Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°030
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°030


PETIT CYNISME ORDINAIRE

MALI : LA PRIVATISATION TOMBE À L’EAU

Mis à jour le :15 janvier 2006. Auteur : François Maliet.


Privatisez-moi tout ça ! Telle est l’injonction de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international aux pays gravissant le périlleux chemin du progrès. En 2000, le Mali cédait sa gestion de l’eau et de l’électricité à un consortium dirigé par Bouygues et sa filiale Saur International, en échange d’une ristourne sur la dette du pays. Le bétonneur avait promis, juré craché, qu’il développerait les réseaux d’eau et d’électricité, tout en garantissant la baisse des tarifs.

Résultats : les factures ont augmenté de 60 % en quatre ans, seulement 15 % des Maliens sont connectés à l’électricité, et moins de 50 % disposent d’un point d’eau potable à proximité de leur domicile. Pas brillant. Le coût de la flotte irritant les muqueuses de la population, Bamako a gracieusement offert seize millions d’euros au patron de TF1 pour le soutenir dans sa mission de service public. Bouygues a empoché la manne sans rien améliorer, puis a pris la poudre d’escampette : le quotidien suisse Le Courrier annonçait en novembre que l’État malien avait récupéré les parts de la Saur pour cause « d’échec de la privatisation. » Si Bouygues abandonne un marché problématique et pas assez juteux, il conserve par contre l’exploitation de la mine d’or de Morila. Là aussi il rencontre quelques difficultés, mais qui se règlent plus facilement : les mineurs qui ont osé fomenter une grève en juillet dernier ont été mis à la porte par Bouygues, puis au trou par les flics. Sur ce coup-là, l’alliance public-privé a bien fonctionné…

Article publié dans le n° 30 de CQFD, janvier 2006.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |