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du N°076
CHASSE AUX ROMS

Il est de notoriété publique que les Roms sont, au mieux, de fieffés voleurs. Pour s’en débarrasser en toute légalité, il suffirait donc de lâcher à leurs trousses, et de concert, police nationale et presse locale. Mais, à Dijon, l’enquête à charge a lamentablement fait flop…

CES GENS à la culture pourtant millénaire sont, en notre siècle, organisés en une véritable société parallèle, gérée par des “patrons”qui organisent des “tours de manche”, frappent ceux qui ne rapportent pas assez, apprennent aux plus jeunes le vol et la ruse, esclavagisent leur peuple à l’échelle d’un continent, et s’enrichissent de la misère des leurs », prétend Gilles Dupont, un pissecopie à la pointe du journalisme d’investigation, dans le (...)

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FAUX AMI

CES RÉVOLTÉS QUI NOUS GOUVERNENT

Les victimes chiliennes du séisme du Pacifique Sud ne savent pas la chance qu’elles ont. France Inter leur aura tendu un micro compatissant. Après la secousse, une habitante des beaux quartiers de Concepción cria son angoisse à l’antenne : « Que le gouvernement envoie des policiers pour nous protéger des pillards ! » Toujours par téléphone, la radio publique permit à un pauvre des quartiers périphériques de s’énerver tout en se justifiant : « L’État n’a rien fait ! Nous sommes obligés de voler pour manger. » La possibilité d’exprimer leur malheur, ces sinistrés de l’autre bout du monde ont bien fait de la savourer. Parce que dans le sujet suivant, les victimes charentaises du coup de mer nommé Xinthia n’ont pas eu cette liberté. On imagine pourtant que parmi elles plus d’une aurait aimé pouvoir déplorer l’imprévision gouvernementale, le mauvais état des digues, l’urbanisation de terres inondables… Mais comme (...)
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SALMA ET SALIMA
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NE TABLE BASSE où trône une coupe de friandises, dans un salon rose, quelque part en France. En cavale, Salma Boulazhar, jeune fille réservée, n’est pas une habituée des médias. Avec Salima, sa sœur jumelle, elles ont payé leur « droit d’aubaine » [2] à l’État français, pour avoir eu la mauvaise idée de naître au Maroc.

Le 19 janvier 2010 à 6h du matin, la police débarque chez leur tante, interpelle Salima et la transfère au centre de rétention de Lyon. Elle est ensuite envoyée à Casablanca, où le Réseau éducation sans frontières (RESF) lui trouvera une famille d’accueil. Hospitalisée, Salma a échappé à la rafle. « Ma tante m’a appelée, j’ai alors quitté l’hôpital. » Soutenue par la « résistance auvergnate », elle a pris le maquis,après avoir détruit la puce de son portable. Dans sa planque, elle a passé un mois à dormir, mal. Elle n’était pas préparée à cela. « Le premier jour, elle a même perdu connaissance, tellement elle était apeurée. Raphaël Maniez, de RESF, s’interroge : et s’il lui était arrivé un gros pépin ? » Une équipe du Samu,venue la soigner lors de son malaise, la reconnaît mais ne la dénonce pas.

À Clermont-Ferrand, la mobilisation est inespérée. Même le candidat PS aux élections régionales s’en mêle… En face, Patrick Stefanini, un préfet rigide à qui l’on doit la maxime nauséabonde du « sans-papiers ayant vocation à retourner dans son pays d’origine ». En 1996, directeur adjoint du cabinet de Juppé, il brilla dans le lancer de hache contre la porte de l’église Saint-Bernard. Affublé du sobriquet « Serial Loser » à cause de ses échecs répétés devant le suffrage universel, cet ambitieux fonctionnaire a connu ses premiers francs succès avec la création du ministère de l’Identité nationale, dont il est l’un des concepteurs, le secrétaire général et l’éminence grise.

Abandonnées par leurs parents, les deux soeurs ont d’abord été élevées par leur grandmère, au Maroc. À sa mort, en vertu de la Kafala –prise en charge des enfants abandonnés dans le droit marocain–, elles sont recueillies par une de leurs tantes qui réside en France. Pendant cinq ans, elles ont vécu la même vie que les enfants d’ici, peut-être en plus pauvre. Leur tante Atika ne perçoit pas d’allocations familiales pour ses deux nièces, la CAF ayant refusé de les octroyer faute d’un certificat de l’Office des migrations internationales. À leur majorité, les jumelles demandent le renouvellement de leurs papiers,mais elles essuient un refus des services préfectoraux, où la politique du chiffre est devenue obsessionnelle. « Ils n’ont pas hésité à répondre que les sœurs étaient inconnues des services, explique Raphaël Maniez. Une expulsion, c’est un échelon de plus pour atteindre les quotas. » L’Auvergne en serait déjà à 700 renvois… Patrick Stefanini,condamné à dix mois de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, considère que les jumelles doivent retourner au Maroc pour régulariser leur situation. Leur casier étant vierge, elles pourront ensuite, qui sait, briguer un emploi réel à la préfecture de Clermont [3]…

Salma possède un drôle de papier, un « document de circulation pour mineur étranger », qu’elle n’a jamais eu à présenter. C’est une fille rangée, qui ne sortait pas et poursuivait un CAP restauration à l’institut des métiers, où l’on s’est solidarisé avec elle. De santé fragile, elle souffre de problèmes psychologiques. « On n’est pas un danger pour la France », glisse-t-elle timidement. Un danger, non. Juste un épouvantail pour diviser les pauvres. Comme l’affirme le démographe Hervé Le Bras, « dans ce mouvement irrationnel, la peur de l’autre rejoint l’antique mépris du pauvre ». Reste aux étrangers à se promener dès potron-minet en short beige, lunettes de soleil et Caméscope. C’est très Goldmann Sachs, paraît-il.

Article publié dans CQFD n°76, mars 2010.

 
GÉOGRAPHIE FAF Un débat tout en finesse a opposé deux candidats d’extrême droite aux élections régionales en Paca – à savoir le Le Pen (FN) et le Bompard (ex-FN, maintenant Ligue du Sud, d’inspiration Ligue du Nord à l’italienne). « Pour la Ligue du Nord,les nègres commencent au sud de Milan, grinça Le Pen. Pour eux, [Bompard] est un bougnoule. Mais M.Bompard ne le sait pas. » Le vieux Jean-Marie se gourre : pour la Ligue du Nord, les métèques habitent le Mezzogiorno, au sud de Rome. Bompard, maire d’Orange, n’est donc ni « bougnoule » ni « nègre » ! Pas plus d’ailleurs que géographe : sa petite Ligue à lui n’est pas franchement plus au sud que celle de Bossi. Pfff ! C’est compliqué. Un berger allemand n’y retrouverait pas ses petits. POUSSE-AU-CRIME Quand il s’est fait alpaguer par les flics, ce père de famille de la région de Troyes avait sur lui vingt-et-un faux billets de 20 euros. Lors de la comparution immédiate, le 5 mars, le vice-procureur Ludovic Leclerc, déplorant tous ces talbins frelatés en circulation, a dressé un tableau apocalyptique de la situation : « Les commerçants n’acceptent plus les grosses coupures et deviennent de plus en plus réticents à accepter les petites ! » Triste constat sonnant le glas de l’échange monétaire ou incitation au vol à peine voilée de la part d’un magistrat marron ? En effet, affirmer ainsi à la légère qu’on ne peut même plus dépenser (...)
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