, un peu de courage, dans votre rubrique « faux amis ». > CHRISTOPHE BOURSEILLER
antoine | 24 décembre 2007 |
Christophe Bourseiller n’a jamais joué dans Les Sous Doués . On le voit dans Profs, dans Clara et les Chics Types, dans Un Elephant ça trompe énormément … Puis je ajouter qu’il m’apparait comme un acteur (et un ecrivain) talentueux ? CHRISTOPHE BOURSEILLER
roxane grimard | 21 janvier 2007 |
bonjour je fais un dossier sur les situationnistes dans l’histoire de l’art, si vous avez des documents interressant sur leurs histoire que je ne pourrais pas trouver sur le net ou autre je serais ravie de les recevoir sur mon addresse e-mail : smirnofette@hotmail.com. Merci beaucoup d’avance. Roxane. CHRISTOPHE BOURSEILLER
Delcuse | 5 août 2006 | http://destroublesdecetemps.free.fr
Décidemment, Debord fait plus parler de lui à travers des membres éminents de la société du spectacle (qu’est donc un acteur, sinon ?), que par ceux que les circonstances amènent à la révolte, tel que le montrèrent les émeutiers lors des manifs antiCPE, comme ceux des banlieux, pourtant autrement plus prèt de la réalité que ne saura jamais l’être un acteur de cinéma comme Bourseiller. Celà dit, ne pensez-vous pas qu’il est temps de laisser tomber Debord et les situationnistes, qui n’apportent plus rien aux débats qui nous préoccupent, ceux qui consernent notre propre misérable existence ; d’abandonner la grille d’interprétation marxiènne de l’Histoire, cet absolutisme inutile, pour retrouver la dimension poétique de la révolte ? Il me semble qu’il y a plus de richesse dans quelques lignes de Lautréamont que dans tout Debord. Il manque à Marx la poésie dont s’est emparé Nietzsche, par exemple. La révolte est poésie. Que devrait-elle être d’autre ? (ps : j’ai tenté une définition de l’apport poétique qui est publiée dans le e-torpedo, pour ceux que cette question interresse) http://www.e-torpedo.net/rubrique.php3 ?id_rubrique=2&titre=-on-aime- CHRISTOPHE BOURSEILLER
Ben | 28 avril 2006 |
Bourseiller n’est qu’un détrousseur de cadavres, comme le requin Sollers, l’imbécile Ciret, et tant d’autres qui se réclament des situationnistes jusqu’à l’indécence. La littérature les concernant est maintenant devenue tellement abondante, les gloses recouvrant presque complètement les écrits originaux, qu’on en oublierait presque qu’ils n’écrivaient pas, eux, pour pérorer et parler dans le vide comme cette industrie de la parlotte qu’est le monde médiatique dans son ensemble mais bien pour tenter d’agir sur le monde et le changer. C’est quelque chose qui échappera toujours à un type sans talent comme Bourseiller qui n’écrit des livres que pour finir d’embaumer au plus vite ce qui risquerait d’échapper au culte mortifère de cette société. Ah, oui, au fait, détruisons les musées, tous les musées. CHRISTOPHE BOURSEILLER
alapopie | 17 mars 2006 |
Pour moi Christophe Bourseiller demeurera toujours l’inénarrable interprète de cette phrase (nominale) inoubliable : « Ma mob héééé » !dans « Les sous-doués ». L’espèce de tocard à qui l’on piquait son 103 et qui se le faisait refiler maquillé contre une somme rondelette par « Bebel » et ses amis. > CHRISTOPHE BOURSEILLER
Loraine | 4 janvier 2006 |
J’ai trouvé l’exposition « Après la fin de l’art (1945-2003) » de Yan Ciret sur les situationnistes mieux que celle sur les dadaïstes à Beaubourg, et son catalogue « Figures de la négation/Avant-gardes du dépassement de l’art » un excellent outil, très riche pour une étudiante en art plastique. Sans que se perde la radicalité politique, à mon avis. Il y a aussi ses articles sur le même sujet dans « art press », « Positif » ou le « Magazine Littéraire ». Je crois que vous êtes injuste aussi avec Christophe Bourseiller. Je fais en ce moment un mémoire sur l’art et les situationnistes et leurs travaux me servent bien. > CHRISTOPHE BOURSEILLER
un banlieusard | 28 décembre 2005 |
Dans l’genre embaumeur de corps ad nauseum, le Yan Ciret n’est pas mal non plus. > CHRISTOPHE BOURSEILLER
nagual | 27 décembre 2005 |
Je vous trouve un peu dur avec Bourseiller . Il n’a jamais prédit la mort de la lutte des classes, comme Courtois . En plus, j’aime bien sa revue Archives et documents situationnistes . Vous avez lu ce texte ? http://www.angelfire.com/home/bourseiller/lib.html Apparemment, il a du faire face à une sacrée intolérance . > CHRISTOPHE BOURSEILLER
christophe Bourseiller | 26 décembre 2005 |
Tres beau . J’aime beaucoup . Christophe Bourseiller
 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |