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du N°052
CQFD CUISINE SON EX-CORRESPONDANT AU PENITENCIER

Comme nous l’avions annoncé, notre correspondant permanent au pénitencier change de poste. En attendant qu’il reprenne ses marques et nous écrive une chronique de son retour (pour l’instant intermittent) au pays du dehors, nous avons bavardé avec lui autour d’un café brûlant. Alors, Jann-Marc, dis-nous un peu…

Jann-Marc Rouillan : Je ne sais pas ce que ça va donner en parole libre… CQFD : T’en fais pas, on va te cuisiner proprement ! J.-M. : Ça va être ma fête ? Je préfère écrire une chronique, finalement ! [rires] Tu as déjeuné ? J.-M. : Oh oui ! Ma journée commence à 5 heures. À 6h50, je suis prêt. Plus vite je décarre, mieux c’est. Moi qui ai toujours été contre le boulot, les jours fériés me filent les boules ! Le week-end, c’est férié de chez férié : enfermé à (...)

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FAUX-AMIS

LA SANTÉ

Un matin de janvier, an II de l’âge de fer sarkozique. Une pluie diluvienne cisaille l’asphalte arlésien tandis qu’on s’engouffre dans L’Idéal, le bar-tabac du coin. Devant l’entrée, un habitué courbé sous les intempéries tente de se griller une cigarette. Le temps d’échanger un regard complice et ploc !, une goutte d’eau, huileuse comme une Roselyne Bachelot tombée du ciel, s’écrase sur son mégot, qui expire dans un grésillement résigné. À l’intérieur, Pascal, le taulier, résume l’état d’esprit général. « Ils pouvaient pas attendre l’été pour faire passer leur putain de loi, non, fallait que ce soit en plein hiver. Heureusement qu’on a tous un couteau sous la gorge, parce que sinon on deviendrait méchant. » Les clients opinent en silence. Depuis le 1er janvier, radios et télés entassent les micro-trottoirs au bistrot de Trifouillis-les-Oies pour sonder l’âme noircie des fumeurs frappés (...)
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SE FAIRE EXPLOITER PLUS
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« Je peux rentrer avé le chien ? » Un dimanche de bouclage, un gaillard avec les paluches comme des gants de boxe s’annonce dans le local de CQFD, accompagné de son minot et d’un pitbull. Il s’immobilise au milieu de la pièce, l’œil hagard, et entame un récit désordonné : « Je suis soudeur depuis six mois pour l’entreprise Solifer, dans la ZI de Gignac-la-Nerthe… C’est pas normal là-bas. Les gars sont tous en dépression. Les sanitaires sont délabrés, on peut même pas se laver les mains, les chiottes grouillent de vers. Le plafond de la cantine menace de s’écrouler. On nous fournit ni gants ni chaussures de sécurité. Une giclée d’acier à 1 500 degrés sur le pied, vous imaginez le résultat ? » À entendre ce récit digne d’une usine à la Zola (comme on dit au café Le Flore), on se pince. Hé, quoi ? Pas de délégué du personnel ? Pas de syndicat ? « Non. Le patron a des méthodes de mafieux. Y a un copain, Rachid, qui a gueulé quand ils ont doublé le rendement (on est passé de 700 kg à 1,5 tonne par jour). Viré illico, il était intérimaire. Là, y a quinze Roumains qui sont arrivés du jour au lendemain. À 6 h du matin, ils sont déjà au boulot ; quand je repars à 19 h ; ils y sont encore. Ils doivent dormir sur place. On comprend pas ce qu’ils disent, ils travaillent pas comme nous. On sent qu’ils ont la pression, ils font augmenter la cadence ; ils se mettent en danger et nous avec. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? » On lui conseille d’en parler à un syndicat, à l’Inspection du travail… Puis on lui demande comment il a connu le journal, il répond les yeux embués : « Quel journal ? »

Publié dans CQFD n°52, janvier 2008.

 
L’esprit d’Éloi Le 26 décembre, le fichier ELOI (pour « éloignement ») est revenu en catimini, par décret, avec l’aval de la CNIL (voir article INFORMATIQUE EN LIBERTÉ). Ce projet de fichage de tous les étrangers, initié en juillet 2006 par le ministère de l’Intérieur, a été rejeté par le Conseil d’État en mars 2007. Dans les médias, la discrétion est générale sur ce come-back en force. Il n’y a sans doute pas de quoi fouetter un chat, mais rappelons un précédent : sous Vichy, l’inspecteur de police André Tulard se mit en tête de ficher les Juifs, étrangers d’abord, puis français. Il livra ensuite ses fichiers à la Gestapo. « Comparaison outrancière ! La République n’est pas Vichy ! », s’indigneront les démocrates. Sauf que la manie des listes était venue au zélé Tulard sous la IIIe République, alors qu’il fichait… les communistes. Bis repetita… Terre de feu Au Chili, le jeune Mapuche Mathias Catrileo a été abattu à la mitraillette par des policiers. Ses copains refusant de livrer le corps aux assassins, le gouverneur a hurlé au terrorisme. Terrible accusation : grâce à la loi antiterroriste de Pinochet, des Mapuches ont pris quinze ans pour avoir occupé des terres. Certains sont en grève de la faim depuis deux mois. Pendant ce temps « les politiciens baratineurs se gavent de mets raffinés dans les banquets du Parlement, bouddhas rendus obèses par leur propre logorrhée », s’indigne (...)
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