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CQFD N°032


LES BONNES AFFAIRES DU PATRON DE L’OM

LOUIS-DREYFUS : OGM TROP PUISSANT !

Mis à jour le :15 mars 2006. Auteur : Marie Bové.

Accusé de détournements de fonds, l’actionnaire de l’Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus, a de quoi se consoler : le soja transgénique, c’est plus facile à transférer qu’un joueur de foot.

PASSÉS LES REMOUS avec le Crédit Lyonnais et les ballons Adidas fabriqués par des gosses pakistanais, le méga-patron Robert Louis-Dreyfus a de nouveau des ennuis : depuis le 13 mars, il est sur le banc des accusés dans l’affaire des transferts de l’OM et le détournement de 22 millions d’euros entre 1997 et 1999. Mais l’actionnaire du club marseillais peut avoir l’esprit serein. Avec l’acquisition en 2004 de Neuf Télécom, ce richissime descendant d’une dynastie d’armateurs (22 milliards d’euros de chiffre d’affaires) empoigne les deux mamelles de la consommation de masse : la télécommunication et, surtout, l’agro-alimentaire. Dans la famille Dreyfus, le trafic de céréales est une tradition sacrée depuis un siècle et demi. Installé à Davos, l’héritier Robert est soucieux de la politique de l’OMC imposant à chaque pays sa culture d’exportation. Grâce par exemple au lait en poudre et à la viande de porc européenne, il arme ses bateaux pour la gloire du commerce mondial.

Mais c’est surtout grâce au soja que « RLD » se remplit les fouilles. Cette culture pour bétail connaît une explosion spectaculaire : en trente-cinq ans, sa production mondiale a été multipliée par cinq. En bon opportuniste, Dreyfus a sauté pieds joints sur le marché. Il en est aujourd’hui le leader aux côtés de l’américain Cargill. La crise de la « vache folle » l’a miraculeusement aidé, l’interdiction des farines animales ayant ouvert de nouveaux débouchés au tourteau de soja. Vaches laitières et poulets en batterie raffolent de ces résidus riches en protéines, obtenus après trituration et extraction de l’huile. L’Europe en importe 35 millions de tonnes par an, notamment en provenance du Brésil et de l’Argentine. Dreyfus décline toute demande d’interview sur les conditions de production de son soja, et on le comprend : aux bottes de l’agriculture intensive, les exploitations au Brésil (de cinq à cent mille hectares) dévorent la forêt et la paysannerie dans des conditions sociales ignobles. En 2004, le gouvernement fédéral brésilien avouait l’existence de vingt-cinq mille authentiques esclaves, dont 6% affectés à la culture du soja. C’est le prix à payer pour manger de la viande made in France bon marché.

Autre bonne nouvelle pour Dreyfus, l’intensification des cultures transgéniques, autorisées au Brésil depuis 2003. Après la capitulation du président Lula, la multinationale Monsanto s’octroie aujourd’hui le monopole des semences, engrais et herbicides : c’est le kit prêt à l’emploi du soja « Round Up Ready ». On estime aujourd’hui que les OGM représentent un tiers des cultures de soja au Brésil et 99% en Argentine… Sans s’alarmer de ces détails, Dreyfus se concentre sur la transformation du soja sur place à moindre coût avec ses six usines brésiliennes et leurs terminaux portuaires. En Argentine, il exploite le complexe de Général Lagos, qui comprend une usine et un port en eau profonde sur le fleuve de Paraná, avec une capacité de stockage de 1,1 million de tonnes. Au total, son groupe triture plus de 23 000 tonnes de soja par jour - tout en restant très pudique sur la proportion d’OGM qu’il déverse. Normal : les trois-quarts des Français refusent de manger des OGM. Mais Dreyfus peut feinter les consommateurs : si les aliments transgéniques pour animaux doivent être étiquetés comme tels, il n’en va pas de même pour les produits qui en sont issus. De plus, le 13 janvier dernier, la Commission européenne a autorisé l’utilisation de trois lignées de maïs génétiquement modifié. Le moratoire européen succombe et le soja transgénique a de beaux jours devant lui. Demain, il servira peut-être de revitalisant aux joueurs de l’OM.

Article publié dans le n° 32 de CQFD, mars 2006.






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LOUIS-DREYFUS : OGM TROP PUISSANT !
| 12 avril 2006 |
tape , tape , tape le ballon , con , con , con la mette au fond
 

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