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du N°065
LA SDAT S’EN MÊLE

Stéphane est maçon. Geneviève [1] en congé maternité. Mi-novembre, l’appartement dont ils sont propriétaires se libère. À la recherche de nouveaux locataires, ils passent une annonce dans un gratuit. Et là, soudain, leur vie bascule dans l’univers merveilleux de l’antiterrorisme.

PAR UN BEAU MATIN de décembre, Geneviève reçoit un coup de fil. « Bonjour, je suis l’agent C. J’ai vu que vous mettiez en location un appartement. Vous pourriez être contacté par des militants basques… » Après une description sommaire, l’agent C. conclut : « Vous pouvez me rappeler pour faire un “contre-appel ”. » Et laisse deux numéros de téléphone. Mauvaise blague ? Un peu plus tard, Stéphane contre-appelle. Une voix de standard répond : « Police (...)

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FAUX AMI

LA JOURNÉE D’ACTION

C’est un mystère aussi épais que la théorie du chaos : la France compte 300 fromages qui puent mais seulement un jour de grève générale. Comme un rayon cosmique réglé par l’espace- temps, la « journée d’action » vient baliser l’itinéraire des manifs tous les deux mois : le 27 novembre, le 29 janvier, le 19 mars… Ici, en France métropolitaine, où le dialogue social est autrement plus enraciné que dans nos bouillantes colonies, on ne mène pas des grèves victorieuses qui durent six semaines, comme en Guadeloupe. Et, à supposer qu’on obtienne une miette, on ne va surtout pas occuper les boîtes et les chefferies pour veiller à son application, ainsi que le font les militants du LKP. Nous, quand on conquiert un droit comme, par exemple, le droit des chômeurs à vivre décemment, on le laisse partir en sucette presque sans mot dire, avec réalisme. Ah, ça, nos intérêts sont bien charriés par Thibault, Chérèque et Bailly, les trois mulets asthmatiques des (...)
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BESSON SE PAIE EMMAÜS
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ardi 17 février, Hamid Belkhir, compagnon d’Emmaüs à La Pointe-Rouge (Marseille), est interpellé alors qu’il circule à vélo. Sans papiers, il est interné en centre de rétention. Le lendemain, Kamel Fassatoui, responsable de l’accueil à la communauté, est convoqué à la police aux frontières. Placé en garde à vue, il est obligé d’accompagner quatre agents pour une perquisition durant laquelle seront photocopiés tous les dossiers de compagnons ayant des patronymes à consonance métèque (« hors Schengen », disent les fonctionnaires bien élevés). Une procédure est engagée contre Kamel pour aide au séjour irrégulier et,une semaine plus tard, faute de mobilisation énergique, Hamid est expulsé vers Oran.

Jeudi 5 mars, conférence de presse au siège régional d’Emmaüs : on y annonce la création d’un « collectif associatif pour le droit à l’accueil inconditionnel ». On fustige la politique des quotas et la traque des « aidants » (4800 interpellations en2008 et la barre est fixée à 5000 pour 2009 –voir la rubrique « performance  » [sic] sur sénat.fr). On y révèle aussi qu’Emmaüs France a été reçu par Éric Besson, nouveau ministre de l’Immigration, et que celui-ci a promis que les lieux d’accueil ne seraient plus harcelés. Mieux : il aurait dit que les arrestations de sans-papiers dans les bureaux des préfectures, c’était du passé. À ces interlocuteurs agréablement surpris, Besson aurait toutefois précisé qu’il « ne [souhaitait] pas communiquer là-dessus »… La nouvelle association bataillera donc pour que l’accueil inconditionnel soit protégé par la loi. Un vœu pieu ? « Une stratégie de lutte ouverte aurait été plus efficace. » Ils doivent bien rire, au gouvernement, eux qui manient le double langage et les symboles avec un cynisme assumé (voir le sommet européen de l’immigration célébré à… Vichy). Mais tout le monde n’est pas dupe. Joint par CQFD, Gérard Durand, président d’Emmaüs Montpellier, rappelle que sa communauté est « totalement solidaire de Pointe- Rouge » dans cette épreuve, mais il souligne aussi qu’ « une stratégie de lutte ouverte aurait été plus efficace », en référence à l’action menée en août dernier pour un autre sans-papiers interpellé chez eux. Plus de soixante compagnons et bénévoles, soutenus par des amis de Bordeaux, avaient bloqué les standards téléphoniques de la préfecture ainsi que deux rues menant au commissariat. « Nous avons mené une mobilisation offensive rapide, sans tractations, avec d’autres associations (la Cimade, la Coordination des sans-papiers, la CNT…), réclamant une libération immédiate et sans conditions. Des habitants du quartier se sont même joints à nous. Sollicitée, la presse écrite et audiovisuelle était présente pour relayer l’info en direct. À midi, ce compagnon était relâché sous les vivats et sa sécurité renforcée. Depuis, un avocat a pris le relais et son dossier est en cours de régularisation. »

Montpellier, et d’autres groupes comme Bordeaux et Pau, ne comprennent plus l’ambivalence qu’entretient EmmaüsFrance envers son ancien président, Martin Hirsch, dont l’entrée au gouvernement avait déjà provoqué un tollé. La mise en place du RSA, le Grenelle de l’insertion et le manque de courage de Hirsch face à une politique clairement antisociale créent des ruptures de plus en plus visibles. Ces communautés demandent la radiation de Hirsch, toujours bénévole à Longjumeaux. Comme l’écrit sur son blog Pascal Lafargue, président d’Emmaüs Gironde : « Martin Hirsch est membre d’un gouvernement qui envoie sa police arrêter des compagnons, ceux-là mêmes qu’il est censé protéger en étant membre d’Emmaüs. » Cherchez l’erreur.

Article publié dans CQFD n°65, mars 2009.

 
CIVISME Le préfet du Rhône est un grand émotif : il s’est indigné, jusqu’à frôler l’apoplexie, de la plaidoirie d’une avocate nîmoise. La dame a eu le toupet d’évoquer « les méthodes de la Gestapo » pour qualifier le comportement des services préfectoraux lyonnais. Lesquels avaient, à la suite d’une dénonciation anonyme, procédé à l’arrestation d’une jeune Algérienne sans papiers et à son transfert vers le centre de rétention administrative de Nîmes. Une louable convergence d’esprit civique et de zèle assermenté que le préfet entend bien préserver : à sa demande, Cynthia Galli, l’insolente bavarde, fait logiquement l’objet d’une plainte disciplinaire et d’une enquête pénale. SOUFFRANCE Pauvre Rachida Dati ! Gentiment raillée par le livre Belle amie, placardisée par son chef, la voilà sévèrement amendée par les sénateurs qui ont, contre son gré, confirmé le droit à la cellule individuelle pour les détenus et réduit la durée maximale de placement au mitard de quarante-cinq à trente jours (une paille…). Heureusement, en guise de lot de consolation, n’a-t-il pas été requis un mois de prison ferme contre un indélicat qui avait écrit un mail considéré comme injurieux à un collaborateur de la ministre ? Y a quand même une justice ! CIRCULEZ ! Des collégiens de Cenon (Gironde), en excursion à Paris avec leur prof, attendent, peinards, le train du retour, gare Montparnasse. Soudain, (...)
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