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CQFD N°033


ZONZONS POUR GOSSES EN GRANDE-BRETAGNE

DICKENS PAS MORTS !

Mis à jour le :15 avril 2006. Auteur : Gilles Lucas.


CHAQUE ANNÉE, à la fin du mois de mai, des milliers de spectateurs vêtus en costumes de l’époque victorienne assistent à une grande fête dans le Kent (sud de l’Angleterre). Le Dickens Festival célèbre le grand auteur britannique qui n’a cessé de dénoncer la misère, les enrichissements assassins, les prisons pour enfants, la condition ouvrière et l’injustice sociale, toutes choses qui, paraît-il, sont aujourd’hui obsolètes. La preuve : c’est à Medway, lieu de naissance de Charles Dickens, que le gouvernement britannique a eu l’idée en 1998 - avec ce cynisme et cette sauvagerie si particuliers à la « ruling class » britannique - de bâtir un centre de détention pour enfants de douze à quatorze ans. Une quarantaine de « délinquants récidivistes » y sont enfermés dans des conditions qualifiées par Martin Narey, directeur général du service pénitentiaire, « d’inacceptables dans une société civilisée ».

En 2003, la Commission des Nations unies pour les droits de l’enfant a « sermonné » le gouvernement britannique à propos des isolements, suicides, automutilations, brimades et contentions par la force physique pratiqués dans ce genre d’établissements. Il est même allé jusqu’à dire que la politique du gouvernement risquait d’être incompatible avec la Convention des Nations Unies relative aux droits des enfants. Selon l’ONG Howard League for Penal Reform (Ligue Howard pour la réforme du système pénitentiaire), dans ces taules « le sort des enfants est tel que, hors d’une prison, il déclencherait des enquêtes pour mauvais traitements ».

Mais Tony Blair, ce héros moderne qui fait vibrer Ségolène Royal et ses potes du PS, tient bon. Le Royaume-Uni est le pays de la communauté européenne qui enferme le plus grand nombre de jeunes. La tolérance zéro, dans laquelle s’inscrit le centre de Medway - premier d’un programme concernant la construction de cinq autres prisons spécialisées pour enfants- a de « beaux » jours devant elle. Tout comme la société privée Group4 : en plus de fournir des services de sécurité à l’Otan et au Pentagone, cette entreprise spécialisée dans le convoyage de fonds possède une « division enfant », la Rebound ECD (soin et discipline d’éducation), qui gère le centre et assure le transport des jeunes prisonniers.

Heureusement, au milieu de l’angoisse distillée par les médias, une voix courageuse s’élève : « Le bilan du Royaume-Uni en termes d’emprisonnement des enfants est l’un des pires qui se puisse trouver en Europe  », s’insurge l’avocate Cherie Booth. Voilà qui devrait troubler les quelques tête-à-tête qu’il lui arrive d’avoir avec son époux, un certain… Tony Blair. Mais on sait bien que la vie conjugale est basée sur l’art du compromis.

Article publié dans CQFD n° 33, avril 2006.

Lire également EN TAULE DÈS L’ÂGE DE TREIZE ANS et ANTHOLOGIE DU VERROU À BARBARES parus dans le même numéro.






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