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CQFD N°031


DES CROCHES ET LA LUNE

DES SAVONS ET DES BULLES

Mis à jour le :15 février 2006. Auteur : Pierre Etbunk, Sébastien Dubost.


Ils ne sont pas si nombreux, les hommes politiques à avoir inspiré la création artistique. On se souvient de refrains maudissant Le Pen, Chirac ou Pasqua. Aujourd’hui, c’est au tour du petit Ronald Reagan de Neuilly-sur-Seine de se prendre une rouste musicale. Concentrée sur la compil Sarkotusors, « la compilation antisarkoziste de base », elle se décline en quatorze claques infligées par autant de groupes d’horizons divers, tous résolus à étriller le ministre de l’Intérieur, sa politique, son idéologie, sa com’, ses courtisans. Il y en a pour tous les goûts, du hip-hop insurrectionnel de Cellule X (voir CQFD n° 8) à la chanson engagée de La Gaillarde en passant par du métal, du rock et de l’électro. D’autres groupes viendront probablement prêter main forte à cette pluie de gnons bien ajustés, écoutable et téléchargeable gratuitement sur le site www.sarkotusors.org. À noter l’absence de « stars », qui laisse toute sa place à la découverte de groupes peu connus mais talentueux. Personnellement, je ne connaissais pas Sidilarsen, mais après avoir entendu « La morale de la fable », je vais m’empresser de remédier à cette lacune. On retrouve aussi avec plaisir les keupons de Sarkophage, toujours très inspirés par le roi du Karcher : du bon gros punk-rock qui décape le conduit auditif. Le groupe propose d’ailleurs en ligne son propre album, Le petit Nicolas (sur www.sarkophage.propagande.org),soit neuf titres accompagnés de leurs paroles, ce qui n’est pas un mal, le chanteur travaillant plus l’intensité de sa voix que la clarté de sa diction.

Pierre Etbunk


Angoulême, le 27 janvier dernier. Dans un auditorium quasi vide (archi-plein pour écouter Val et Wolinski pérorer sur « pourquoi on est les meilleurs »), Chantal Montellier rencontre le public. La dame n’est pas du genre à baisser sa garde face aux contingences de la mercatique, comme l’Académie nous pousse à dire. Des années Métal Hurlant, où elle côtoyait les Chaland, Druillet, Moebius, elle ne renie rien. Dès cette époque, AH !NANA, qu’elle co-fonde, ambitionne d’affranchir graphisme, érotisme et contestation socio-politique du machisme bière-rock n’roll des Enfants du rock. L’aventure tournera court : le regard féminin sur les rapports de genre et de sexe choque. Quand sort un numéro sur l’inceste à la couverture troublante, la revue est interdite. Mais Montellier persiste. Après une longue absence due à son intransigeance graphique et éditoriale, elle signe Les damnés de Nanterre (Denoël graphic). L’équipée sanglante d’Audry Maupin et Florence Rey y apparaît sous un jour peu connu. Loin des « tueurs nés », elle montre, remis dans la perspective des luttes d’alors (1994-95), deux écorchés manipulés par le milieu du renseignement policier, récupérés par les politiques à des fins sécuritaires et lachés par les bavards libertaires-autonomes. La forme (bichromie et réminiscences pop) soutient le fond d’une enquête fouillée. En 1995, suite au projet CIP (déjà un sous-contrat-jeunes), les lois Pasqua renforçaient contrôles d’identité, perquisitions et vidéosurveillance. Dix ans plus tard, le CPE déboule dans le sillage du tout-sécuritaire. Contexte idéal pour savourer l’album de Chantal Montellier…

Sébastien Dubost

Article publié dans le n° 31 de CQFD, février 2006.






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