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CQFD N°029



COMPLOT RELIGIEUX À VALDEGOUR

Mis à jour le :15 décembre 2005. Auteur : Gérald Martin.


Histoire de confirmer la thèse du complot ourdi par les barbus dans les banlieues, abondamment déversée à l’occasion des « émeutes », des jeunes de la cité de Valdegour, à Nîmes, se sont rendus coupables d’un acte abominable : avoir jeté des oeufs sur un imam. C’était le 6 novembre.

Une semaine plus tard, dimanche 13 novembre, des tapis arrosés d’essence prennent feu dans les locaux de la mosquée de Valdegour, en présence d’une quarantaine de personnes. Visiblement, les auteurs de cette tentative connaissaient bien les lieux. Il faut dire que les religieux musulmans, déjà pas toujours bien vus de leurs ouailles supposées, s’étaient assez largement discrédités lors de l’affaire Mourad. Après la mort de ce jeune du quartier, abattu par des gendarmes (lire AFFAIRE MOURAD : PRISON POUR LES SURVIVANTS), ils avaient recommandé la prière plutôt que l’action, comme souvent dans les cités pour ce type d’événement. Ne rien faire, ne pas manifester, se réfugier dans la foi. Une injonction d’autant plus mal reçue que ses pieux auteurs se posaient en intermédiaires auprès de la préfecture.

Ce même dimanche, c’est au tour d’une église de Valdegour de connaître un début d’incendie : un matelas brûle devant la porte d’entrée. Les dégâts seront minimes. Avec le soutien du préfet et du procureur général, les dirigeants des communautés religieuses décident alors de se rencontrer le 18 novembre au centre-ville pour dénoncer les violences dans un émouvant syncrétisme. Des politiques sont là, de l’UMP jusqu’au PCF. En ne faisant aucune allusion ni à Sarkozy, ni à l’état d’urgence, ni aux nouvelles dispositions sécuritaires, ils lisent un appel au calme rédigé en commun affirmant que « s’attaquer aux lieux de cultes, quels qu’ils soient, est contraire aux bases mêmes du monothéisme  » (ce qui équivaut à « s’attaquer à un supermarché est contraire au culte de la consommation ») et qui se termine ainsi : « Nous rappelons que la prière et nos textes fondateurs sont des moyens puissants pour atteindre ce noble but qu’est la fraternité. » Comme quoi, les comploteurs sont bel et bien à l’oeuvre !

Article publié dans le supplément « État d’urgence : 8 pages contre » du CQFD n° 29, décembre 2005.






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