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CQFD N°030


À LA RAME

LES MYSTÈRES DE L’UNEDIC

Mis à jour le :15 janvier 2006. Auteur : Grite Lammane.


Ce qui est bizarre, avec l’assurance-chômage, c’est que l’État délègue à une association privée la gestion de l’intérêt général. Cette étrangeté sied parfaitement au Medef, qui appelle de ses voeux une séparation totale des « partenaires » sociaux et de l’État pour une « refondation sociale » qui laisserait à l’État le soin de s’occuper de ce qui reste de solidarité envers les pauvres via la redistribution d’un impôt toujours plus bas. L’indemnisation du chômage deviendrait quant à elle un système assuranciel privé ouvert à la concurrence, dans lequel la participation financière des entreprises serait la plus réduite possible. Bon, on n’y est pas encore tout à fait. N’empêche, la logique qui régit l’Unedic semble des plus saugrenues. Pour une négociation et une gestion « paritaires » de l’assurance-chômage, il faut à l’heure actuelle 50 % de représentants du patronat, 50 % de syndicats de salariés et 0 % de représentants des chômeurs. Les employeurs, pourtant minoritaires, ont donc autant de pouvoir que les salariés, tandis que les principaux intéressés comptent pour du beurre. Le système est providentiel pour le Medef, les cinq syndicats représentés ne faisant jamais front commun contre lui. En effet, la CFDT est prête à toute courbette « réformiste » pour conserver la co-gestion de l’Unedic, la CFTC affiche une « morale sociale chrétienne » de mauvais augure et la CFE-CGC représente les cadres, premiers alliés des employeurs au sein des entreprises. Restent la CGT et FO qui représentent une majorité de salariés, mais leur relation tendue au Medef leur interdit toute participation à la gestion de l’assurance-chômage en vertu d’un principe encore plus inexplicable que les autres : seules les organisations qui signent les accords ont droit au chapitre. Autant de mystères qui rendent les voies de l’Unedic vraiment impénétrables.

Article publié dans le n° 30 de CQFD, janvier 2006.






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