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CQFD N°031



DÉLIBÉRÉ, NULLITÉ ET QUELQUES BILLES

Mis à jour le :15 février 2006. Auteur : Marius Frehel.


Le délibéré concernant les trois pas-évadés de la zonz’ de Moulins (voir CQFD n°29) s’est soldé par cinq ans pour Schleicher (sept ans requis), sept ans pour Pédron (neuf ans requis) et dix ans pour Ghellam, qui se défendait seul (dix ans requis). On appréciera la largesse des juges face au devoir d’évasion plaidé.

Quant à la plainte de l’Administration Pénitentiaire contre L’Envolée pour « diffamation publique envers une administration publique », elle a été déclarée nulle par le tribunal de Beauvais. Nullité plaidée par l’avocate qui a démontré le non-respect de la forme et le flou juridique des arguties du proc’. À l’origine de la plainte, le témoignage, paru dans le n°10 de L’Envolée, d’un taulard dénonçant les fouilles à répétition, l’humiliation et les mauvais traitements. Ce trimestriel paraît depuis juin 2001, en écho à l’émission du même nom sur Fréquence Paris Plurielle. Cet outil permet à ceux du dedans, bâillonnés par la tentiaire, de communiquer avec ceux du dehors, de témoigner directement de derrière les hauts murs sur les abus, l’arbitraire, les conditions d’incarcération ou les luttes qui s’y trament. L’AP cherche donc à museler « cette liberté de ceux à qui il ne reste que l’expression de la souffrance ».

On le comprend d’autant mieux en apprenant l’histoire d’Éric Blaise, vingt-huit ans, trouvé mort dans le quartier disciplinaire de Fleury. Éric avait été interpellé début novembre, alors qu’en compagnie de deux potes, il s’amusait à tirer avec un pistolet à billes sur des canettes. En plein incendie des banlieues et en comparution immédiate, parmi une charrette d’émeutiers, Éric prend quatre mois de placard dont deux ferme. Le lendemain de son incarcération, on le retrouve canné dans sa cellule. Il serait mort d’un oedème cérébral en se cognant contre le mur de sa cellule. La famille, qui n’a à ce jour toujours pas eu accès au rapport d’autopsie, ne pourra voir le corps que trois jours plus tard, le visage tuméfié. Comme toujours dans ce genre d’accident, c’est le flou total côté administration. Pour les proches, l’incertitude et la souffrance. Quoi qu’il advienne, Éric sera mort pour des billes.

Article publié dans le n° 31 de CQFD, février 2006.






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