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CQFD N°031


FAUX AMIS

ROBERT MÉNARD

Mis à jour le :15 février 2006. Auteur : Le bouledogue rouge.


À peine déclenchée la tornade des caricatures danoises, Robert Ménard fut l’un des premiers à se jeter au-devant des micros. Heureusement qu’il était là. De même qu’il n’y a pas de rhume des foins sans goutte au nez, il n’y a pas de liberté de la presse sans Robert Ménard. Pour la promouvoir, le président de Reporters sans frontières (RSF) est prêt à tous les sacrifices. «  Il faut savoir utiliser les techniques d’aujourd’hui : la publicité, le marketing  », plaide-t-il dans son livre Ces journalistes que l’on veut faire taire (Albin Michel, 2001). Ce qui suppose d’entretenir des relations fraternelles avec les marchands d’armes, de béton et de Sicav qui, en France, possèdent la presse et en garantissent la liberté. « Nous avons besoin du soutien consensuel de la profession, explique-t-il. Comment organiser un débat sur la concentration des organes de presse et demander ensuite à Havas ou à Hachette de sponsoriser un événement ? » Pour ne pas contrarier ses sponsors, RSF a promis de ne jamais se mêler de leurs affaires : « Notre ligne est d’être le moins politique possible, de nous situer exclusivement sur un créneau “droits de l’homme”. »

Mais le créneau est assorti d’un droit de péage. Intarissable à juste titre sur les violations de la liberté de la presse à Cuba, en Syrie ou en Corée du Nord, l’association RSF se montre beaucoup plus affable sur les petites entorses que peuvent commettre les grandes démocraties affiliées à l’axe du bien. Pas un mot, par exemple, sur les tortures infligées par les militaires US au journaliste soudanais d’Al Jazira Sami Al Hajj, arrêté en Afghanistan et transféré à Guantanamo parce que soupçonné à tort d’être lié à Al Qaïda. Alors qu’Amnesty International a consacré un rapport long comme le bras à cette affaire, Robert Ménard a soigneusement évité d’en faire un plat, ni même trois lignes de communiqué. Il est vrai que RSF jouit de la confiance de l’administration Bush, qui lui verse des fonds par le biais de l’US National Endowment Democracy (NED), une officine contrôlée par le Département d’État. « Absolument, nous recevons de l’argent de la NED. Et cela ne nous pose aucun problème », confirmait l’ex-trotskiste Ménard le 18 avril 2005 sur le forum Internet du Nouvel Observateur.

Aucun problème, en effet, tant qu’on ne heurte pas ses bienfaiteurs et leurs alliés. Dans son dernier classement, RSF a octroyé une note flatteuse à Israël, au coude à coude avec l’Espagne et l’Italie. Chacun sait le respect que montre Tsahal pour les journalistes qui s’intéressent à ses activités. Comme ce cameraman d’Al Jazira, Nabil Al-Mazzawi, tabassé par des soldats israéliens le 4 novembre dernier alors qu’il filmait une manifestation près de Ramallah contre le mur de séparation. « Le 1er novembre 2005, le ministère israélien de la Défense a interdit aux journalistes étrangers de pénétrer dans la Bande de Gaza pour qu’ils ne puissent enquêter sur le meurtre de civils palestiniens et l’usage par l’armée israélienne des bombes assourdissantes destinées à terroriser la population », explique Johannes Wahlström, chercheur israélo-suédois et co-fondateur du Centre international sur les médias du Moyen-Orient (IMEMC). RSF a trouvé un moyen astucieux d’effacer ces tâches au tableau : désormais, toute violation des droits de la presse perpétrée par Israël dans les territoires occupés sera mise au compte de l’Autorité palestinienne, « impuissante à empêcher la détérioration de la situation » (sic). «  Les journalistes doivent [à leur public] une information indépendante, la plus complète et la plus honnête possible », prêche Robert Ménard à propos de l’affaire des crobards danois (Libération, 13/02/06). On a les curés qu’on mérite.






>Réagir<

> ROBERT MÉNARD
TAIEBOS | 2 mars 2008 |
POUR CRITIQUER IL FAUT SAVOIR ET PAS SEULEMENT ENTENDRE ROBERT MÉNARD
Fabrice Trochet | 10 mars 2006 | Ignacio Ramonet et le Monde diplomatique
Certes l’Occident n’est pas parfait mais je pense que les journalistes ont plus de liberté aux Etats-Unis et même en Israel (Il existe des journaux de toutes tendances et même plus diversifiés qu’en France) que dans les dictatures de type Cuba dont quelques-uns font référence. ROBERT MÉNARD
dbvouscommunique | 1er mars 2006 |

VOUS TIREZ A BOULETS ROUGES SUR LA PRESSE OCCIDENTALE…

Je ne suis pas un défenseur de Robert Ménard qui a souvent des positions ambigües. Ce fut le cas de façon très étonnante à l’époque de l’affaire Al Manar.

Donc, je ne vole pas à son secours.

Mon propos est simplement de vous rappeler que les tortures infligées par des militaires américains ou anglais en Irak ont été dévoilées par les médias des pays concernés. Une leçon que la quasi-totalité des autres pays - France comprise bien sur - devraient méditer.

Votre façon de tirer à boulets rouges sur la presse occidentale me laisse perplexe et je vous propose de vous joindre à cette méditations.

dbvouscommunique@voila.fr

 

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