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CQFD N°029


À L’ARRACH’

L’ASCENSEUR SOCIAL EST DANS LA CASERNE

Mis à jour le :15 janvier 2006. Auteur : Georges Broussaille.


L’emploi étant assimilé aujourd’hui à un champ de bataille, quoi de plus logique que d’appeler l’armée à la rescousse. Profitant de la dernière torpeur estivale, Galouzeau de Villepin, Alliot-Marie et Borloo avait établi un plan « Défense deuxième chance » destiné aux jeunes en difficulté de 18 à 21 ans. Créés par ordonnance le 2 août, les Établissements publics d’insertion de la défense leur proposent dès aujourd’hui des formations de six mois à deux ans « en fonction des besoins du marché » dans des secteurs comme la sécurité, le bâtiment ou le transport. Encadrés par des militaires à la retraite et des enseignants détachés de l’Éducation nationale, les volontaires sont censés suivre une remise à niveau, mais ils doivent surtout subir un apprentissage du respect de l’autorité. L’uniforme est obligatoire et le règlement intérieur alterne sanctions et récompenses, car rien de tel que la corvée de chiottes et la médaille en chocolat pour transformer un jeune sauvageon en salarié docile. Nourri et logé, le jeune volontaire doit se contenter de 300 euros par mois, manière de lui inculquer la modération salariale. Le premier lycée-caserne a été inauguré le 30 septembre à Montry, en Seine-et-Marne. À plein régime, le dispositif accueillera vingt mille jeunes dans une cinquantaine de sites, dont des casernes et des bases militaires désaffectées. Il en coûtera 480 millions d’euros par an, mais l’armée n’en paiera pas un centime, le financement étant assuré par le plan de « cohésion sociale », eh oui. Entre la caserne et la prison, en passant par l’usine à 14 ans,l’avenir des jeunes de banlieue n’est pas à la rigolade.

Article publié dans le n° 29 de CQFD, décembre 2005.






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