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CQFD N°030


LA CHANCE AUX CHANSONS

ÉLÉPHANTIASIS ET FOLIE DES GLANDEURS

Mis à jour le :15 janvier 2006. Auteur : Anatole Istria, Pierre Etbunk.


DE PORT EN PORT, de gare en gare, de squat en squat, la dérive psychogéographique hante la musique de Fantazio. The Sweet Little Mother Fuckin’ Show (distribution www.co-errances.org) est le premier album de ce gonze de l’Est parisien qui a choisi l’éléphant comme totem. Le livret du CD est superbement illustré par les visions graphiques de Popaye. Sans label ni manager, Fantazio est assurément un musicien indépendant, un hors-système. Accompagnée par un gang de cuivres, de cordes et de percussions, sa contrebasse martèle son insatisfaction dans les miaulements et les râles. Ce qu’il nomme lui-même ses « contrebarrissements ». On débarque dans un cirque déglingué où se côtoient humour noir et ivresse, fantasmes et défonce. On pourrait évoquer l’influence d’un Tom Waits des mieux inspirés et plus en amont de Charlie Mingus, du free-jazz, du rockabilly, de la fanfare rom, du bruitisme imbibé d’une bonne dose de punk-rock. D’autres morceaux évoquent la nostalgie de l’enfance comme dans « Mama Monkey » où le son cristallin du cymbalum de Relu Merisan nous entraîne dans un manège désenchanté. Dans « Les Tortues », le banjo semble vouloir jouer une comptine que les hurlements viendront bientôt déchirer. Rien n’est simple et c’est tant mieux, le style de Fantazio a le mérite de les exploser tous. On se fout d’ailleurs de donner une couleur à sa musique car la nuit tous les éléphants sont gris. À écouter jusqu’aprés la fin des haricots.
Anatole Istria


ON COMMENCE L’ANNÉE sur les chapeaux de roue avec deux sorties chez Crash disques. Tout d’abord le nouvel album des Bordelais de Laréplik, La folie des glandeurs. Après bientôt dix ans d’existence et plusieurs centaines de concerts, le groupe nous revient avec treize morceaux qui s’enchaînent sur un rythme effréné et des airs de fête. L’album mélange sonorités acoustiques (contrebasse, banjo, accordéon, cuivres), énergie rock et chansons réalistes. Les paroles sont bien souvent engagées ou tout du moins remontées envers la vie quotidienne. Tout y passe, du voisin « con de droite » à la visite surprise des Témoins de Jéhovah, du dimanche casanier à la soirée étudiante prise-de-tronche. Le groupe fait aussi dans l’autodérision avec le titre « À l’alcool fort et aux drogues dures », qui fera bien marrer les habitués de la scène alternative. L’album se termine par une reprise de « Petit agité » des Béru, comme un clin d’oeil aux récentes « émeutes ». Deuxième sortie : Au milieu de ta forme de Warum Joe. Contrairement au groupe précédent, Warum Joe tourne peu. L’album pousse pourtant à aller voir ce que ça donne sur scène. Le son fait penser à quelques groupes mythiques des années 80. Mélodies rock, guitares ravageuses, textes scandés, voilà l’ambiance Warum Joe. Les amateurs du punk-rock des eighties apprécieront les paroles et la musique. Les autres auront sans doute un peu de mal à accrocher. Crash disque, 21 ter, rue Voltaire 75011 Paris.
Pierre Etbunk

Article publié dans le n° 30 de CQFD, janvier 2006.






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