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CQFD N°033



LES FILLES AVEC NOUS

Mis à jour le :13 avril 2006. Auteur : Anatole Istria.


Vendredi 31 mars. « Quand Chirac a parlé, tout ce qu’on a compris c’est qu’il maintenait le CPE. Puisqu’il nous balade, on en a profité pour en faire une, de balade, et toute la nuit ! », raconte Louise, étudiante à Jussieu, avec la banane jusqu’aux oreilles. Une joyeuse cohorte de 5 000 à 8 000 insomniaques s’ébroue sur les boulevards parisiens. Les orgas militantes plient les drapeaux à Opéra. Pas rancuniers, les promeneurs continuent jusqu’à l’Assemblée nationale, sur laquelle certains pissent avec soulagement. « Médias partout, info nulle part », crie-t-on en voyant les caméras rappliquer. Retour vers la symbolique place de la Sorbonne. « Là, j’ai cru qu’on allait encore être noyé sous les lacrymos pendant des heures, mais non, on a juste jeté quelques trucs sur les keufs derrière la palissade et, hop, on est reparti », confie Igor, chômeur du XXe. Sur le parcours, quelques vitrines scrupuleusement ciblées pour leur rapport avec la précarité (banques, agences immobilères, interim) volent en éclats. La bande privilégie la mobilité, grossit, rétrécit vers Barbès et enfle à Pigalle. Les filles des bars à hôtesses sortent pour regarder cette étrange procession : « Travailleuses précaires avec nous ! » Deux entraîneuses brandissent un poing serré. « C’est vrai qu’il n’y a pas grand monde qui pense à elles », dit Louise. Pourtant, ce sont elles qui ont inventé un des plus beaux slogans de ce printemps : « Plus de caresses, moins de CRS ! » Face au Sacré-cœur, les manifestants ne sont toujours pas fatigués. « 1871-2006, la Commune n’est pas morte », écrit-on sur le momunent érigé pour « expier la faute » des partageux. L’arrogant édifice reste debout, pour cette fois. Il est 4 heures du matin, la manif sauvage a parcouru plus de 25 km dans Paris. Quelques centaines d’irréductibles déménagent la permanence du député UMP du IX e. « Tout ce qui n’a pas été volé a été détruit », soupire Pierre Lellouche au petit matin. « Intolérable », compatit Bertrand Delanoë, dont les fameuses Nuits blanches sont bien plus ennuyeuses que celle que vient de vivre notre équipée de veinards. Depuis, les charivaris semblaient se multiplier.

Publié dans le supplément « Spécial mouvement dit anti-CPE » du n°33 de CQFD, avril 2006.






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