Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°030
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°030



SEUIL DE TOLÉRANCE

Mis à jour le :15 janvier 2006. Auteur : Marius Frehel.


Cyril Khider est en grève de la faim depuis plus d’un mois. Il a perdu douze kilos et vient d’être transféré d’urgence dans l’unité médicale de Bois-d’Arcy. En détention provisoire depuis 2001 pour avoir tenté, à bord d’un hélico, de délivrer son frangin Christophe, condamné à trente ans de cabane pour divers braquos et la mort accidentelle d’un homme. Comme lors de cette tentative d’arrachage, ils ont pris en otage deux matons et en ont blessé un, l’engeance matonne en fait voir des vertes et des pas mûres à Cyril depuis qu’il est en cage. Il a d’ailleurs été accueilli lors de son arrivée à la zonz’ de Nanterre par ce préambule lapidaire : « Ce que tu as fait aux collègues, tu vas le payer amèrement, tôt ou tard on te crèvera… » Et depuis, ça n’a pas arrêté : pour des motifs fallacieux (préparation d’une hypothétique évasion), on le jette au quartier d’isolement, il se fait baluchonner, insulter et provoquer maintes fois par les matons, qui vont jusqu’à l’empêcher de dormir. Et ce n’est pas tout : linge de corps souillé, blocage du courrier, vol d’effets personnels, crachats et autres immondices dans la gamelle, fouille de cellule et fouille au corps chaque matin, parloir souvent supprimé, éloignement familial…

Ce qui devait arriver arriva : Cyril pète les plombs, insulte et menace,ce qui lui vaut une peine intérieure de cinq mois. Lors du jugement, un magistrat lui lance : « Votre seuil de tolérance est peu élevé ! » Par la suite, Cyril décide de retourner à l’isolement. « Pour sauver ma vie. » Il y reste quatre-vingt-quinze jours, dans 4 m2, sans un seul jour dehors, alors que, dans les textes de loi, la période d’isolement ne peut dépasser quarante-cinq jours. Peu de temps après, il refuse une énième fouille au corps (à poil devant les porte-clefs, penché pour exposer son cul et tousser pour voir si quelque chose en sort). Il est alors plaqué au sol par une dizaine de matons et se fait écarter les fesses de force. Il vit cette agression comme un viol. Cyril, convaincu par sa mère, décide en juin dernier de porter plainte contre l’Administration Pénitentiaire pour agression sexuelle et atteinte à la dignité humaine. Plainte qui, comme toujours, reste sans réponse. On rappellera qu’en principe la prison n’est qu’une privation de liberté, et non un lieu où l’arbitraire et la torture blanche sont érigés en système de vengeance corporatiste.

Article publié dans le n° 30 de CQFD, janvier 2006.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |