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CQFD N°029



LE PROCUREUR ET LES « MELONS »

Mis à jour le :15 décembre 2005. Auteur : Gérald Martin.


L’abattage judiciaire qui a suivi la révolte des banlieues n’a fait que pousser un peu plus loin le curseur ordinaire de la justice de tous les jours, vieille dame patronnesse souvent hautaine, prêchi-prêcha, raciste et gâteuse. À Nîmes comme ailleurs, les exemples ne manquent pas. En voici un. Le 4 mars 2005, trois gitans comparaissent pour vol au TGI de Nîmes. Le procureur, Laurent Boyer, félicite les prévenus d’avoir avoué leur faute et précise : « C’est assez rare chez les gitans. » Puis il ajoute : « Un gitan qui a avalé l’agneau et dont on voit encore la queue sortir de la bouche vous soutiendra encore qu’il ne l’a pas mangé. » Stupéfaction dans l’assistance. Inébranlable, le proc exige le silence sinon il fait « évacuer la salle »… Autre dossier : une affaire de travailleurs maghrébins, illégalement employés dans une exploitation agricole spécialisée dans la production de melons. Ça ne rate pas : en pleine audience, le procureur Boyer s’amuse à faire des jeux de mots sur les « melons ». On se croirait à un banquet d’anciens parachutistes. Devant les réactions de la salle, le proc s’excuse rapidement pour ajouter aussitôt : « La plaisanterie a été faite avant moi. »

Dossier suivant : un jeune Marocain qui s’était vu refuser le regroupement familial a piqué une grosse colère dans les locaux de la préfecture et cassé la vitre du guichet des étrangers. Le proc, toujours impayable : « Si vous n’êtes pas satisfait de l’administration française, vous n’avez qu’à envisager le regroupement familial dans l’autre sens ! » Comme disait l’autre : la France, tu l’aimes ou tu la quittes. Alors que ces dernières semaines, l’agressivité des « jeunes des banlieues » était au centre de toutes les indignations, les insultes racistes du procureur Boyer en direction de personnes qu’il domine de sa toge ne font aucun scandale. Il y va de la bonne marche de la justice, ce temple du droit et de la dignité.

Article publié dans le supplément « État d’urgence : 8 pages contre » du CQFD n° 29, décembre 2005.






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