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CQFD N°009



Nouveau disque, vieilles rengaines

Mis à jour le :15 février 2004. Auteur : Willy Daunizeau.


Décidément, Perben a soit les étagères à mégots obstruées, soit les mirettes en berne. Après avoir qualifié de « grotesque » le rapport 2003 de l’OIP sur les conditions de détention en France, voici que le Garde des Sceaux pique à nouveau la mouche, cette fois contre les conclusions du Comité européen de prévention de la torture. Pour Perben, le rapport accablant du CPT n’est qu’un ramassis « d’approximations, d’erreurs et de propositions inadaptées ». Ce n’est pas très aimable pour l’UFAP, le syndicat majoritaire des matons, qui a confirmé la véracité des faits relatés dans le document. C’est après avoir visité deux maisons d’arrêt et une centrale de haute sécurité que le CPT a rendu un diagnostic vieux comme l’invention du verrou : « En France, les conditions de détention s’apparentent parfois à des traitements inhumains et dégradants. Dans la maison d’arrêt de Loos, près de Lille, il y a 1103 détenus pour 461 places, à Toulon, 348 pour 145 places. Ce qui amène les détenus à se retrouver à trois dans 9 m2 ou, encore mieux, à cinq dans 12 m2. » Du coup, les douches - soumises à accompagnement - sont froidement supprimées. Même chose pour les parloirs, écourtés ou annulés. Lassitude de radoter toujours la même rengaine : taules vétustes, insalubres et surpeuplées. Dans les centrales, l’entassement est moindre, mais la mort lente s’y accompagne du retour des QHS. Dans ce contexte, le souhait frileux de voir s’améliorer même timidement le quotidien carcéral relève d’une bouillante utopie. La France doit répondre aux observations du CPT avant le 20 février. Il se pourrait bien qu’à cette occasion, le ministre arpente « spontanément » les coursives puantes d’un des établissements placés sous sa gouverne. Avec caméras de télé accrochés à ses semelles et grande proclamation de vœux pieux en béton.

Willy Daunizeau

Publié dans CQFD n°9, février 2004.






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