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CQFD N°030


BAVURE SOUS PLI URGENT

DOUBLE PEINE POUR LE FACTEUR

Mis à jour le :15 janvier 2006. Auteur : François Maliet.


« Klaxonne pas, c’est interdit ! Gare-toi ! », ont aboyé les deux jeunes flics. Faut dire que Nadjib Azaz charriait un peu : klaxonner à Marseille ! De la provocation caractérisée. « Tu sors pas de la voiture ! », « Tu te crois tout permis ? », « Tu vas venir au commissariat », ont égrainé les énervés en uniforme. En CDI à La Poste, Nadjib était en service : « Je ne suis pas un voleur, je travaille, je ne vais pas au commissariat », a plaidé l’infortuné facteur. Un des bleus a alors tenté de le sortir de la voiture jaune. Et son collègue lui a prêté main-forte, collant quelques mandales au dangereux préposé, éclaboussant le tableau de bord de raisiné. Au final et en tenue, Nadjib sera traîné au commissariat de l’Évêché, puis aux Baumettes, et enfin en comparution immédiate où le procès sera repoussé au 10 octobre. Les flics bénéficieront d’un et quatre jours d’incapacité temporaire de travail (ITT). Nadjib en prendra pour trois semaines. Et à l’audience, où il devait répondre d’outrage et violences, le juge a relancé de deux mille euros de dommages et intérêts.

L’histoire pourrait s’arrêter là si la direction de la Poste ne s’était pas emmêlée. Depuis le début, Nadjib jouait l’apaisement : il n’avait ni contacté la presse, ni mis en branle les syndicats. Et avait même pris des congés à la demande de ses chefs, en attendant le résultat du procès, l’ITT étant trop courte. Mais voilà, toute condamnation est accompagnée d’une enquête interne, avec conseil de discipline à la clé. Et là, y a plus d’arrangement : Nadjib écopa d’une mise à pied de deux semaines juste avant les fêtes de fin d’année. À vous dégoûter de ne pas faire de vagues. « Il n’a pas été très rudement condamné », atermoie Paule Rochedy, de la direction locale de La Poste, contactée par CQFD. À ceci près qu’un facteur n’a droit qu’à trois mois de mise à pied dans toute sa carrière. Après, c’est la porte. Mais ce n’est pas un problème : Paule Rochedy « ne pense pas qu’il ait prévu de recommencer. » Avec un tel soutien, Nadjib devrait franciser son nom, s’éclaircir la peau et éviter de tomber sur des fonctionnaires de police acariâtres. Consternés et solidaires, certains collègues de Nadjib ont souhaité transférer quelques heures de repos compensateur sur son compte pour l’aider à couvrir sa prune et sa retenue de salaire. Un arrangement possible entre salariés mais qui reste à la discrétion de la direction, qui refusa… On n’est pas aidé, avec La Poste.

Article publié dans le n° 30 de CQFD, janvier 2006.






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