Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°031
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°031


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

JE TE SALUE, VIEIL OCÉAN !

Mis à jour le :15 février 2006. Auteur : Arthur.


PREMIER FÉVRIER : un chimiquier battant pavillon des Iles Marshall, abordé par un vraquier battant pavillon maltais coule au large de Cherbourg avec 10 000 tonnes d’acide phosphorique. Réaction immédiate des autorités : pas de pollution. C’est vrai : les poissons vont aimer le phosphore. D’ailleurs, on dit toujours que le phosphore rend intelligent. D’un type qui réfléchit bien, on dit qu’il phosphore astucieusement ! Conclusion : comme le poisson est bon pour la tête, les poissons nourris à l’acide phosphorique seront tellement futés qu’on sera plus intelligents qu’Einstein si on en bouffe ! Déjà qu’à La Hague, au bout du Cotentin, ils sont malins pour abriter l’usine de retraitement nucléaire de la Cogema, s’ils bectent leur poisson ils vont tout rafler au jeu des mille euros ! Bien sûr, on pourrait jouer les mecs vexés que les Iles Marshall viennent pisser sur nos côtes et répliquer en allant chier sur leurs plages mais c’est loin et en plus ça n’existe pas. Ce n’est qu’un paradis fiscal qui abrite des pavillons de complaisance, comme Malte ou Chypre. On va donc passer cette pollution - inexistante, rappelons-le - aux profits des armateurs et aux pertes de l’humanité. Une de plus ! Le lieu de cette collision bénigne, c’est ce qu’on appelle « le rail ». Un trafic de 700 navires par jour sur cette autoroute maritime où l’on compte une manoeuvre anti-collision toutes les 45 secondes. Rien d’étonnant à ce que les Maltais bourrés sur le pont n’aient pas vu ou entendu les signaux des Marshalleux avinés, car ils ne parlent pas la même langue, étant tous des marins d’opérette payés au lance-pierre qui ont séché dès l’enfance les cours de langue dans leur île natale. La prochaine marée noire due à une collision entre un pétrolier chypriote et un porte-container philippin ne devrait donc pas tarder, surtout que la dernière école enseignant le chypriote à Manille vient de fermer. Ainsi va le pauvre monde ! Apprenant cette énième pollution marine, les écolos français ont réagi immédiatement en clamant haut et fort avant de changer d’avis : « Nous n’irons pas à la réunion de la gauche ! »

C’est ça qu’on admire chez les Verts : leur sens de l’à-propos ! Rien de ce qui détruit la planète ne leur est étranger. On se demande d’ailleurs ce que des écolos purs et durs iraient discuter avec des nucléocrates comme Strauss-Kahn dont un excellent portrait, par Pajak, vient de paraître dans un nouveau confrère mensuel L’Imbécile, qui, comme son nom l’indique, n’est pas fait pour des crétins. Le problème des partis comme celui des Verts, seraient-ils bardés de bonnes intentions, c’est qu’on ne peut manger avec le diable, même avec une longue cuiller. Pendant ce temps, un nouveau riche Indien nommé Mittal, vautour self-made man, ancien ferrailleur, veut se payer notre sidérurgie, celle que les Schneider, Creusot-Loire et Usinor ont porté au pinacle avant de se barrer, fortune faite, avec les subventions de l’État. Tu verrais ces cris d’orfraie : c’est quoi ces basanés de Katmandou qui nous piquent notre acier ? Qui c’est qui leur a appris à jouer en Bourse ? On veut bien, nous les riches occidentaux, aider les fauchés du « monde émergent » mais faut pas qu’ils nous prennent à leur tour pour des métèques. Gandhi doit se marrer dans sa tombe en suçant ses pissenlits ! La vérité, c’est que les Indiens ont étudié Marx et Carnegie, compris comment marchait le système, mis au turbin leurs masses laborieuses et s’apprêtent à racheter nos pays européens. Patience : sous peu, Indiens et Chinois échangeront leurs usines et leurs avions contre nos chemises et nos bibelots. Dans vingt ans, nous serons le Bengladesh, inondations comprises en Camargue et ailleurs, vu la fonte des banquises. Gaffe aux moustiques !

Article publié dans le n° 31 de CQFD, février 2006.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |