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CQFD N°033


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

ENTRETENIR SON JARDIN

Mis à jour le :15 avril 2006. Auteur : Arthur.

C’EST LE PRINTEMPS ! Enfin ! Il est temps de passer au jardin. Voici les conseils indispensables à la tenue d’un jardin bien entretenu dont la beauté fera des envieux dans votre voisinage :

L’azalée De Villepinus : cet arbuste décoratif au bulbe avantageux a tendance à proliférer au soleil et à s’afficher sur la plage quand le climat est doux. Il convient donc de le tailler très bas afin de couper la tête avec une petite guillotine en vente dans toutes les bonnes jardineries. Préférez le modèle Robespierre, qui a fait merveille en 1793 avant d’être malheureusement délaissé.

Le lierre Sarkozys vulgaris : cette plante grimpante ne paye pas de mine mais s’incruste sur les murs dont elle menace l’équilibre. On peut évidemment la tailler à la base avec une bonne serpette. Mais il y a plus efficace : l’herbicide de marque CPE-CNE. Répandre abondamment au pied et attendre que la plante dépérisse avant de l’arracher. Les chenilles processionnaires syndicalistes et étudiantes sont ses principaux parasites.

Le chrysanthème Chiracus volant : jadis à la mode, cette fleur très antique a fait son temps, et sa tête desséchée inspire plus de pitié que de détestation. Vous pouvez lui tendre un piège en disposant dans le massif quelques liasses d’euros : en se penchant pour les ramasser, la plante perdra la tête. Mais il est plutôt conseillé de la laisser mourir naturellement en incitant le chien à pisser dessus pour accélérer le processus. Le lisier de cochon donne aussi de bons résultats.

Le rhododendron Doustus-Blazy : créée par un pépiniériste toulousain, cette fleur aux dimensions prétentieuses malgré son volume médiocre préfère les climats chauds comme le Maroc. Mais la surexposition au soleil peut lui être fatale. Il est conseillé de la rentrer à la cave et de l’oublier : les rats s’en occuperont.

L’ortie UMP : tous les foyers désargentés connaissent les vertus de la soupe d’orties. Mais ce breuvage urticant attaque les muqueuses stomacales et finit par causer des douleurs pénibles. L’herbicide chimique est donc indispensable. Répandre abondamment avec une urne électorale dans tous les jardins de France et de Navarre. Les allergiques à cette méthode éprouvée (qui a montré ses limites dans l’histoire) pourront se rabattre sur l’arrachage en prenant soin de se munir de gants car il pourrait leur en cuire, la plante, sous des dehors affables, étant venimeuse.

La mauvaise herbe Le Penus bretonnus : naguère redoutée par tous les jardiniers, cette renoncule en voie de disparition n’est utilisée que comme repoussoir par l’ortie UMP qui squatte son terrain. Un bon coup de tondeuse à gazon saura en venir à bout, d’autant que son âge avancé lui interdit tout développement. Ses boutures familiales ont un beau plumage mais une absence totale de ramage.

Le chêne Jospinus poltronus : cet arbre prétentieux aux dehors psycho-rigides plie en réalité à la première tempête. Nombreux sont les roseaux qui ont dépéri écrasés sous les branches de cet arbre fragile. Il tente aujourd’hui un retour improbable, notamment dans les squares parisiens, avec l’aide de l’engrais Delanoé. Évitez de faire la sieste sous ce feuillage peu sûr, sur tout en cas de mistral.

Le saule Juppéus dégarnitus : cet arbuste à grosse tête doit être soigné à la bouillie bordelaise. En vogue au Canada, il tente un retour timide dans les jardins français mais son ombre chiche ne dispense qu’une fraîcheur relative et l’on évitera donc de le planter en dehors de la Garonne.

La rose Ségolènus Royalus : très à la mode dans les jardins bourgeois, cette noble plante grimpante est handicapée par la présence familiale du bulbe Hollandus qui grignote son espace vital. La taille au sécateur est donc recommandée. Se méfier aussi des parasites Langus mondanitus et Aubrius flandria qui briguent son massif.

Le gazon vert Voynetus : bien que nourri aux engrais biologiques, et en dépit d’une propension à se pousser du col au détriment de ses voisins, cette herbe pousse avec difficulté. On peut toujours la planter dans un coin ombragé du jardin mais en se méfiant des ronces qu’elle dissémine sous vos pieds nus.

En conclusion : pour obtenir une floraison garantie, il faut se retrousser les manches et ne pas confier l’entretien du jardin à un pépiniériste patenté. Sachez que ces plantes et arbustes profiteront du moindre relâchement pour vous bouffer l’existence et vous pomper l’air !

Article publié dans CQFD n° 33, avril 2006.






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