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CQFD N°029


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

CHAUD DEVANT !

Mis à jour le :15 janvier 2006. Auteur : Arthur.


C‘EST BIEN BEAU DE DÉNONCER nos racailles qui calcinent les bagnoles mais est-il bien raisonnable d’oublier, parmi leurs méfaits, qu’elles augmentent le CO2 responsable de l’effet de serre ? Si encore elles se chauffaient devant les carcasses en feu, mais que dalle ! Elles se carapatent vite fait et c’est les CRS qui profitent des braseros ! Sarko, tu tiens là un argument de plus pour les expulser. On dit quoi ? On dit merci Arthur ! Mais, une fois président, n’oublie pas mes petits souliers. Des valises de biffetons en Suisse suffiront. Au moment où la conférence sur le climat mobilise les amateurs de petits fours à Montréal, les scientifiques viennent de lancer un énième cri d’alarme, quarante ans après la défunte Gueule Ouverte et les chroniques de Reiser sur l’énergie solaire. Et que disent nos Nimbus ? Que « les températures accrues vont probablement augmenter la fréquence et la gravité des événements météorologiques comme les vagues de chaleur et les grosses chutes de pluies », sans oublier les cyclones, typhons et autres tsunamis.

Alors que faire ? Rien de raisonnable, évidemment. Bush n’a pas signé le ridicule protocole de Kyoto qui veut réduire de quelques pour cent les émissions de gaz à effet de serre alors qu’il faudrait arriver à 100 % pour que Marseille ne se transforme pas en Alicante (cactus et sable fin) au milieu du siècle et que la Bretagne ne remplace pas ses chênes par des oliviers. Blair, le caniche de Bush, jappe dans le même sens. Or Bush et Blair sont les maîtres d’un monde capitaliste dont la finalité (le développement infini des forces productives) est la destruction de la planète (avec le renfort bienveillant - merci Mao ! - de la Chine et le voeu des restes du monde à polluer autant que les riches pays de l’hémisphère Nord). Pour rendre le monde vivable, les solutions technologiques évoquées à Montréal seront impuissantes, vu qu’elles ne visent qu’à la conservation des profits. Les auteurs de ces solutions palliatives - labos et chercheurs - sont eux-mêmes, dans la plupart des cas, salariés des multinationales. Exemple : Total et EDF se lancent dans les énergies alternatives après avoir fait leur beurre avec les marées noires et le nucléaire (avec ses milliards d’euros de profits, Total n’a toujours pas remboursé les victimes de ses marées noires sur la côte atlantique). Les braconniers repentis étant les meilleurs gardes-chasse, on voit des pollueurs patentés se payer une bonne conscience écolo à l’image de Peugeot, qui reboise quelques hectares au Brésil dans le Mato Grosso. Et de s’en vanter : j’arrête la déforestation ! Merci bwana ! Et pour l’épidémie de bronchiolites enfantines à cause des particules diesel crachées par ses bagnoles, on dit quoi ?

Mieux : les États pollueurs achètent aux pays non développés des « droits à polluer » pour ne pas respecter les quotas d’émission. C’est dire s’ils ont pigé l’urgence du problème. C’est un peu comme si le grossium en Mercedes payait le type à vélo pour pouvoir s’affranchir des règles et foncer à 300 à l’heure sur l’autoroute. Sauf à promouvoir des solutions radicales (comme la guillotine pour tous les patrons du CAC 40), nous allons donc vers la cata. Un type l’avait prévu en 1971, Guy Debord, dans un article titré « La planète malade », aujourd’hui édité par Gallimard. Voilà sa chute : « “La révolution ou la mort”, ce slogan n’est plus l’expression lyrique de la conscience révoltée, c’est le dernier mot de la pensée scientifique de notre siècle. Ceci s’applique aux périls de l’espèce comme à l’impossibilité d’adhésion pour les individus. Dans cette société où le suicide progresse comme on sait, les spécialistes ont dû reconnaître, avec un certain dépit, qu’il était retombé à presque rien en France en mai 1968. Ce printemps obtint aussi, sans précisément y monter à l’assaut, un beau ciel parce que quelques voitures avaient brûlé et que toutes les autres manquaient d’essence pour polluer. Quand il pleut, quand il y a de faux nuages sur Paris, n’oubliez jamais que c’est la faute au gouvernement. La production industrielle aliénée fait la pluie. La révolution fait le beau temps. » On ne saurait mieux dire.

Article publié dans le n° 29 de CQFD, décembre 2005.






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