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CQFD N°029



LES BRÈVES DU N°29

Mis à jour le :16 décembre 2005. .


Concurrence

Le 7 décembre, 300 ouvriers de l’usine belge Techspace Aero à Milmort dressent un piquet de grève et attendent de pied ferme les cadres. À 8 heures, lorsque les cols-blancs tentent d’entrer dans la boîte, la première ligne de grévistes leur balance des pétards. Début de retraite. Alors la deuxième ligne s’avance et leur expédie des œufs d’oie remplis de mayonnaise et de ketchup. Débandade générale. Le directeur rassemble à bonne distance de l’usine la centaine de cadres défaits et multicolores, les passe en revue et déclare solennellement : « Ceci est illégal », avant que la troupe ne disparaisse. Comme quoi, passer ses journées à construire des moteurs d’avions peut donner quelques idées simples et accessibles à tous !


Routine

Paris, à deux pas de la gare Saint-Lazare, un soir de novembre. Un jeune homme marche à grandes enjambées. Il tient contre lui son sac dont la lanière vient de lâcher. Une voiture freine brutalement. Deux flics s’éjectent du véhicule, bondissent sur le passant et le bloquent contre le mur. « Tu l’as volé où ce sac, petit enculé ? » « C’est mon sac ! » « C’est ça, bâtard ! Vas-y, dis-nous ce qu’il y a dedans ! » « Il y a mes raquettes de ping-pong et des livres. » « Tu as intérêt à dire la vérité ! Faut pas nous prendre pour des cons ! » Le jeune ouvre son sac et sort les raquettes. Les flics : « Et qu’est-ce que tu fous là ? », « Je rentre chez moi, je suis étudiant. » Les défenseurs de l’ordre se replient dans leur voiture et démarrent en trombe. Au bout d’une dizaine de mètres, brutale marche arrière. Revenus à la hauteur du passant : « Et puis rase ta barbe, ça fait islamiste ! »


Croissance

Bienvenus au club ! En un an, l’amicale des Rmistes a enregistré 67 000 nouvelles adhésions, soit une hausse de 5,2 %, ce qui porte le total à 1,244 million. Merci à l’Unedic, à l’ANPE et à leurs radiations de chômeurs, sans lesquels cette performance n’aurait pas été possible. Il n’y a plus qu’à radier aussi les Rmistes et le tour est joué.


Volem rien foutre

« Comment avez-vous incité les pauvres à quitter les villes pour aller habiter en banlieue ? » À cette bonne question, posée après les émeutes par un faux journaliste des « Yes Men » (collectif spécialisé dans les alter-canulars), le repris de justice et député-maire sarkozyste de Levallois, Patrick Balkany, a répondu ceci : « Ce que vous appelez les pauvres, je suis désolé de vous le dire, c’est des gens qui gagnent un peu moins d’argent. Mais comme ils gagnent moins d’argent, ils ont les mêmes logements que les autres, sauf que eux les payent moins cher. Et ils vivent très bien. Nous n’avons pas de misère en France, il n’y a pas ce que vous appelez les pauvres. [Ou alors si, mais] ce sont des gens relativement rares qui ont décidé une bonne fois pour toutes qu’ils étaient en marge de la société, qu’ils ne voulaient pas travailler ou qu’ils avaient été rejetés par la société. » Refusée par Canal +, la séquence n’est disponible que sur le web. Dommage, elle ferait un bon lancement pour la campagne présidentielle de l’UMP.


Axe du bien

Depuis que Bush et Halliburton ont démocratisé l’Irak, la presse irakienne est une presse libre. Tellement libre qu’elle n’a plus besoin de chanter les louanges de l’occupant : l’occupant s’en occupe lui-même. Selon le Los Angeles Times (30/11), l’armée américaine paie secrètement des journaux irakiens pour qu’ils publient des articles flatteurs sur Bush, rédigés par des militaires et traduits en arabe par une entreprise privée du secteur de la défense, le groupe Lincoln, basé à Washington. C’est aussi ça, la démocratie : réduire le temps de travail des journalistes.


Fait divers

Le 16 novembre, un type bourré de médocs et armé d’un flingue fait irruption dans le cabinet du docteur Georges Federmann à Strasbourg et ouvre le feu sur lui et sa compagne, Véronique Dutriez, blessant grièvement le premier et tuant la seconde. À CQFD, on connait bien Federmann : un costaud à la voix douce qui se bat inlassablement pour les pauvres, les Roms, les sans-papiers et tous les mal-lotis du système de soins, dont fait partie le fou qui lui a tiré dessus. Véronique, elle, était la responsable locale du MRAP. Ensemble, ils formaient un de ces couples qui tirent la vie vers le haut. Surtout celle des autres. Nos pensées pour eux deux.

Publié dans CQFD n°29, décembre 2005.






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