Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°029
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°029



LA BONNE CONSEILLÈRE DU CHÔMEUR

Mis à jour le :16 décembre 2005. Auteur : Grite Lammane.


Après un mois d’attente, hier, je n’avais toujours pas reçu de réponse de l’Assedic à ma demande d’ouverture de droits. Je me suis donc rendue à l’antenne dont je « dépends » pour faire débloquer mon dossier. Comme la « conseillère » me sortait l’habituelle rengaine : « Ah, mais je ne peux rien faire, moi, c’est le traitement informatique », je lui ai assuré que je ne bougerais pas de son bureau tant que le problème ne serait pas résolu. Et elle de me répondre : « À partir de janvier, ce genre de choses ne sera plus possible. Tout se fera par courrier et par téléphone. Sauf en cas de convocation. Ça, je ne m’en plains pas : les gens arrivent de plus en plus énervés… Au moins, on n’aura plus à gérer ça. » (N’empêche que je suis sortie de son bureau avec l’assurance que mon indemnité serait versée dès le lendemain.) Si l’Anpe fait preuve d’une ruse assez grossière quand elle diminue les chiffres du chômage en nous radiant de ses listes sous n’importe quel prétexte, l’Unedic, quant à elle, a trouvé un système tout simplement génial : nous faire disparaître de sa vue. Ce qui lui permet ensuite d’organiser notre misère paisiblement. D’ailleurs, la principale conseillère de l’Unedic, la chef du Medef Laurence Parisot, n’a certainement jamais vu un chômeur en vrai. Au cours des négociations avant la mise en place en janvier de notre nouveau régime d’indemnisation, elle affirmait qu’il fallait « dédramatiser » la situation, car il ne serait « raisonnable pour personne » d’augmenter les cotisations patronales. En revanche, « il y a sûrement des économies à faire sur la gestion du système. » (AFP, 08/12/2005) C’est-à-dire qu’à moins d’une mobilisation monstre des principaux intéressés, la réforme de l’Unedic qui sera mise en place en janvier restreindra encore nos droits, augmentant proportionnellement notre lassitude et notre rage. Et c’est sûr qu’il ne fera pas bon être « conseillère » en face de nous à ce moment-là.

Publié dans CQFD n°29, décembre 2005.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |