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CQFD N°029


LES VIEUX DOSSIERS D’ANATOLE

GUERRE À LA BEUH

Mis à jour le :15 décembre 2005. Auteur : Anatole Istria.


Le chanvre, ou cannabis, est bien connu comme une des plus anciennes plantes domestiquées (8000 ans), et utilisé en médecine chinoise depuis 5 000 ans. L’agriculture a permis sa transformation comme textile, cordage, toile, papier (la bible de Gutenberg de 1450), huile, etc. Mais c’est pour son effet psychotrope qu’on pourchassera, enfermera, interdira. Vous étonnerez-vous, amis lecteurs, si le processus de cette chasse à l’herbe s’est développé dans l’Amérique puritaine, raciste et capitaliste des années 20-30. Les journaux du magnat William Hearst ouvrent le bal dès 1916 stigmatisant « l’insolence vicieuse des nègres et des travailleurs immigrés mexicains sous l’influence de la marijuana ». Hearst a un compte à régler avec Pancho Villa qui l’a dépossédé de 400 000 hectares de forêt durant la révolution mexicaine.

Selon la presse à scandale du citizen Hearst, la beuh conduit les « ennemis de l’intérieur » à narguer leurs maîtres, à paresser, à dévoyer la jeunesse fragile, à assassiner ou à prôner le pacifisme, à violer les femmes blanches, ou pire à les faire se trémousser sur des rythmes frénétiques. Les mêmes arguments sans fondement scientifique (à l’exception du dernier que j’ai pu constater de visu) seront rabâchés par le bureau de lutte contre les narcotiques, à la tête duquel va sévir de 1930 à 1962 le dénommé Harry J. Anslinger. Une propagande incessante va conduire à la loi de prohibition de 1937. Au-delà de ces campagnes spectaculaires et policières destinées à terrifier l’opinion, l’enjeu d’une telle interdiction est d’assimiler le cannabis « stupéfiant » au chanvre agricole. Et là se tapit dans l’ombre la collusion d’intérêts industriels, médiatiques et politiques qui ne mégotent pas sur les moyens pour fumer leurs concurrents.

Alors que le chanvre était un végétal assez difficile à transformer, voilà qu’en 1933 sont déposés des brevets pour des moissonneuses-décortiqueuses-défibreuses qui vont augmenter considérablement la productivité de la plante dans le domaine textile. Parallèlement, l’utilisation de sa pulpe pour fabriquer du papier et du bioplastique ouvrent des débouchés industriels inédits. Mais c’était sans compter sur l’empire Hearst, détenteur de la presse et de compagnies de bois et de papier et du groupe pétrochimique DuPont de Nemours. Ce dernier truste l’industrie des fibres synthétiques, comme le nylon qui permet un meilleur maintien pour les bas des femmes blanches citées plus haut lors de leurs danses endiablées. Le chanvre artisanal à qui l’on promettait une extension industrielle exponentielle se heurte à ces gros lobbys omnipotents. La taxe prohibitive (Marijuana Tax) achève de mettre les petits producteurs sur la paille. Ajoutez à cela (vous allez halluciner !) que le secrétaire du Trésor de l’époque, le banquier Andrew Mellon, n’est autre qu’un des principaux financiers de DuPont de Nemours et l’oncle par alliance d’Anslinger ; la marijane était cuite. Selon l’historien militant Jack Herer, « si le chanvre n’avait pas été mis hors-la-loi, 80 % des affaires de DuPont de Nemours n’auraient jamais vu le jour. » (L’Empereur est nu, 1985). En 1942, la culture du chanvre est relancée en fanfare pour participer à l’effort de guerre. Puis, Anslinger reprend sa croisade obsessionnelle jusqu’à inciter les Nations unies à s’aligner sur les USA en 1962. Les applications médicales et agricoles de la plante sont frappées d’ostracisme et marginalisées pour des décennies.

Ce qui laisse rêveur quand on songe à ce que le choix productif du cannabis aurait pu faire économiser à la planète en termes de pollution industrielle, de déforestation, de répression et d’hypocrisie. Mais là, nous planons en pleine science-fiction.

Article publié dans le n° 29 de CQFD, décembre 2005.






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LA BEUH ! La solution ?
corbeaux13 | 15 décembre 2009 |

Et pourtant tout est vrai dans cet article. Vérifiez donc, c’est portant simple, ce n’est pas si lointain de 36 à aujourd’hui. Je voudrai ajouter qu’en plus des dégâts énorme que ces industriels ont provoques pour mieux vendre leurs plastiques, nylons, cotons, papiers a base de bois, produits pharmaceutique chimique (anti-depresseurs, anti-stress,anti-douleur,etc), armements,energie et j’en passe et tout cela à l’échelle de la planète.On parle pas d’un petit business de fleur.On parle de beaucoup d’argent. Je disais donc, en plus de ces dégâts, veuillez ajouter le cout de la répression et de la désinformation soutenue sur le temps (1936-2010) et le nombre de pays. Rien qu’avec cet argent on aurais pus refaire le monde. Des hôpitaux et écoles gratuite pour tous, les chiffres sont a pleurer. Et tout ça sur le dos des impôts ! Pour protéger leurs intérêts économique et non pas pour une histoire de santé publique. Tout ça pour dire, si on veut commencer a changer le monde, commençons tout simplement par supprimer l’interdiction mondiale de recherche médicale et industrielle autour du cannabis. Si cette plante a des vertus laissons libre accès au consommateurs qui déciderons tout seul s il préfère le tissu en chanvre ou en coton, un joint qu’un somnifère ou 2 gins !

Je ne mentionne pas l’aspect corruption, système D et argents sales ou encore les dégâts provoqués par les années de répression au trafic. Combien de moins de 20 ans ont finis en prison dans le monde entre 1940 et aujourd’hui a votre avis ? Combien de famille brisées ?

Alors oui, a l’aube d’un monde en ruine, pourquoi ne pas essayer simplement de légaliser le cannabis et le chanvre au niveau thérapeutique et recherche scientifique. Voir si on pourrait faire un peu plus naturelle avec ce produit bio et renouvelable après tant d’année démontré du profit, du mensonge et de la destruction.

A quand les produits 100% recyclable 100 % fumable ??

GUERRE À LA BEUH
didimuslim | 14 juin 2009 |
DiDier Réac ! GUERRE À LA BEUH
Amazic | 3 avril 2007 |
Tout à fait d’accord avec toi didier, quand on sait comment dans les colonies, dans les quartiers populaires, la « facilité » (organisée par les états) avec laquelle se sont déversées des tonnes de drogues, surtout l’alcool et le shit, eh bien c’est un vrai instrument de désamorçage des rebellions possibles, bon… d’accord, même la religion en est une, mais voilà ! en fait, ils me dégoûtent tous ces bobos qui se la jouent canailles avec un joint au bec, alors qu’ils bossent pour des banques, des assurances, des médias dominants, des associations soumises au politique, etc… moi je viens de la cité félix pyat, y avait des dealers en bas des immeubles tout le temps et pourtant j’ai jamais vu ça comme quelque chose de normal, même au contraire, éducation musulmane aidant ! GUERRE À LA BEUH
| 26 février 2007 |

La thèse reprise est la these de Jack Herrer. Merci de citer vos sources, si vous lisez de bons bouquins vos lecteurs ont le droit de savoir

=⇒ http://www.jackherer.com/chapters.html

GUERRE À LA BEUH
boubouse | 16 février 2007 |
le beuh c’est beuhooooooon ! GUERRE À LA BEUH
Baudelaire | 30 novembre 2006 | bourgeoisie, sens des affaires, beuh et liberté
oh là, non mais tu mélanges royalement les données. Ton problème n’est pas d’ordre éthique mais social. Tu as toute une dent envers les bourgeois ! La liberté c’est l’argent, du moins bien vivre. Ce n’est pas du fait que je décide un jour de fumer une touche. Donc si je comprends bien, je ne suis pas libre lorsque le vendredi soir, j’en fume un mais je suis libre tous les autres jours de la semaine ? Pour en vouloir à la bourgeoisie, aux gens qui ont l’intelligence des affaires et qui savent réussir dans la vie, tu dois être un pauvre communiste sans ressource. GUERRE À LA BEUH
| 19 septembre 2006 |
arrêtez de dire du mal du cannabis l’alcool c’est bien pire ! GUERRE À LA BEUH
didier | 28 août 2006 |
je n’aime pas ce romantisme petit bourgeois autour de la consommation de stupéfiants. La drogue douce n’existe pas… seul la drogue existe. Fumer de la beuh n’est pas un acte révolutionnaire, ce n’est pas un acte de resistance non plus. C’est juste un acte de soumission. La liberté existe-t’elle quand le cerveau est abruti par des psychotropes ? La liberté existe-t’elle quand le corps est sous dependance (et oui, même pour la beuh, il y a dépendance…) ? Au contraire, je crois que la beuh est l’instrument du pouvoir pour calmer et assujetir, contrôler, au même titre que l’alcool… Il n’y a rien de romantique ici. Il faut être particulièrement optu pour ne pas voir ses effets desocialisants. C’est vrai qu’il est plus facile de ne pas se désocialiser quand on est petit bourgeois ou enfants de petits bourgeois… beaucoup plus dur quand on est dans des milieux moins privilégiés. C’est vrai que c’est pas tendance de dire que c’est pas beau la drogue… m’en fout… j’assume. Quitte à me faire traiter de réac… (un comble pour moi… mais tant pis). Tu as une lecture très orientée de l’histoire du cannabis. Tu lui fais dire ce que tu veux qu’elle dise… je trouve ce procédé malsain. Quand tu écrits, tu as une responsabilité… surtout quand cela touche des domaines tels que celui-ci. Non la drogue n’est pas révolutionnaire. Non un drogué n’est pas un resistant au joug du pouvoir… c’est quelqu’un qui a besoin d’une substance externe pour affronter le quotidien. Et ne crois pas que je ne sais pas de quoi je parle… J’ai vu mes amis tomber les uns après les autres autour de moi. Il y a ceux qui ont stoppé leurs études, il a ceux que les drogues « douces » ont entrainé vers des maladies mentales… et ceux qui sont passé à d’autres substances… Il faut être issu d’un milieu privilégié pour s’en sortir, un milieu tel que le tien ?
 

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