Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°009
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°009



Loi Perben II : même les tape-durs ont peur

Mis à jour le :15 février 2004. Auteur : Marie Nennès.


Pour une fois, les syndicats d’avocats et de magistrats, même les plus favorables à la répression, sont unanimes : la loi Perben II fout la trouille. Comme fout la trouille le silence somnolent de la plupart des élus de gauche à ce sujet. Certes, ils ont voté contre le texte lors de son adoption définitive à l’Assemblée Nationale le 11 février, mais ils ont attendu que l’affaire soit déjà pliée pour se retourner sous leur couette. L’ordre sécuritaire est tellement vissé dans les crânes que « l’opposition » semble avoir honte de le contester. Quand elle ne l’approuve pas carrément. Après tout, comme s’en est flatté le socialiste Julien Dray, la politique sarkozienne n’est-elle pas « dans la continuité de ce qui avait été fait » sous Jospin ? Si « continuité » il y a, elle reçoit pourtant un sérieux coup de cravache avec la loi Perben II, « la plus inquiétante jamais votée dans le domaine judiciaire depuis très longtemps ». [1]

Ce texte recèle en effet tous les outils nécessaires à la mise en place d’un Etat policier : pouvoir renforcé de la police et du parquet au détriment des juges indépendants, allongement de la durée de garde à vue, installation de micros et de caméras autorisée dans des domiciles privés sans contrôle d’un juge d’instruction, fichage des délinquants sexuels, y compris des simples mis en examen et les mineurs à partir de dix ans… Conçues prétendument pour lutter contre les réseaux mafieux et le crime organisé, la loi et ses modalités d’application sont suffisamment floues pour autoriser tous les dérapages. Ainsi, deux personnes constituent déjà à elles seules une « bande organisée »… Pour peu qu’elles se retrouvent dans une cage d’escalier, leur compte est bon ! Les délinquants en col blanc, eux, s’en sortent beaucoup mieux, la nouvelle procédure du « plaider coupable » leur évitant la honte d’un procès public pour une peine minime. Allez, avant que la France se transforme en un Guantánamo géant version républicaine, taggons sur les murs de l’Assemblée : Bédier, Juppé, bande organisée ! Perben au placard, Sarko au mitard !

Marie Nennès

Publié dans CQFD n°9, février 2004.


[1] Hervé Témime, de l’association des avocats pénalistes, Télérama (04/02/04)





>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |