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CQFD N°030



QUAND « LE CANARD » CHANTE AVEC LES POULETS (TEXTE INTÉGRAL)

Mis à jour le :15 janvier 2006. Auteur : Olivier Cyran.


« Non mais tu as vu ? Ils ressortent toutes les affaires bidon dans lesquelles les flics ont cherché à me mouiller ! » Samir croit devenir fou, le 14 décembre dernier, en découvrant la « une » du Canard enchaîné. Dans un article intitulé « La photo matons de Chirac », l’hebdomadaire y déballe le casier judiciaire de Samir - en fait, une macédoine montée en mayonnaise mêlant des condamnations bien réelles à des incriminations fantaisistes. Pour un militant de quartier même rodé à toutes les galères, c’est une drôle de surprise de se trouver cloué au pilori du Canard, journal connu habituellement pour s’attaquer à de plus gros poissons. Explication. Le 13 décembre, Le Parisien publiait une interview de Jacques Chirac, basée sur les questions de cinquante lecteurs jugés « représentatifs » de l’opinion. Sur l’insécurité ou le PMU, le quotidien n’a pas de mal à rassembler un panel. Mais pour illustrer la thématique des quartiers, les journalistes doivent chercher un peu. Par le biais d’un correspondant local en Seine-et-Marne, ils trouvent Samir. Un choix judicieux. Samir est membre de Bouge qui bouge, une association de Dammarie-les-Lys (77) qui se bat contre les violences policières et pour les droits des habitants. En 1997, il avait participé aux émeutes déclenchées par la mort d’Abdelkader Bouziane, un copain de la cité abattu à 16 ans d’une balle policière dans la nuque. S’impliquant alors dans un long combat contre le verrouillage judiciaire (le policier tueur bénéficiera d’un non-lieu), l’émeutier se mue en militant pacifique et délaisse le briquet pour la photocopieuse. « On arrive à organiser les jeunes de notre quartier, on bouge à cent cinquante au tribunal, avec des distributions de tracts politiques, des publications et des prises de parole. C’est le plus insupportable pour le pouvoir. On peut dire de nous qu’on est des voyous, mais depuis la mort de nos frères on ne peut plus nous intimider. On est blindés à vie et on connaît notre force », expliquait-il en novembre 2004 dans CQFD.

Sollicité par Le Parisien, Samir refuse de se rendre à l’Élysée mais accepte de formuler une question qui sera publiée sous son nom et sa photo, non loin de l’insignifiante réponse présidentielle. C’est là que le Canard entre en piste. Car ses informateurs ont un tuyau en or : Samir a fait des bêtises autrefois ! Le Président aux mille casseroles interrogé par un ex-délinquant, voilà une info mordante ! Et puisée à bonne source, puisque émanant du député-maire de Dammarie, l’UMP Jean-Claude Mignon, qui cherche par tous les moyens à mettre des bâtons dans les roues non-subventionnées de Bouge qui bouge. Y compris par la calomnie. En juin 2002, ce précurseur du sarkozysme les avait traités de « petits terroristes de banlieue », propos qui lui ont valu d’être condamné pour diffamation par la Cour d’appel de Paris en décembre dernier.

Mais tout cela indiffère le Canard. Ce qui l’intéresse, c’est d’utiliser Samir pour se payer Chirac : « Entre anciens “délinquants”, on se comprend », ironise l’article. L’ennui, c’est que les délits de Samir tel qu’exhibés par le Canard sont en partie imaginaires. « En 1999, il s’est retrouvé devant un tribunal pour trafic de stup’ », assène par exemple le journal, sans préciser que Samir a été mis hors de cause dans cette affaire, exploitée contre lui par des policiers revanchards. En fait, ce que le Canard trouve malin d’appeler « un casier judiciaire long comme la Seine et la Marne réunies » ressemble comme deux gouttes d’eau à une fiche du STIC, l’énorme fichier de police dans lequel sont stockées toutes les mises en cause, y compris les plus eronnées.

Après la publication de ce scoop bien dans l’air du temps, Samir est allé demander des explications au palmipède. « Ils m’ont répondu qu’ils ne voyaient pas où était le problème, puisque seul mon prénom était cité dans l’article. Mais dans la page du Parisien à laquelle le Canard faisait référence, il y avait bel et bien mon nom de famille et ma photo. Tous ceux qui avaient lu le Parisien ou qui connaissent un peu Dammarie-les-Lys m’ont donc immédiatement identifié. » En balançant Samir à la une, le Canard a-t-il réfléchi aux possibles retombées pour la personne ? A-t-il songé au message implicitement délivré, à savoir qu’un militant qui a commis des actes illicites il y a longtemps n’a pas sa place dans le débat public, qu’il n’a que le droit de « fermer sa gueule » ? Apparemment non. L’hebdo a certes publié un droit de réponse le 28 décembre, mais à ce point coupé et truffé de commentaires à la « persiste-et-signe » qu’il ne fait qu’enfoncer le clou. À croire que le Canard a chopé la grippe aviaire.

Texte intégral d’un article publié dans le n° 30 de CQFD, janvier 2006. Actuellement en kiosques et librairies.






>Réagir<

A Sylvain
| 7 janvier 2007 |
Salut l’artiste, suite à ton post ci-dessous, juste pour te dire qu’il faut arrêter de passer ton temps à lire le journal au boulot, parce qu’on est en 2007 et que le lien vers ton site quand on tape « canard enchainé » sur Google n’est toujours pas là… Et puis c’est pas très pro d’écrire en titre sur ton faux site « site officiel du Canard Enchainé » Il y a une solution…
Miki | 25 novembre 2006 |

Si le prestigeux volatile a déconné avec sa déontologie, ce qui ne peut jamais être exclus, si en plus il n’a voulu faire aucun correctif dans sa rubrique « pan sur le bec », il y a un moyen d’obtenir réparation, voire même une page qui reproduirait dans le journal les démentis imposés par un jugement au tribunal.

L’argent pour ester en justice n’est pas une difficultée majeure tant le volatile s’est fait d’ennemies depuis plus de 90 ans d’existence.

Ensuite nous pourrons, au deuxième tour des élections présidentielle, hésiter entre le candidat Le Pen et le candidat Sarkozy.

Et peu après nous verrons des milices vengeresses foutre le feu aux locaux de « C.Q.F.D. » et du « Canard Enchaîné ».

Vous l’aurez peut-être mérité, mais pas nous.

QUAND « LE CANARD » CHANTE AVEC LES POULETS (TEXTE INTÉGRAL)
sylvain | 14 septembre 2006 | Le canard enchainé

J’ai été incriminé par le Canard enchainé. Très décu. Ce journal n’est qu’un journal de ragots, les informations ne sont pas vérifiées. C’est assez inquiétant et non professionel. J ai ouvert `a ce sujet un site pour la défense des personnes mises faussement en accusation dans ce journal, sans que ce dernier ne vérifie ce qui s’apparente à de la délation….De plus, le Canard ne vérifie pas non plus ses informations après publications si protestations, et n’apporte aucun droit de réponse ni excuses. C’est inadmisible. Remplissez ce forum. Merci.

Mettez vos commentaires dans ce site, http://canardenchaine.megabb.com dans quelques semaines, ce site sera en première lace sur google pour Canard enchainé, ( c’est mon métier).

QUAND « LE CANARD » CHANTE AVEC LES POULETS (TEXTE INTÉGRAL)
| 4 septembre 2006 |
De voir ke des journalistes n’ ont plus le sens de la valeur réelle de leur métier est pitoyable voltaire doit se retourner dans sa tombe ! ceux ki se servent des petits pour mettre les soi disnat grand au pouvoir au détriment de l intégrité et de l objectivité,des gratte papiers ki ne feront jamais partis des grands humanistes de ce monde.
 

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