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CQFD N°009


Les tables de la loi restructurées

Ils attaquent même le journal officiel !

Mis à jour le :15 février 2004. Auteur : Balito Ascaso.


Pour se prémunir définitivement de toute jacquerie, la meute du baron Seillière monte à l’assaut des derniers « bastions » ouvriers. Première charge : fin novembre 2003, Yves de Chaisemartin, patron du Figaro, annonce qu’il quitte le Syndicat [patronal] de la presse parisienne (SPP), afin de s’affranchir des contraintes de la convention collective du Livre. Quelques semaines plus tard, le 16 janvier 2004, le préfet responsable de la publication des Journaux officiels, placé sous la tutelle directe de Matignon, annonce à une délégation syndicale des ouvriers du Livre la mort programmée des J.O. En bref : perte, à moyen terme, de quelque 70 % des tâches de saisie (adieu les typographes !), restriction drastique du rôle des correcteurs (dont la fonction devient assimilable à celle de calibreurs de tomates), non-remplacement de la rotative (comprendre : on ne va pas investir dans une machine promise au rebut, et donc salut à vous les rotos !). Tout cela au nom de la « nécessaire modernisation », car on n’arrête pas le progrès. D’ailleurs, un nouveau service a été créé, intitulé « de la dématérialisation » (sic). Comme quoi la dictature technologique offre toujours un excellent alibi pour justifier la régression sociale. Mais tout va bien puisque le même jour, le préfet a tenu à rassurer ses interlocuteurs interloqués en ces termes : « Ici, nous sommes peu nombreux par rapport aux grands régimes à réformer, comme ceux des grands services publics tels que La Poste, EDF, etc. » La guerre sociale est donc poliment déclarée. Les requins en salivent ostensiblement : après la sidérurgie, le textile, les mines, Billancourt, voici venu le tour du Livre… en attendant les proies à venir.

L’un après l’autre, les derniers secteurs fortement syndicalisés et encore capables d’opposer une résistance à la contre-révolution sont en passe d’être démantelés. Espérant glaner quelques subventions supplémentaires (et, à terme, européennes) leur permettant d’assurer la survie de leurs permanents et de conserver leur statut d’« interlocuteurs responsables », les appareils syndicaux ne réagissent pas, ou peu, ne faisant acte que de protestations de façade et de réelle soumission, malgré une contestation interne de plus en plus forte. Ainsi, ils contribuent à l’accomplissement du rêve du baron Seillière et de ses collègues, formulé en janvier dans les « propositions » commandées par Fillon à Michel de Virville, le DRH de Renault : ne plus rien concéder au niveau intercatégoriel, ni même au niveau d’une branche professionnelle, le seul cadre de négociations éventuelles étant réduit à l’échelon de chaque entreprise, avec comme perspective ultime l’autodafé du Code du travail. Flexibilité et précarité généralisées, concurrence de tous contre tous. Et ça porte un nom : la « modernisation sociale ».

Balito Ascaso

Publié dans le n°9 de CQFD, février 2004.






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